Bernard Moreau L’UPA fait peau neuve

Bernard Moreau, nouveau président de L’Union Professionnelle Artisanale de Haute-Garonne

L’Union Professionnelle Artisanale de Haute-Garonne vient de se doter d’un nouveau président. Bernard Moreau, coiffeur de métier et représentant de la CNAMS1, a pris ses fonctions le 27 mars dernier après trois ans de mandature de Pascal Bellocq, représentant de la CGAD2. En place pour trois années, il cèdera sa place à un membre de la CAPEB3 comme le prévoit les statuts de l’organisation et de sa présidence tournante. Mais avant cela Bernard Moreau bouillonne de projet, qu’il explique…

 

Vous prenez la succession de Pascal Bellocq qui présidait l’UPA31 depuis trois ans. Quel bilan pouvez-vous tirer à ce jour ?

Je laisse le soin à mon prédécesseur de faire son bilan, même si je serais en mesure de le faire. Aujourd’hui, en ce qui concerne l’UPA31, notre bilan reste intéressant mais nous nous devons d’aller plus loin, notamment pour la valorisation des métiers de l’artisanat, en développant des partenariats car nous souffrons d’un manque de reconnaissance. En ce sens, nous nous rapprocherons de l’Education Nationale pour exposer la richesse de nos métiers car nous sommes la première entreprise de France et cela ne se retrouve pas toujours sur les conseils en formation. Il y a quelques années, lorsqu’un jeune faisait des études, il réussissait mais maintenant, ce n’est plus forcément le cas. Pourtant, dans l’artisanat, de très belles carrières sont encore possible à condition de faire un choix par envie et non par défaut. C’est au niveau de l’orientation qu’il faudrait travailler : je pense que les conseillers d’orientation devraient effectuer des stages en entreprise de façon à mieux conseiller les étudiants et ne pas parler de l’artisanat que dans les classes spécialisées où la réussite scolaire est en berne.

 

Voilà 15 jours que vous êtes en poste officiellement, avez-vous eu le temps de prendre connaissance des dossiers en cours ?

Je suis à l’UPA plusieurs fois par semaine et je suis sur tous les dossiers. Par exemple, nous travaillons actuellement sur la «Bourse pour l’Emploi» qui fait partie de nos actions économiques et mon rôle sera de la développer au mieux, de trouver comment la rendre plus opérationnelle grâce à un partenariat avec Pôle Emploi. Notre rôle est clairement de faire le lien entre les entreprises et le Pôle Emploi car nous connaissons les sociétés, nous pouvons prévoir les effectifs dont elles auront besoin et faire remonter l’information à Pôle Emploi qui pourra ainsi bien identifier les formations utiles.

En quinze jours, j’ai eu le temps de prendre mes marques mais cela fait bien plus longtemps que je suis dans la branche professionnelle. Depuis trois ans, j’étais vice-président de l’UPA31 et donc très présent déjà. Je suis également président de la Fédération Nationale de la Coiffure de Haute-Garonne et Midi-Pyrénées et cela fait déjà dix ans que je suis dans le syndicalisme, je peux alors dire que je suis les dossiers depuis un moment.

 

Quelles sont vos priorités pour l’UPA31 ?

La première des priorités reste l’emploi, ensuite vient le développement de la formation pour les jeunes. Sur ces points précis, je n’ai aucune hésitation. Pour y arriver, nous devons être à l’écoute de chaque branche professionnelle, nous devons les rassembler pour devenir l’interlocuteur qui se mettra en relation avec les institutions.

 

 Un manque de reconnaissance

 

Le fait que l’UPA31 passe d’une direction issue des métiers de l’alimentation en la personne de Pascal Bellocq, à vous qui êtes issu des métiers des services, va-t-il changer quelque chose pour l’organisation ?

Cela ne changera rien à la structure de l’UPA car nous avons déjà un secrétaire général, une plateforme administrative et des lignes politiques déjà tracées. De même, nous gardons une bonne communication avec l’UPA national et un lien avec le gouvernement pour faire remonter nos revendications. Par contre, en arrivant des métiers des services, nous apporterons sûrement notre savoir-faire en ce qui concerne la communication. Nous nous rapprocherons des médias pour expliquer nos travaux et, sur le terrain, du changement sera visible car nous mettrons en place de nombreux partenariats. La communication accrue nous permettra d’organiser plus d’événements et donc plus de retour sur investissement en ce qui concerne l’image.

 

Que pensez-vous apporter à l’organisation de par votre propre expérience personnelle ?

J’ai actuellement deux salons de coiffure à Toulouse et j’avais également monté un organisme de formation privé. J’ai aussi beaucoup travaillé dans la formation et dans le développement des ressources humaines  ce qui me permet de mieux comprendre aujourd’hui, comment nous pouvons parvenir à fédérer des groupes pour avancer ensemble, en harmonie et dans le dialogue.

 

Pour vous, l’emploi et la formation sont une priorité, qu’allez-vous changer en ce sens à l’UPA31 ?

Aujourd’hui, l’UPA gère la Chambre de Métiers. Nous allons donc, en premier lieu, nous rapprocher de cette entité de manière à unir nos efforts sur le développement et le conseil en formation pour les entreprises. Dans le même sens, nous opèrerons un rapprochement avec Pôle Emploi, l’Education Nationale, le Conseil Régional, qui œuvre beaucoup pour la formation, et la Chambre de Métiers qui reste l’institution dans laquelle les artisans viennent rechercher toutes sortes de renseignements.

 

Renforcer les partenariats

 

Dans cette même optique, avez-vous des projets concrets pour l’UPA31 ?

Nous souhaitons d’abord rencontrer toutes ces institutions actrices de l’emploi et de la formation. Je souhaite notamment voir le président de la Chambre de Métiers et son directeur afin de mettre en place un travail commun dans l’intérêt des artisans puisqu’aujourd’hui, je rappelle que l’UPA a remporté les élections «Chambre de Métiers» ; il est donc important que la branche UPA soit au plus près de cette institution. Ce lien a toujours existé, seulement je souhaite le renforcer.

 

Que peut-on vous souhaiter pour votre première année à la tête de l’UPA31 ?

Que je réussisse à apporter cette reconnaissance dont les artisans ont besoin et que l’UPA soit encore plus forte et plus présente sur le département.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat

 

1. Confédération Nationale Artisanale des Métiers des Services.

2. Confédération Générale de l’Alimentation en Détail.

3. Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment



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