Attractivité économique: Toulouse concentre toutes les attentions

C’est un fait, la région Midi-Pyrénées attire tant les actifs que les retraités, ce qui confère au territoire un développement économique certain. Toutefois, les nouveaux arrivants se concentrent essentiellement sur la zone d’emploi de Toulouse conférant ainsi à la région, un visage inégal.

 

Avec 32 000 nouveaux arrivants en Midi-Pyrénées, la région doit adapter son offre immobilière mais également les services publics, toute l’organisation du territoire, et surtout le marché de l’emploi. Afin d’apporter aux collectivités locales une vision globale, l’Insee et la Direccte ont mené de concert une étude afin d’identifier les causes d’une attractivité sans cesse plus importante, mais aussi d’observer les évolutions pré et post-crise qui en découlent. L’attractivité peut ainsi être résidentielle (taux d’arrivée de retraités, part de l’emploi lié au tourisme et taux d’arrivée d’actifs résidant sur la zone mais travaillant hors de celle-ci) ou productive (taux de création d’emplois et taux d’arrivée d’actifs qualifiés), et dans les deux cas, elle reste forte. Toutefois, ces dernières restent inégales selon les zones d’emploi au sein même de la région. L’attractivité productive se concentre essentiellement sur le  bassin toulousain, lequel est prisé par les actifs qualifiés. Sur la zone d’emploi de Toulouse, un salarié sur 10 travaille aujourd’hui dans l’aéronautique et le spatial, ce qui permet à la région d’attirer le plus d’actifs qualifiés en France, proportionnellement au nombre d’emplois et de résister aux difficultés dues à la crise financière. Au-delà de l’agglomération toulousaine, d’autres zones de Midi-Pyrénées affichent un dynamisme industriel non négligeable telles Figeac ou Rodez sur lesquelles, respectivement, les arrivées d’actifs qualifiés et les créations d’emploi sont importantes, ou Villefranche-de-Rouergue, devenue zone résidentielle grâce aux retraités et aux touristes.

 

Evolution des territoires

 

A titre de comparaison, dans les années 1990, les zones d’emploi de Tarbes-Lourdes et Castres-Mazamet présentaient encore une forte attractivité productive. Dans les années 2000, un phénomène de centralisation sur Toulouse a été observé et les zones jusque-là courtisées ne le sont plus au profit de la ville rose et ses alentours. Toutefois, les territoires de Tarbes et Lourdes sont parvenus à transformer leur attractivité productive en attractivité résidentielle grâce au tourisme. De même, le tourisme fait de Saint-Gaudens une zone attractive au niveau résidentiel, quand Saint-Girons le devient suite à une recrudescence de retraités. Pourtant, l’Insee n’y constate pas d’explosion démographique, contrairement à Montauban qui voit sa population augmenter en même temps qu’elle rajeunit, et Foix-Pamiers qui entame une reconversion industrielle. Le phénomène s’inverse sur les zones d’emploi de Cahors et Albi, cette dernière n’étant même plus classée comme étant « attractive ». La capacité de la région à attirer des ressources extérieures est donc forte mais inégale selon les territoires et reste fondée sur une mono-économie, celle de l’aéronautique.

Séverine Sarrat

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.