Airbus / Tunisair : Tunisair redécolle

A l’occasion de la livraison du troisième A320 du plan de flotte 2006-2017 de Tunisair, Airbus a organisé une cérémonie officielle afin de marquer son engagement en Tunisie, notamment avec le développement de l’usine Aérolia basée à M’Ghira, à proximité de Tunis.

 

D’habitude réservée aux premières commandes d’un nouveau client ou à la livraison d’un nouveau modèle à une compagnie déjà fidélisée, la cérémonie qui a eu lieu lundi dernier dans les locaux d’Airbus devait marquer la livraison de son 15e A320, soit le 3e du plan de flotte 2006-2017 de Tunisair (composée de dix A320, trois A330 et trois A350), mais aussi son implication en Tunisie. La commande passée au Salon de Farnborough (Angleterre) en 2008, qui a pris du retard suite aux difficultés de la compagnie maghrébine et à la Révolution de janvier 2011, est confirmée par le PDG de Tunisair, Rabah Jerad, et le ministre des Transports tunisien, Abdelkarim Harouni, venus à Toulouse pour réaffirmer les liens de collaboration. Selon les services de communication de la compagnie, «ce retard serait dû au retour, suite à la Révolution, des filiales de Tunisair jusque-là externalisées et à la baisse consécutive du tourisme. Ainsi, 8 500 salariés ont été ramenés chez Tunisair, ce qui a aggravé le déficit de la compagnie.» Cette dernière doit renouveler l’intégralité de sa flotte et, pour ce faire, s’est engagée avec Airbus qui, comme l’assure Fabrice Brégier, CEO d’Airbus, «accompagnera le développement de Tunisair qui chemine sur la voie du succès.»

 

«Libres au sol et dans les airs»

 

Cette livraison en fanfare reste un symbole fort pour le PDG de Tunisair et le ministre des Transports tunisiens car elle marque le renouveau de ce pays. De même, les liens qu’entretiennent Airbus avec la Tunisie se trouvent renforcés par la présence de sa filiale Aérolia implantée à M’Ghira. Des discussions entre Fabrice Brégier et Abdelkarim Harouni devraient aboutir à l’extension de leur collaboration. «La Tunisie est ainsi l’un des piliers industriels d’Airbus qui pourra créer 1 500 emplois à terme», précise le CEO du constructeur. Symbole du dynamisme du pays, ces accords conclus entre Airbus et le nouveau gouvernement tunisien témoigne de «l’entrée en démocratie» d’un pays qui a vécu de nombreux changements en une année : «Une révolution, un gouvernement de coalition élu, une constitution démocratique», explique le ministre, «Nous sommes désormais libres sur notre sol, nous devons l’être dans les airs ! Nous sommes fiers de fabriquer une partie des avions d’Airbus et nous serons à la hauteur !» Ambitieuse, la compagnie aérienne Tunisair souhaite devenir le reflet de ces avancées nationales, en témoigne le nom donné à l’A320 livré cette semaine : «L’avion sera baptisé d’un nom de femme : Aziza Othmana. Cette princesse du XVIe siècle est reconnue pour avoir affranchi tous ses esclaves à son décès et avoir légué tous ses biens à des œuvres de bienfaisances», termine le PDG de Tunisair, et le ministre de rajouter : «Nous serons au rendez-vous de l’Histoire !»

 

Séverine Sarrat



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