CCI Midi-Pyrénées: Coup de gueule contre Bercy

« Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées rit jaune

 

Les présidents des Chambres de Commerce et d’Industrie ne décolèrent pas. Bercy vient d’annoncer une nouvelle coupe dans leurs ressources fiscales, quelques mois après avoir co-signé un pacte de confiance avec les établissements publics. En Midi-Pyrénées, l’heure est aux interrogations.

« C’est à n’y rien comprendre ! » s’exclame Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées. Ce dernier réagit à l’annonce faite par le ministère du Budget de la diminution de 20% des ressources fiscales des Chambre de Commerce et d’Industrie qui aura lieu en 2014. Il s’explique : « Bernard Cazeneuve (ministre du budget, ndlr) nous a informés que Bercy abaisserait de 10% nos ressources fiscales et que, dans un même temps, il reprendrait 10% sur la taxe perçue par la CCI auprès des entreprises. Au final, c’est donc une baisse de 20% qui nous attend. » En Midi-Pyrénées, la Chambre, qui dispose d’un budget global établi à 178 millions d’euros, se verrait donc amputée de 20%, soit 10.9 millions d’euros. Outre la perte de ressources, le président de la CCI Midi-Pyrénées s’interroge sur la démarche du gouvernement. Le 28 mai dernier, Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, signait avec André Marcon, président de CCI France, un pacte de confiance réciproque qui clarifiait les missions des Chambres. « De plus, nous avons acté un Contrat d’objectifs et de performances dans lequel nous acceptions l’intégration de critères de résultats et ceci pourquoi ? Bercy nous demande de réaliser des missions en commençant par affaiblir nos moyens », s’indigne Didier Gardinal.

 

 

« Un coup de poignard dans le dos ! »

 

Pour le président de la CCI Midi-Pyrénées, cette « perquisition » n’est pas logique car « les sommes collectées auprès des entreprises sont censées être utilisées pour ces dernières et non pas pour combler les déficits de l’Etat », explique-t-il, non sans rappeler que les Chambres ont déjà produit un effort en 2010 lorsque le gouvernement leur avait demandé de réaliser des économies : « nous avons mutualisé nos moyens et nos services et consenti à une ponction de l’Etat de 8%. » Convaincu que les CCI ont déjà accepté de nombreux sacrifices, Didier Gardinal entrevoit de sombres perspectives si la loi de Finances est votée en l’état, d’ici la fin de l’année : « suite à notre réforme interne, il y a quatre ans, nous avons bloqué la valeur des points des salariés de la CCI Midi-Pyrénées. De même, je leur avais promis qu’il n’y aurait aucun licenciement et que les départs en retraite seraient remplacés, mais si le gouvernement continue à tailler dans notre budget, je ne pourrai plus rien garantir ! » Sur fonds de décentralisation, le gouvernement tenterait-il de faire des CCI, des services de la Région ? C’est une des hypothèses avancées par Didier Gardinal, défenseur de l’indépendance de son établissement. Et si le gouvernement persiste sur cette voie, « une démission ne serait pas à exclure ! »

 

Séverine Sarrat



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