Air France: Un plan plus important que prévu

Air France vient d’activer la deuxième phase de son plan de restructuration « Transform 2015 » que la direction a annoncé lors de son dernier Comité central d’entreprise. Et si les salariés se doutaient que des emplois seraient menacés, ils s’avouent surpris du nombre de suppression de postes, porté à 2 500. A Toulouse, le personnel reste dans l’expectative.

 

« C’est la douche froide » pour les salariés d’Air France qui viennent d’apprendre de leur direction que les suppressions d’emplois seront supérieures à ce qu’affirmaient « les bruits de couloirs. » En effet, si les syndicats avaient avancé le chiffre de 1 500, c’est finalement 2 500 postes qui seront supprimés en 2014. Cependant, les représentants du personnel ont obtenu de la Direction, une simple modification de la convention entreprise et non une dénonciation : « ainsi nous avons la garantie qu’aucun licenciement sec ne pourra être effectué avant 2015 », explique Michel Labeur, délégué syndical central CFDT Air France. Il s’agira donc d’un plan de départs volontaires (PDV) qui, selon le porte-parole de la compagnie, « se poursuit selon le calendrier prévu depuis le lancement du plan en janvier 2012 grâce aux accords signés avec le personnel. » Mais ces derniers devront attendre septembre ou octobre pour connaître le fond du PDV car, si le nombre est désormais connu, les services concernés n’ont pas été divulgués. « Je pense que les plus touchés seront l’exploitation et la Direction générale industrielle », confie Michel Labeur. Quant au personnel navigant, un plan indépendant leur avait déjà été annoncé au printemps dernier, visant près de 500 postes.

 

Toulouse ne sera pas épargnée

 

Avec une prime de départ équivalent à 24 mois de salaire, les syndicats se sont attachés à garantir au personnel un « débarquement » acceptable, à défaut de pouvoir l’empêcher. « Nous sommes conscients qu’une entreprise qui est dans le rouge depuis cinq ans, ne peut pas se redresser sans plan social, mais nous sommes tout de même parvenus à éloigner les licenciements collectifs », explique le représentant CFDT. Et l’escale toulousaine ne sera pas épargnée par le PDV, « mais nous ne savons pas encore à quelle hauteur », confie Michel Labeur. Lors de la première vague de suppressions de postes, la base de la ville rose n’a pas été la priorité, ce qui pourrait augurer qu’elle le devienne pour la seconde. Toujours est-il qu’en quatre ans, Air France aura perdu 12 à 15 000 salariés. Mais il semblerait que cette stratégie porte ses fruits puisque la compagnie a divisé ses pertes nettes par cinq depuis la mise en place du plan  « Transform 2015 ». Selon Alexandre de Juniac, nouveau PDG d’Air France, « le groupe a dégagé un bénéfice d’exploitation de 79 millions d’euros contre une perte de 79 millions un an plus tôt. »  Pour Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, un tel plan aurait pu être évité, « mais les mesures n’ont pas été prises au bon moment ! » Désormais acculée, la compagnie ira au bout de son PDV dont les orientations devraient être précisées lors du prochain Comité central d’entreprise le 4 octobre prochain.

 

Séverine Sarrat



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