Business Angels : pour l’amour du risque et de l’entreprise

Capitole Angels, le réseau toulousain des Business Angels, fête ses cinq ans. L’occasion de mieux connaître et comprendre ces investisseurs d’un nouveau genre qui aiment le risque et l’esprit d’entreprise et qui veulent être reconnus comme un maillon essentiel de la chaîne de financement de l’économie.

 

Du 26 au 30 novembre 2012 dans toute la France et pour la 7e édition, c’est la semaine  des Business Angels, ces anges des affaires qui apportent de l’argent et du temps aux pépites de l’économie de demain. A Toulouse, la fête battait son plein le 27 novembre lors d’un événement baptisé «Partageons nos rêves d’entrepreneurs» où l’on a parlé de la chaîne du financement des entreprises, de l’articulation entre business angels, fonds d’amorçage, aides publiques, capitaux-risqueurs et banques, d’effet de levier, de défiscalisation, de prise de risque et d’envie de transmettre et d’entreprendre. Capitole Angels, le réseau local des BA toulousains et organisateur de l’événement, fêtait ses 5 ans ce jour-là, chiffres à la clef : 75 adhérents, 25 projets étudiés et cinq accompagnés par an, quinze entreprises financées et 3 M€ investis en cinq ans. Entretien avec un de ces anges toulousains.

 

 

Entretien avec Jean-Marc Piquepé, membre de Capitole Angels

 

Qu’est-ce qu’un Business Angel ?

Un business angel est un investisseur en capital qui va apporter de l’argent à une entreprise mais aussi et surtout son temps, ses conseils, son réseau. C’est quelqu’un qui est passionné par l’entreprise et par l’aventure entrepreneuriale. Je prendrai une image : celle de l’appel du large ! Le business angel est sur le quai, voit arriver un bateau qui lui semble solide et armé pour affronter la houle, il a confiance dans le capitaine et décide d’embarquer avec lui. Ce n’est pas lui qui sera à la barre mais il sera co-équipier et apportera son expérience au capitaine du bateau qui a la trempe nécessaire mais pas forcément cette fameuse expérience.

 

Pourquoi et comment en êtes-vous devenu un ?

A 45 ans, ayant vingt ans d’expérience dans le développement d’entreprise, j’ai eu envie de vivre cette aventure de la création et de retransmettre une partie du savoir et de ce que j’ai acquis à ceux qui partent de zéro et se lancent en voulant révolutionner le monde ! J’ai donc intégré le réseau Capitole Angels en septembre 2011 avec également la volonté de contribuer à une dynamique territoriale en agissant dans ma région d’origine.

 

Vous avez justement senti «l’appel du large» et investi dans une entreprise de e-commerce basée à Biarritz. Quel est votre rôle et quels sont vos premiers retours sur cette première implication en tant que Business Angel ?

J’ai investi 15000 € dans la société Label-Park dans le cadre d’une première levée de fonds de 300 k€ de cette entreprise de e-commerce spécialisée dans le déstockage de marques de surf. Bien au-delà de ma mise de fonds, je lui consacre environ un jour par mois environ. C’est essentiel si on veut remplir correctement sa mission et permettre cet effet démultiplicateur qui n’est pas que financier. Il s’agit de jouer le rôle d’accompagnateur, de coach, de remonte-moral aussi parfois mais également de challenger les managers et de faire le point sur les chiffres et bien sûr d’aller sur place plusieurs fois par an. Mais au quotidien, j’ai toujours un temps de cerveau disponible pour cette entreprise, je me sens Label-Park ! C’est sans doute une façon de se donner un certain don d’ubiquité ! C’est vivifiant et j’apprécie l’esprit start-up qui y règne et de découvrir un nouveau secteur : une véritable bouffée d’oxygène ! Mon dividende est donc humain, dans l’ouverture d’esprit et l’enrichissement intellectuel ! Et également dans les échanges avec les autres business angels au sein du réseau.

 

Quelle est votre vision du financement des entreprises en France et quels conseils donneriez-vous à un porteur de projet ?

Historiquement et culturellement, les entreprises françaises sont sous-capitalisées et essentiellement financées par l’emprunt. Or comment faire quand on lance l’entreprise ? Une fois qu’on a épuisé le «love money», les Business Angels sont souvent le dernier recours, or il faut que les entreprises pensent à venir nous voir ! Les business angels sont un maillon essentiel de la chaîne de financement et répondent à un vrai besoin. La force et l’avantage des business angels résident également dans l’absence d’impératifs de sortie : notre timing de sortie est celui qui sera le plus opportun pour l’entreprise en fonction de son développement et tant qu’on restera en communion avec les fondateurs. C’est d’ailleurs essentiel : plutôt que de projet idéal, je parlerai de porteur idéal ! Un des éléments qui m’a plu dans Label Park est que cette entreprise est portée par un tandem, le créateur est donc moins seul. Le porteur idéal est celui qui donne envie, qui a l’énergie, qui a réfléchi à son projet et qui maîtrise son sujet. Mais il doit aussi être conscient et transparent sur ses lacunes et savoir se laisser aider. Le business angel a envie de travailler avec le porteur de projet dans l’intérêt de l’entreprise et pas de lui voler son bébé. Dans tous les cas, il faut qu’il y ait de l’émotion, un coup de cœur et l’envie de participer à l’aventure. Pour mettre l’entreprise sur de bons rails et sur la rampe de lancement !

 

www.capitole-angels.com

 

Alexandra Foissac

 

 

Repère

Jean Marc Piquepé a travaillé dans le conseil, la banque d’affaires et est aujourd’hui directeur général de deux entreprises spécialisées dans le packaging et la distribution pour le secteur viticole. Mais à 45 ans, il est aussi (et surtout) un business angel heureux et un investisseur enthousiaste dans une entreprise biarrote.

 

 

 



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