Plan de déplacement d’entreprises : on avance !

Mardi 26 novembre, Tisséo organisait un nouveau « mardi de la mobilité ». L’occasion pour les meilleurs élèves de partager les initiatives mises en place au profit des déplacements de leurs salariés et pour les autres de s’en inspirer.

Tisseo dévoile petit à petit sa boîte à outils en faveur de la mobilité : outre les services vélo, covoiturage et bus, elle organise depuis deux ans les Trophées de la mobilité récompensant les entreprises pour la mise en place d’actions en faveur de la mobilité de leurs salariés et depuis cinq ans les mardis de la mobilité, des réunions d’informations à destination des entreprises ou du grand public. Cette semaine, elle a réuni à nouveau différents acteurs pour échanger sur le thème de la mobilité. A l’ordre du jour ? Comment mettre en œuvre dans son entreprise des solutions de mobilité personnalisées pour les salariés : covoiturage, avantages vélos, conseils de déplacements etc. La rencontre animée par certains lauréats des Trophées Tisséo Ecomobilité 2013 a rencontré un vif succès auprès des présents.

 

« Un PDE, ça crée du lien. C’est un vrai bonheur ! »

 

Nathalie Habert, Chef de projet PDE et secrétaire générale du Circo (« lauréat bronze » aux Trophées de la mobilité) a présenté les idées adoptées dans l’entreprise : « Nous devions réduire l’espace parking et avons engagé en parallèle un PDE en nous centrant sur le développement du covoiturage et du vélo », indique-t-elle « mais l’idée était avant tout de montrer aux salariés grâce à une carte, géolocalisant leurs lieux de vie, de quels moyens alternatifs ils disposent pour venir travailler : il y a des solutions que les gens ne connaissent pas. » L’entreprise en retire une grande satisfaction : « Au final, personne ne s’est plaint de la réduction du nombre de places de parking… En outre, ces actions (journées d’animations, réunions etc) créent un lien fou, on peut donner grâce à un PDE une nouvelle dynamique très conviviale à une équipe. » A noter que pour créer l’adhésion au sein de son comité de pilotage du PDE, le Circo a élu ses mascottes « monsieur PDE» et « madame PDE » présentes sur les tee-shirts des salariés et qui font l’unanimité. Sur le site de l’Heliopole (« lauréat argent » aux Trophées de la mobilité) la situation était critique : « On avait des bouchons dans le parking avant même de quitter notre lieu de travail », indique Philippe Graillon, responsable du développement durable à la Banque Populaire Occitane. Avec la construction de plus de   40 000m2 de locaux professionnels sur le site, l’afflux de 2500 nouveaux collaborateurs et la construction sur la zone d’un éco-quartier accueillant 850 logements, l’idée d’un PDIE (Plan de Déplacement Inter-Entreprises) s’est rapidement imposée : « Au début nous avions six signataires, puis cinq se sont rajoutés ainsi qu’une coordination avec la mairie de Balma», indique Philippe Graillon, également coordinateur du PDIE. Ce plan regroupant notamment des entités comme Axa, Natixis, Pole emploi ou le RSI, repose sur plusieurs axes : adapter les voies de circulation, améliorer l’utilisation des transports en commun, utiliser les horaires décalés et le télétravail, développer le covoiturage, la marche à pied et l’utilisation du vélo électrique. « Quand on est pilote du changement, on vend du changement et ce n’est pas facile », poursuit Philippe Graillon, mais le résultat reste pourtant le même : « Les gens se rencontrent par le biais de ces nouveautés. Un PDIE, c’est carrément complémentaire au restaurant inter-entreprises ! »

Le vélo : pratique mais redouté

BicyCnes, l’association des cyclistes du CNES de Toulouse, était également présente à la réunion d’informations, se voulant porte-parole des cyclistes en mal d’aménagements. « Il reste de la formation et de l’éveil à faire à ce niveau-là, nous sommes 2000 au Cnes et seulement 130 adhérents à Bicysnes ! » indique Sébastien Rouquette, adhérent. Pourtant des améliorations semblent envisageables facilement. Sébastien Rouquette pointe notamment certaines aberrations administratives favorisant les blocages face au passage aux modes de transport doux : « Lorsque des salariés partent en mission, ils ont un mal fou à y aller en train, on ne veut bien leur payer qu’un trajet en avion… A l’extérieur pour la journée, un collègue avait loué un vélo (et non une voiture), on ne lui a pas remboursé ses frais ! » Le sujet des salariés cyclistes a largement monopolisé les acteurs présents à la réunion, qui se sont empressés de réagir quant au sujet : « S’il y a encore des réticences face au vélo lambda, le VAE (Vélo à Assistance Electrique, ndlr) en convainc plus d’un ! » ; « Il n’y a à Toulouse aucun salon du vélo où se familiariser avec les équipements adéquats pour un usage quotidien» ; « Avec l’explosion des VAE, il va falloir les bornes qui vont avec, à chaque entreprise de réagir ! » Enfin, l’idée de « flotte de vélos de service » a été évoquée sur le modèle des voitures partagées. Un concept déjà utilisé à Aérolia, où l’on constate que cela marche « très bien entre mars et septembre, l’hiver beaucoup moins ! » Un constat fait en tout cas l’unanimité pour conclure ce mardi de la mobilité : à chaque entreprise d’adapter ses propositions car « il y a des publics vélos, d’autres plus enclins à pratiquer le covoiturage ou à se laisser tenter par les transports en commun, il faut être flexible ! »

Aurélie Renne



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