Bûche de Noël

Noël semble être le moment idéal pour s’intéresser aux cheminées. Gourmandes en bois, laissant échapper la plus grande partie des calories, les cheminées se révèlent être un piètre moyen de chauffage mais quel plaisir pour les yeux et l’odeur du chêne qui brûle dans l’âtre, en a séduit plus d’un. Foyer fermé, insert, distributeur de chaleur, autant de systèmes qui peuvent vous aider à concilier, charme et performances énergétiques.

 
Cheminée à foyer ouvert

Si elle constitue depuis que l’homme a su domestiquer le feu, la base du chauffage de la plus humble des chaumières aux plus prestigieux châteaux, force est de reconnaître, que c’est le moyen le plus sûr de gaspiller des calories et d’avoir froid l’hiver.  C’est entre 70 et 90 % de la chaleur produite qui s’envole par le conduit et se perd dans la nature. En outre, si elle n’est pas équipée d’une arrivée d’air frais dédiée, ce sont des dizaines de m3 d’air chaud qui prélevés à l’intérieur pour contribuer à la combustion sortent par le conduit et qui sont mécaniquement remplacés par de l’air froid entrant par les orifices de fenêtre ou de porte prévus à cet effet.

Foyers ouverts

S’intégrant dans l’existant sous forme de chenets soufflants, ou de double foyer de type Polyflam muni d’un échangeur à air ou à eau, à coupler ou pas avec un chauffage central, une VMC ou une pompe à chaleur, ils allient esthétique et début d’efficacité en permettant d’approcher un rendement de 50 %. Le double foyer qui exige d’être encastré propose une combustion dite inversée avec la partie visible habituelle et un autre foyer situé en dessous du premier autour duquel se réchauffe l’air pompé à l’extérieur. En mode foyer ouvert, deux plaques de fonte faisant office de sole foyère reçoivent les bûches de façon assez classique. En mode poêle, les plaques s’écartent et la partie inférieure devient un foyer fermé qui réchauffant l’air le redistribue au travers de gaines munies ou pas de ventilateurs. Autre système, remplaçant l’air par l’eau, le système à eau ou “bouilleur” fait circuler le liquide au cœur du foyer et avec l’aide d’un circulateur l’injecte dans un réseau de radiateurs.
Les inserts et foyers fermés, le must !

Pour toutes celles et ceux qui veulent faire de leur cheminée un outil de chauffage ou de complément de chauffage, alors dans l’existant on implantera un “insert” et en neuf, un foyer fermé autour duquel on met en place une multitude de décors, modernes ou rustiques avec une infinité de modèles issus du génie de chaque créateur. La cheminée devient un élément de design à part entière et un vrai générateur de calories. Une économie de bois de plus de 30 % pouvant parfois recevoir des “pellets”, granulés de bois de 6 à 9 millimètres de diamètre, généralement équipés d’une double combustion (injection d’air au dessus des flammes) et de systèmes d’extraction d’air couplés à un réseau de diffusion d’air chaud, ces équipements apportent un rende- ment voisin des 80 %, et ne rejettent que 0,17 à 0,30 % de CO. Qui dit mieux ?

La sécurité

Si généralement les conduits de cheminée sont réalisés avec des boisseaux béton ou de terre cuite, suffisants pour des cheminées classiques, dès qu’il s’agit d’inserts ou de foyers fermés, générant des températures très élevées, le tubage du conduit est une obligation pour éviter les risques d’incendie. Il con- vient de répondre aux normes NF DTU 24.1 et 24.2 et aux règles associées. Attention, le risque de feu est important et les incendies générés par des installations bricolées, nombreux. Par ailleurs, vous devez tous les ans faire ramoner votre conduit par un professionnel (environ 50 à 80 €) qui vous délivrera un certificat à produire auprès de votre assurance en cas de problème.  

Une solution vraiment économique ?

Le m3 de bois ou stère est vendu entre 50 et 70 € coupé en 50 cm. Produisant selon les essences de bois brûlées l’équivalent de 1 500 et 2200 kWh, cela nous ramène à 3 ou 4 centimes le kW. Si nous comparons avec les autres sources d’énergie par kW, nous varions de 8 centimes pour le gaz, à 12 pour le fuel en passant par 10,5 pour l’électricité en tenant compte des rendements. Certes cela paraît intéressant mais il faut avoir de la place pour stocker les 3 ou 4 m3 nécessaires par an et charger un foyer plusieurs fois par jour peut vite devenir une corvée alors que faire une flambée le week-end est un plaisir. Attention à la qualité du bois, pour votre cheminée classique, évitez le châtaignier qui donne lieu à des projections d’étincelles dangereuses pour les tapis, canapés ou tout simplement les enfants. Exigez donc, du chêne, du charme, de l’acacia, du hêtre et surtout du bois vieux de 2 ans ayant éliminé une partie de son humidité. Cela augmentera le rendement et facilitera la combustion. Attention lors de la livraison de votre bois : vous risquez d’être surpris, car le m3 payé rétrécira proportionnellement à la taille de la bûche livrée pour ne représenter que 0,8 m3 en 50 cm et c’est parfaitement légal…
Enfin une dernière astuce : pour nettoyer la vitre de votre insert ou foyer fermé, bannissez les produits chimiques en sacrifiant une éponge classique et en la trempant humide dans la cendre. Frottez alors la vitre plutôt tiède ou juste chaude et miracle, elle deviendra claire. Finissez le travail avec un simple journal… Faites comme moi l’expérience avec le JT, le résul- tat est exceptionnel…

Avis d’écologiste

Si se chauffer totalement ou pour partie avec du bois paraît séduisant au premier abord, il convient avant de lancer un investissement parfois important de bien mesurer le pour et le contre. Le stockage et la manutention du bois sont des éléments qui deviennent vite fastidieux et qui en tous les cas nécessitent d’avoir de l’espace. Une chaudière alimentée en “pellets” automatiquement est une solution onéreuse mais pérenne (4 à 8 Cts le kW). Dans nos choix évidemment le critère prix est un paramètre de plus en plus important. Les dernières tempêtes ont jeté à terre des millions de m3 de bois vendu par les collectivités aux industriels 1 € le m3. Ce même bois est retrouvé sur le marché à 50 € ; ce qui montre une fois de plus que la liberté des prix n’a de sens qu’associée à une certaine éthique… Mot qu’il nous faudra bientôt rayer du dictionnaire.



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