bpifrance: Un guichet unique pour les entreprises

Du financement de l’innovation au développement à l’international, des besoins en trésorerie aux prises de participation, bpifrance accompagne les entreprises dans chaque région et à chaque étape clé de leur croissance. Laurent de Calbiac, directeur régional d’Oséo et prochainement de bpifrance, revient sur l’utilité et les objectifs de la future banque publique d’investissement en Midi-Pyrénées.

Laurent de Calbiac, à quelques semaines du lancement de bpifrance en Midi-Pyrénées, pouvez-vous revenir sur les objectifs de cette future institution ?

Les pouvoirs publics ont souhaité créer cette banque publique d’investissement pour soutenir le financement de l’économie française, s’introduire dans les failles de marché des investisseurs privés et tenter de combler les trous dans la raquette dans les secteurs qui restent peu financés par les différents opérateurs qu’ils soient « capital risqueurs », investisseurs ou banquiers. Notre principal objectif reste de faire émerger les champions de demain et préparer la France de 2030. Nous souhaitons ainsi favoriser le développement des entreprises locales d’où notre forte coopération avec le Conseil régional de Midi-Pyrénées. Par la mise en place de la bpifrance, nous facilitons les démarches pour les chefs d’entreprises en réunissant sous un même toit les structures préexistantes qui ont conduit à sa création mais nous consolidons également les moyens financiers (40 milliards d’euros).

 

Qui pourra solliciter la bpifrance ?

Toutes les entreprises, qu’elle que soit leur taille ou leur cycle de vie. Mais le cœur de cible reste quand même les PME qui ont des difficultés à trouver des financements pour assurer leur développement. Nous disposons de nombreux outils de financements de l’immatériel à l’instar des banques privées qui préfèrent prêter des fonds pour l’investissement et le corporel.

 

Comment les entreprises peuvent-elles faire appel à vous ?

En ce qui concerne les fonds propres, les entreprises peuvent contacter directement bpifrance investissement. Il en est de même du côté des financements. Mon équipe est constituée de treize chargés d’affaires qui se rendent dans les entreprises mais il est également possible de passer par nos partenaires, principalement les banques, mais aussi les experts-comptables, et le Conseil régional qui distribuent nos produits par un système de conventions pour les entreprises de moins de dix personnes. La bpifrance dispose d’une seule implantation en Région, à Balma, mais nos chargés d’affaires se déplacent dans les entreprises et en fonction du besoin, orientent vers le bon partenaire.

 

Financement, investissement, export

 

La bpifrance sera divisée en deux pôles, le financement et l’investissement…

La loi a créé, le 31 décembre 2012, la holding bpifrance et d’ici cet été, deux filiales seront mises en place : une qui concernera le financement (garantie des prêts bancaires, aide à l’innovation et financement pur) quand la seconde sera dédiée à l’investissement (interventions en fonds propres directs ou indirects). La direction régionale représente l’ensemble des métiers de bpifrance.

 

De quelle manière la bpifrance sera-t-elle financée ?

Nous disposons de fonds propres puisque nos actionnaires ne sont autres que l’Etat et la Caisse des Dépôts, à parité. Mais notre modèle économique diffère selon les métiers de la bpifrance. En ce qui concerne l’aide à l’innovation, nous percevons des dotations annuelles de l’Etat que nous redistribuons aux entreprises. Il en est de même, pour la garantie de prêts bancaires. Quant au financement, nous prêtons sur nos fonds propres, telle une banque traditionnelle, mais, étant donné que nous ne disposons pas de dépôt d’épargnants, nous nous refinançons sur les marchés financiers, ou auprès des ressources en livret de développement durable ou livret A qui sont centralisés à la Caisse des Dépôts. Nous effectuons 14 milliards d’encours de crédits aux entreprises sur toute la France ; ils sont tous refinancés.

 

Dans ce dispositif de bpifrance, que devient Oséo ?

Oséo ne disparaît pas mais nous changeons d’appellation et comme l’affirmait le président de la République, « la bpifrance, c’est Oséo en plus grand !» En termes d’effectifs, on parle de 1 700 personnes d’Oséo et 300 côté fonds propres qui se réunissent pour former une équipe de 2 000 personnes. Il est même possible que des embauches soient prévues. Ainsi, Bpifrance sera composée de six métiers, à savoir la garantie des concours bancaires, le financement, l’aide à l’innovation, les investissements directs (obligations convertibles, capital), les investissements indirects et le fonds propre aux grandes entreprises.

 

Centralisation des outils

 

Afin de préciser les modalités d’exercice des missions de la bpifrance, un comité régional d’orientation sera mis en place, quel sera son rôle ?

Ce comité fait partie des organes de gouvernance du dispositif bpifrance. Régionalement, les présidents des Conseils régionaux présideront les comités et une vingtaine de membres, des représentants des corps économiques, du CESER, des organisations représentatives des salariés et des employeurs… siègeront. Dans les semaines qui viennent, se tiendra le premier Comité régional d’orientation de Midi-Pyrénées. Il veillera à la cohérence des actions de la Région et de bpifrance. Cela pourrait en réalité s’apparenter à un Conseil de surveillance, sans en avoir la teneur juridique.

 

Pour aborder le thème de l’exportation, quelle place tiendra-t-elle au sein de bpifrance ?

A l’époque, dans le projet de loi, plusieurs branches avaient été évoquées et le volet international est resté très important. Il prend tout son sens avec bpifrance puisqu’UbiFrance, l’agence pour le développement international des entreprises, rejoint notre dispositif et s’installe dans nos locaux pour faciliter nos échanges.

 

Il s’agit donc de centraliser toutes les organisations dont pourrait avoir besoin un chef d’entreprise ?

Tout à fait ! L’idée étant de simplifier les démarches pour l’entrepreneur. D’offrir tous les outils export, financement et investissement au même endroit.

Propos recueillis par Séverine Sarrat

 

Repère : Pour 2013, les objectifs atteignent les 4 000 entreprises accompagnées sur la Région, quand on en comptait 3 500 l’année dernière.



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