Freescale: Prochaine étape, les Prud’hommes

Le plan de reclassement arrivant à son terme, les anciens salariés de Freescale ont dû s’inscrire à Pôle Emploi et tirer un trait sur un possible « remontage » de leur usine. Synonyme de dernier lien avec leur employeur, cette étape marque pour eux le début d’un nouveau combat, celui qu’ils mèneront aux Prud’hommes.

 

Les portes de Pôle Emploi se sont refermées sur les anciens salariés de Freescale, les ajoutant à la longue liste des demandeurs d’emploi. « Si pour certains l’étape la plus traumatisante a été l’annonce de la fermeture de l’usine, pour d’autres ce fut la réception du courrier de licenciements et pour d’autres encore, le dépôt de leur dossier à Pôle Emploi. Dans tous les cas, chaque phase a été violente », témoigne Eric Hirson, délégué CGT Freescale. En effet, depuis le 22 avril 2009 et l’annonce par la direction de la fermeture de l’usine de production prévue en 2011, les salariés se sont mobilisés, réfutant leur licenciement pour motif économique. Finalement,   Freescale ne fermera qu’en 2012, devant honorer ses dernières commandes aux fournisseurs. Pour les salariés, il ne s’agit là que d’un choix stratégique et non d’une obligation induite par des difficultés financières : « Nous étions rentables et l’argument de l’obsolescence des machines ne tient pas aux vues de leurs expéditions en Chine pour y ouvrir une nouvelle usine », s’insurge Eric Hirson. Jointe par téléphone, la direction s’est dite « trop occupée et indisponible pour répondre. » Les salariés eux, sont maintenant arrivés au terme de leur congé de reclassement, mais là encore, ils font part de leur incompréhension.

 

Un plan de reclassement

 

Respectés par Freescale, les neuf mois de congés de reclassement ont bien été observés. Mais pour les salariés, « tant la direction que le cabinet missionné n’ont pas fait ce qu’il fallait pour nous trouver du travail ! » Aujourd’hui, ce sont 821 emplois qui ont été supprimés mais seuls 494 ont fait l’objet d’un plan de reclassement, « les autres ayant préféré partir avec la prime de licenciement », précise Eric Hirson, « et parmi les salariés ayant opté pour le plan, 22 ont retrouvé un emploi en CDI par leur propre moyen quand 11 ont décidé de créer leur entreprise. » Tout en reconnaissant que la direction leur a proposé des emplois, le délégué CGT déplore que ces derniers ne correspondent pas à leur qualification : « nous avons dû effectuer des formations pour que seulement huit d’entre nous puissent intégrer Airbus. » Au final, le plan de reclassement n’a pas eu l’effet escompté pour les salariés qui s’apprêtent, en parallèle, à déposer une centaine de dossiers aux Prud’hommes pour licenciements abusifs. Le premier passage en conciliation devrait avoir lieu en septembre prochain. En attendant, ils espèrent que « les vingt hectares du site industriel ne seront pas vendus à un promoteur immobilier, car, si Freescale parvenait, en plus, à réaliser une opération immobilière, ce serait quand même le comble », conclut Eric Hirson.

 

Séverine Sarrat

 



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