Cluster chimie verte: L’expérience de l’union

Reconnue pour ses pôles de compétitivité et son tissu économique dense, la région Midi-Pyrénées vient de se doter d’une nouvelle pépinière d’entreprises : le Cluster chimie verte. L’Union des Industries Chimiques (UIC), à l’origine du projet, a annoncé son lancement officiel lundi dernier.

 

Concevoir des produits, innover tout en réduisant l’utilisation des substances dangereuses, telle est l’ambition de la chimie verte. En Midi-Pyrénées, les laboratoires Pierre Fabre et les entreprises Vegeplast, BASF et Seppic en sont les plus beaux fleurons. Pour développer le secteur le plus efficacement possible, l’Union des Industries Chimiques a opté pour la constitution d’un cluster dédié à la chimie verte. Ainsi, « les sociétés spécialisées dans le domaine pourront s’attaquer, ensemble, au marché qui représentera 200 milliards d’euros d’ici 2020. Nous souhaitons prendre la part la plus importante possible, d’où la création de ce groupement d’entreprises », explique Cédric Cabanes, président de l’UIC. Une quarantaine établissements a

d’ores et déjà intégré la pépinière pour « chasser en meute et mutualiser les forces », comme le souligne Martin Malvy, président de Midi-Pyrénées, rappelant qu’il s’agit ici de la constitution du 13e cluster régional. Le soutien de l’Etat et de la Région y est bien sûr fortement attendu, sous forme de prise en charge des équipements structurels et structurants qui permettront le développement de la chimie verte qui emploie déjà 5 000 personnes sur le territoire de Midi-Pyrénées, soit une centaine de PME et TPE. Le préfet Henri-Michel Comet confirme d’ailleurs que « le secteur est un des axes prioritaires du gouvernement dans son soutien à l’activité industrielle. »

 

La chimie, un atout pour la région

 

Pour les entreprises adhérentes, l’un des enjeux est d’abord de rendre les matières biosourcées plus compétitives, car « leur coût est à ce jour deux fois plus élevé que ceux du plastique », explique Vincent Pluquet, président de Vegeplast. « En rapprochant la recherche des entreprises qui exploitent les innovations, il nous sera possible de proposer, d’ici dix ans, des prix équivalents aux polymères pétrochimiques, ce qui augure de perspectives d’activité et d’emplois intéressantes », poursuit-il. Car le pari fait par l’Union des Industries Chimiques se trouve bien là : le développement des ventes, la création de valeurs et d’emploi. « Nous souhaitons devenir un atout concurrentiel pour Midi-Pyrénées », clame Cédric Cabanes, « et nous en avons les moyens » aux vues de l’étude menée en 2011 sous l’impulsion de Didier Gardinal, président de la CCI régionale et de Jean-Louis Chauzy, président du Ceser. Ce dernier se félicite d’ailleurs « d’avoir proposé un plan régional pour la nouvelle chimie et obtenu du préfet de Région et du président de Région le cofinancement d’une étude diagnostic en faveur de la chimie verte, des agro-ressources. » Les entreprises adhérentes ont maintenant demandé le lancement de quatre initiatives majeures, à savoir le recensement des matières premières naturelles régionales à l’achat mutualisé, l’élaboration d’une cartographie des acteurs du secteur, l’accompagnement à la communication des sociétés qui ont opté pour la chimie verte et pour finir, la mise en place d’actions collectives de gestion des déchets mutualisés. Les éléments réunis, la formule doit désormais faire ses preuves.

 

Séverine Sarrat



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