Bruno Flaujac: Cheveux courts et idées longues

Aujourd’hui, propriétaire de 30 salons de coiffure, Bruno Flaujac est l’exemple même du « self made man », en constante ébullition. Le groupe éponyme qu’il a créé et qu’il veut « citoyen », se trouve en pleine expansion. Pourtant l’homme a su rester simple et s’avoue encore surpris de sa propre réussite, acquise à la force du ciseau et au maniement du sèche-cheveux, auxquels s’ajoute une pointe de perspicacité entrepreneuriale.

 

« Le coiffeur est un artiste aux œuvres éphémères ! » C’est ainsi que Bruno Flaujac définit son métier. Mais son œuvre à lui est pourtant pérenne puisque que le Groupe qui porte son nom ne cesse de se développer. Pourtant, « tout ne s’est pas fait en un jour et n’a pas été si simple ! » D’abord parce que, lorsqu’adolescent il décide de s’orienter vers un CAP coiffure, beaucoup, y compris sa famille se sont montrés réticents : « mon grand-père m’a même dit de ne pas choisir ce métier, destiné aux gays. Voyant ma détermination, seul mon père m’a encouragé », confie Bruno Flaujac, dont la vocation « est apparue comme une évidence. » Son CAP, puis son Brevet Professionnel et, plus tard, de Maîtrise en poche, le jeune coiffeur décroche rapidement son premier emploi dans le salon d’une galerie marchande pour évoluer ensuite chez Jean-Claude Aubry ou Stephan. Mais comme de nombreux artisans, il décide de créer sa propre boutique et ouvre son premier salon en 1989, à Portet-sur-Garonne. Tout va alors très vite : le succès est au rendez-vous. Ambitieux, Bruno Flaujac lance plusieurs salons et le Groupe éponyme voit le jour. « Je voulais valoriser mon métier et mon savoir-faire à un prix accessible à tous », explique-t-il. C’est en effet le leitmotiv des salons Bruno Flaujac et de leur créateur : offrir à tous un bon rapport qualité/prix. Besogneux, il s’investit alors corps et âmes dans son projet… un peu trop peut-être : « je voulais créer un groupe qui explose et cela a fonctionné… mais ma vie a également explosé », confesse Bruno Flaujac. Mais l’homme n’est pas du genre à se lamenter et ne regrette pas ses choix : « Ce qui est fait est fait, seul compte le futur. Il ne sert à rien de vivre avec des regrets ! »

 

Coiffeur dans l’âme

 

Il y a trois ans, il trouve tout de même le temps de s’asseoir, de s’arrêter, pour « se poser les fameuses questions existentielles de la quarantaine ! » Et sa conclusion est catégorique : « j’ai envie d’aller plus loin ! » Les 30 salons qu’il possède aujourd’hui, ne lui suffisent plus : « j’espère en ouvrir une centaine d’ici cinq ans. » Mais il ne faut pas s’y méprendre, « je ne suis pas un affairiste, d’ailleurs je n’aime pas que l’on puisse penser cela de moi. Je veux simplement agrandir la marque pour que de nombreux sites valorisent mes valeurs. Je souhaite que les clients soient heureux mais que les 120 collaborateurs avec lesquels je travaille le soient également », précise-t-il. Ainsi, « tel l’Univers », son groupe est en perpétuelle expansion et dégage à ce jour 6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pourtant, Bruno Flaujac garde la tête sur les épaules et reste un éternel insatisfait : « un chef d’entreprise n’a jamais l’impression d’être arrivé, il est en constante recherche d’idées pour faire évoluer sa société. » Devenu l’une des enseignes les plus réputées du Sud de la France, le Groupe Bruno Flaujac nécessite toute l’attention de son créateur qui aujourd’hui, n’a même plus le temps de s’adonner à sa passion, la coiffure. « Cela ne me manque pas car je suis en contact permanent avec mes collaborateurs auprès desquels je discute « nouvelles tendances » et même si je ne pratique plus, je suis coiffeur dans l’âme », affirme-t-il. L’homme est donc devenu, au fil du temps, un entrepreneur avisé mais toujours amoureux de sa profession initiale, pour laquelle il s’engage sans retenue.

 

Séverine Sarrat



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