Bilan & perspectives ; Le PMU fait la course en tête

Les courses du PMU

La crise n’a pas touché tout le monde à en croire les résultats affichés par le PMU. Trottant sur le nouveau marché du pari sportif, l’entreprise est parvenue à intégrer le poker et le pari en ligne dans sa gamme de produits tout en poursuivant le développement de son pôle hippique. Investissement positif puisque le PMU peut s’enorgueillir d’un résultat net de 876 millions d’euros pour la seule année 2011, un record pour l’enseigne.

«L’année qui vient de s’écouler a été exceptionnelle», avoue Laurent Vieules, Directeur du PMU pour la région Sud-Ouest. C’est en résumé, le bilan que tirent les responsables du PMU en se retournant sur 2011. Effectivement, quelque 10 milliards d’euros ont été joués l’année dernière, soit une augmentation de 7.3%, tous paris confondus. Précision utile puisque les enjeux sportifs et les mises au poker viennent s’ajouter aux traditionnels enjeux hippiques. De même, les possibles paris sur internet ont multiplié les possibilités de jeu et, de ce fait, augmenté le nombre de clients car, si les dirigeants pouvaient craindre un report des parieurs jouant dans des points de vente sur les paris émis sur le web, il n’en a rien été, au contraire, puisque les enjeux dans les réseaux physiques ont progressé de 3.3%. Malgré l’ouverture des paris en ligne en mai 2010, le hippisme est resté le produit phare des amateurs de paris ceci grâce au taux des gains reversés aux gagnants qui reste intéressant. «Pour une mise de 100€, environ 75€ reviennent dans la poche du turfiste», explique Laurent Vieules, «le ratio attractif participe à l’attrait des parieurs».

Avec 6 millions de clients par an, le PMU a décidé de dynamiser son pôle hippique en proposant plusieurs nouvelles formules comme les «Super tirelires» chaque 13 du mois ou le lancement du Quinté+ collectif par exemple. «Le paquet a été mis sur l’activité hippique», confirme le directeur régional, même si le PMU est bien forcé de suivre les tendances actuelles et de s’ouvrir au nouveau marché du pari en s’engouffrant dans les sports tels que le football, le rugby ou encore le tennis.

A la pointe des nouvelles technologies

Même si le pari traditionnel hippique dans un café PMU reste très prisé par les joueurs, l’entreprise a bien compris qu’il ne fallait rater le coche des nouvelles technologies et des paris sportifs en général. Ainsi, l’activité internet et mobile a augmenté de 20% en un an. Et, non content de truster de nouveau clients par les paris sportifs et le poker en ligne, le PMU est parvenu à interconnecter deux types de parieurs. En effet, un tiers des «joueurs sport et poker» a aussi parié sur les courses hippiques via internet. Le PMU a toujours su s’adapter à l’arrivée de nouvelles technologies explique Laurent Vieules : «Dans les années 1980, nos clients pouvaient parier via le Minitel, puis nous nous sommes repliés vers la télé par satellite, pour enfin arriver sur Internet. Actuellement, nous développons les paris sur tablettes tactiles et Smartphones.»

Cette opportunité saisie, le PMU s’est engouffré dans le monde impitoyable des paris sportifs, tractant 100 millions d’euros d’enjeux derrière eux. Pour l’entreprise, l’explication en est simple : tout repose sur les partenariats sportifs qui rendent le PMU incontournable, avec notamment une communication grandissante. Qui n’a pas vu sur son écran de télévision les jockeys effectuant le hakka néo-zélandais ou relookant un homme dans sa voiture, qui n’a pas agité frénétiquement une main verte géante au passage du Tour de France, ou remarqué les logos du PMU dans les en-buts des terrains de Top 14… Le PMU est présent partout permettant aux parieurs en tous genres de miser sur un match de football, de rugby ou de tennis, comme sur une rencontre de basket-ball ou de volley-ball. Et à ce jeu-là, le football rencontre un vif succès auprès des clients car «les paris restent ouverts pendant les matchs pour miser sur le prochain but, le score à la mi-temps, le nom des buteurs, etc.» De même, la part de marché du poker en ligne progresse de 2% en un an, permettant au PMU de trôner en cinquième place derrière les grands sites comme Winamax et Pokerstars. Aujourd’hui, avec 10 millions d’euros misés par jour sur internet, le PMU dit ne pas faire du poker sa priorité, tout en restant présent dans le marché pour ne surtout pas se faire distancer.

Elisabeth Girod-Roux, directrice de l’agence de Toulouse et Laurent Vieules, directeur de la région Sud-Ouest font le bilan

Le PMU, le dada des Toulousains

Distancés ! Les Toulousains sont loin de l’être puisque l’agence de Toulouse, dont dépend les départements du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne, de la Haute-Garonne, de l’Ariège, du Tarn, de l’Aveyron et du Lot, figure dans le Top 5 national, réalisant 237 millions d’euros d’enjeux en 2011, soit 24% du chiffre d’affaires régional. Plus largement, la Haute-Garonne est traditionnellement une grande joueuse (111 millions d’euros d’enjeux en 2011), en raison notamment de l’Hippodrome de la Cépière. Et les gains reversés suivent, bien entendu, au fil de l’augmentation de la fréquentation des clients. Au total, 173 millions d’euros ont été gagnés en 2011 sur Toulouse, dont 143 082€ et 292 076€ versés à deux chanceux du Quinté+.

Le Toulousain est donc joueur ! Et ceux que l’on retrouve sur les gradins de l’Hippodrome de la Cépière ont un profil bien particulier : ils jouent essentiellement au «Simple» et misent en moyenne 10.70€. Habitué au Tiercé qui avait lieu le matin, le parieur toulousain est resté fidèle à ses traditions et continue à jouer essentiellement entre 10h et 11h30. Il se rend souvent dans les points de vente PMU, au nombre de 416 dans la région. Si ces points se trouvent à 69% en zone rurale, quelques-uns résistent en ville et de nouveaux ont même été installés comme dans toutes les stations-services Total de la rocade toulousaine. Mais il est vrai que les points de vente «physiques» se sont clairsemés en centre-ville. Pour remédier à ce phénomène, le PMU lance un nouveau concept, le PMU City, boutique entièrement dédié au pari. «Nous cherchons un local de 100m² pour y installer 5 bornes et un écran d’images. Nous attendons un accord de la mairie.», confie Elisabeth Girod-Roux, directrice de l’agence de Toulouse. De là à penser que le PMU cherche à s’installer en lieu et place de la librairie Castela, place du Capitole…

Séverine Sarrat

 



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