Arnaud Montebourg venu soutenir l’économie toulousaine


Arnaud Montebourg, se déplaçait vendredi dernier dans la ville rose pour apporter son soutien au tissu économique toulousain mais aussi pour en vanter son exemplarité. Qu’il s’agisse d’aéronautique ou de recherche, la région reste un modèle de réussite et d’investissement. A ce titre, le ministre du redressement productif, accompagné de Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche et de Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, ont lancé le fonds Aerofund 3 ainsi que la plateforme CEA Tech.

 

« Qu’il s’agisse de gros donneurs d’ordres ou de sous-traitants, la filière aéronautique française détient le leadership mondial. » Ce sont les premiers mots d’Arnaud Montebourg pour les acteurs économiques réunis sur le site Lagardère à Toulouse pour la signature de la troisième phase du fonds d’investissement Aérofund 3. Créé par Airbus, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) Entreprises, le groupe Safran, EADS et Eurocopter, il y a dix ans, le fonds vise à soutenir les PME et ETI sous-traitantes du secteur aéronautique. « Il est important de maintenir ce lien entre les maîtres d’œuvres et les PME car il permet la consolidation des sous-traitants », affirme Marc Fontaine, secrétaire général d’Airbus. Aérofund en est déjà à sa troisième version et ne cesse de grossir l’enveloppe à chaque levée de fonds ; ainsi ce sont déjà près de 105 millions d’euros qui ont été injectés dans la filière grâce aux plans précédents et 150 000 millions qui le seront avec le dernier. Le but étant d’atteindre les 300 millions d’euros à terme. Vingt-deux entreprises ont pour l’instant bénéficié du fonds, ce qui leur a permis de générer 1.6 milliards d’euros et 15 000 emplois. Pour Pascal Lagarde, directeur général de CDC Entreprises, « il est important de soutenir un secteur stratégique pour la région et le pays par ce genre d’action qui, par la gouvernance d’ACE Management, assure de plus l’indépendance totale de ces fonds, permettant ainsi de rassurer les PME. » La signature de l’engagement de l’Aerofund 3 a eu lieu à l’issue du Comité stratégique de la filière aéronautique auquel assistait Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, visant « à soutenir la compétitivité du secteur et à sécuriser les grands groupes comme les PME. »

 

L’aéronautique, source de l’économie nationale

 

36 millions d’euros de chiffre d’affaires, un carnet de commande plein pour une durée de quatre ans, soit 54 milliards d’euros et le recrutement de 13 000 salariés en 2011, la filière aéronautique constitue une priorité pour le gouvernement comme le précise Arnaud Montebourg : « Suite à la Conférence nationale de l’industrie à laquelle j’ai participé, nous avons pris des décisions concernant le ferroviaire et l’aéronautique car cette dernière reste une source de l’économie nationale en générant 300 000 emplois directs et 800 000 indirects. » Dans un même temps, le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales s’est engagé à augmenter leurs embauches de 50%, l’objectif étant « de pallier à la perte d’emplois dans l’automobile par des gains dans l’aéronautique. Cette mobilité intersectorielle est une innovation qu’il nous faut défendre », explique le ministre du Redressement Productif.

Mais Midi-Pyrénées, fleuron de l’aéronautique dispose également d’un fort potentiel en matière de recherche… recherche technologique dont pourraient bénéficier les PME locales pour assurer leur développement. Pour cela, Arnaud Montebourg et Geneviève Fioraso avaient annoncé en octobre dernier la constitution de plateformes de diffusion de la technologie vers les PME au niveau local. Présents à Toulouse pour lancer la première d’entre elles, le CEA Tech (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), ils ont précisé l’engagement du gouvernement pour assurer la compétitivité des PME à l’international à travers l’innovation technologique. A ce titre, tous les acteurs économiques et de recherche, ainsi que les collectivités locales se réjouissent de l’implantation du CEA Tech (voir interview de Bernard Bigot, administrateur général du CEA, sur notre site internet). « Nous sommes convaincus que l’innovation est le cœur de la compétitivité, ainsi nous préparons l’avenir des entreprises par l’innovation de demain », affirme Jean Therme, directeur de la recherche technologique au CEA.

 

Le CEA Tech s’installe à Toulouse

 

Pour le gouvernement, l’implantation du CEA à Toulouse est un enjeu majeur « car il dotera le tissu industriel des outils permettant de produire, maîtriser et transférer massivement des technologies innovantes qui doivent désormais intégrer l’ADN des PME et ETI. » Autrement dit, le CEA Tech constitue un laboratoire de recherches technologiques qui pourront bénéficier aux PME locales, lesquelles n’ont pas forcément les moyens de la structurer. L’atout majeur de cette plateforme réside en la pluridisciplinarité de ses travaux qui pourront être exploités aussi bien par des entreprises aéronautique, agroalimentaire, ou encore biomédicale… « Le CEA Tech est intéressant pour nous, ETI, car il se concentre sur des recherches à visées commerciales, des innovations qui pourront être mises sur le marché, ce qui n’est pas le cas de tous les laboratoires », témoigne Christian Bec de Nexeya. Et les organismes tels le CNRS et l’ONERA ne sont pas en reste pour saluer l’installation d’une telle structure en indiquant que l’union fait la force et toute la recherche doit œuvrer pour le succès des industries : « Nous ne jouons pas un match de Top14 mais un Mondial tous les jours », clame Joël Bertrand, directeur de recherche du CNRS, pour illustrer ses propos. De même, par son développement, le CEA Tech « permettra de faire de Toulouse, une métropole innovante sachant anticiper l’évolution de la société », se félicite Pierre Cohen. La Région qui trône à la troisième place nationale en matière de R&D assied un peu plus son pôle d’excellence. Pourtant la « recherche technologique reste minoritaire par rapport à la recherche fondamentale mais il ne faut pas oublier qu’elles sont interdépendantes », explique Geneviève Fioraso. « Il faut également veiller à ce qu’elles se rapprochent du monde industriel et ainsi assurer son développement », poursuit-elle. Car c’est à cette seule condition que les entreprises du territoire pourront bénéficier pleinement du CEA Tech : « nous devons planter la graine de l’intelligence, de la recherche, dans le terreau fertile de l’économie », conclut Arnaud Montebourg, enthousiasmé par le projet.

 

Séverine Sarrat



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