Les apprentis en danger ?

« Un mauvais coup porté aux entreprises », c’est en ces termes que Gérard Trémège, président du groupe « Républicains et Territoires » à la région et maire de Tarbes, a accueilli l’annonce faite le 17 juillet dernier par le Premier Ministre, de supprimer prochainement l’indemnité compensatrice de formation versée aux employeurs d’apprentis.

 

Dans une période où le chômage des jeunes est devenu un mal européen, comment alors interpréter une telle initiative de la part de l’exécutif ? « Cette décision est d’autant plus incompréhensible « que la France vient d’obtenir de Bruxelles le déblocage de 600 millions d’euros pour lutter contre le chômage des jeunes de moins de 25 ans qui, rappelons-le, dépasse les 25 % » souligne Gérard Trémège. Un avis critique relayé également par le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) : « La suppression, sans aucune concertation, de l’indemnité compensatrice de formation versée aux employeurs d’apprentis est un véritable non-sens. » La région Midi-Pyrénées est au cœur du débat avec ses 19000 apprentis employés à 75% par des TPE/PME : « La suppression de cette indemnité aura un impact nécessairement négatif sur les entrées en apprentissage dès la rentrée prochaine. Et ce n’est assurément pas le dispositif des emplois d’avenir qui palliera la baisse inéluctable du nombre d’apprentis » ajoute Gérard Trémège. Devant ces oppositions largement relayées par les médias, et ayant fait de l’emploi sa priorité, le gouvernement Ayrault est quelque peu revenu sur ses intentions. Dès le 18 juillet, il annonçait une nouvelle aide aux employeurs, mais cette fois-ci plus ciblée, en la réservant uniquement aux TPE. Pour les autres, il subsistera tout de même une exonération de cotisations sociales et un crédit d’impôt… Cette aide non plus supprimée totalement, mais donc maintenue uniquement pour un certain type d’entreprises, laisse pour le moins circonspect Gérard Trémège : « Le Gouvernement a annoncé qu’une concertation serait mise en œuvre avec les Régions… Moins qu’accompagner cette mesure, il faut y renoncer sous peine de voir le chômage des jeunes continuer à croître inexorablement. » Alors même si le gouvernement s’est finalement décidé à maintenir cette aide pour les TPE, son montant n’est toujours pas connu. Une nouvelle source d’inquiétude ? Certainement. Le leader de l’UDI, Jean-Louis Borloo, a d’ailleurs bien du mal à évaluer l’action du gouvernement en la matière, et « juge inopportune et extrêmement malvenue la réduction de certaines aides. » La question de l’emploi va donc bien être au cœur des débats de la rentrée.

 

Thomas Simonian

 

 



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