Bilan de la saison estivale: Le Synhorcat reste inquiet

La saison estivale terminée, il est temps de tirer un premier bilan de la fréquentation locale des hôtels, restaurants, bars et autres établissements, témoins de l’activité touristique d’une ville, en l’occurrence Toulouse. William Bardin, président du Synhorcat, le syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs reste perplexe face à un été morose. Rencontre.

 

William Bardin, pouvez-vous réaliser un premier bilan de la saison qui vient de se terminer, en ce qui concerne les hôtels, restaurants et cafés-bars ?

Sur l’ensemble de la région Midi-Pyrénées, les professionnels du secteur ont relativement bien travaillé, même un peu plus que l’année précédente, car de plus en plus de nos concitoyens passent leurs vacances à la campagne. Au regard du portefeuille actuel des Français, nous sommes satisfaits de la saison au niveau de la région.

En ce qui concerne Toulouse, les grands bars et restaurants situés en centre-ville, entre la place Wilson et la place du Capitole ont bien travaillé, mais malheureusement ce n’est pas le cas pour tous les autres. Ceux situés dans les petites rues ont enregistré une baisse de leur fréquentation de 15% en moyenne. Pourtant, il n’y a jamais eu autant de touristes que cette année. L’hôtellerie elle, perd 10% de sa fréquentation ; un chiffre qui suit la tendance nationale.

 

Les professionnels du secteur peuvent-ils compter sur le mois de septembre pour redresser les comptes ?

Tout dépendra du temps ! Mais notre plus gros problème aujourd’hui reste que les clients potentiels doivent compter plus qu’avant. Comme ils ont cette peur panique de ne pas savoir où l’on va, ils freinent en préférant se constituer des «bas de laine» pour pouvoir faire face à des périodes plus difficiles.

Cette année, les Français ont préféré partir dans leur famille, chez des amis… Ils ont désiré prendre des vacances mais en limitant les coûts. Ils ont également opté davantage pour les campings que pour les hôtels, et se sont acheté des sandwichs plutôt que de réserver dans les restaurants. Et ceux qui sont quand même restés sur le choix de l’hôtel ont réduit leurs exigences et privilégié des catégories d’établissements inférieurs. Ce qui explique que, dans la région, le haut-de-gamme n’ait pas très bien fonctionné.

 

Cette baisse de la fréquentation est-elle à mettre sur le seul compte de la météo et de la crise ?

A 80%, la crise est responsable de cette chute des chiffres. J’aimerais être positif pour l’avenir mais… Je pense qu’il ne s’agit que du début.

 

Le tourisme d’affaires sauve Toulouse

 

Les touristes étrangers peuvent-ils pallier au manque à gagner ?

Pas encore ! Nous ne pouvons pas compenser une telle différence de consommation. Il faudrait autant de touristes étrangers que de Français, autant dire que ce n’est pas possible. Et tous les Européens étant quasiment logés à la même enseigne, les vacanciers de la zone euro ne sont pas forcément plus dépensiers.

 

Le tourisme d’affaires est-il, lui, en bonne forme à Toulouse ?

L’aéronautique, et donc Airbus, draine énormément de flux… Heureusement d’ailleurs que ce tourisme-là fonctionne bien. Le business-tourisme est, lui, en augmentation car, jusqu’à présent, Toulouse ne disposait pas de grands établissements capables d’héberger des clients fortunés venus du Moyen-Orient ou autres. Aujourd’hui, le Crown Plaza vient d’acquérir une 5e étoile et le Capoul a subi d’importants travaux pour obtenir sa 4e étoile… Et si en plus le projet Francazal aboutit !…

 

Le phénomène de réservation à la dernière minute, bien connu des voyagistes, existe-t-il aussi en hôtellerie ?

Oui ! Beaucoup de gens réservent en fonction des tarifs. A l’image du système anglais, s’il reste de nombreuses chambres disponibles dans un hôtel, les prix seront cassés, mais si très peu sont encore libres, les touristes peuvent payer plein tarif… et parfois plus.

 

 

«Le retour sur la TVA serait désastreux»

 

Si vous aviez un message pour les pouvoirs politiques afin de redresser la situation, quel serait-il ?

Je ne sais pas à quelle sauce les restaurateurs vont être mangés en ce qui concerne la TVA ! L’ancien gouvernement nous avait fait des promesses visant à améliorer les salaires de nos salariés. Nous avons augmenté le Smic qui est l’un des plus élevés des CHR maintenant, nous leur avons offert des mutuelles et donné des primes à l’année.

 

La totalité des établissements hôteliers et de la restauration n’ont pas tous tenu cet engagement…

Tous les établissements CHR l’ont fait, au niveau national ! Et aujourd’hui, si l’actuel gouvernement remet tout cela en cause, cela pourrait être désastreux pour les propriétaires qui ont contracté des crédits dans l’espoir d’agrandir ou de remettre aux normes leur établissement.

 

Au niveau local, quelle requête adressez-vous aux collectivités ?

Notre principal problème sur Toulouse est simple : les bus (50 places) ne peuvent pas accéder en centre-ville, et donc à proximité des hôtels et restaurants, soit à cause des rues trop étroites, soit à cause de la piétonisation. C’est un désavantage pour le tourisme local, notamment celui du troisième âge qui reste très important dans la ville rose. Une fois que ces touristes ont visité l’aérospatiale et la Cité de l’Espace, ils partent pour Carcassonne et nous perdons de la clientèle sur Toulouse. Il faudrait donc que des zones soient prévues pour que les bus puissent déposer les clients avant de repartir se garer plus loin.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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