Agrimip Sud-Ouest Innovation: L’innovation au service de l’agroalimentaire

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A toute saison son événement, Agrimip Sud-Ouest Innovation organisait son Printemps pour fêter le premier anniversaire du rapprochement avec la région Aquitaine. L’heure était donc au bilan et aux perspectives du pôle de compétitivité, présidé par Alain Chatillon. C’était là également l’occasion d’évoquer le fameux « principe de précaution » qui pour certains constitue un frein à l’innovation, cheval de bataille d’Agrimip. Patrice Roché, directeur du pôle, revient sur ces points.

 

Patrice Roché, il y a un an, Agrimip Sud-Ouest Innovation se rapprochait de la région Aquitaine. Quel est le bilan de cette union ?

Le bilan est excellent puisque la réunion des deux régions nous offre un socle de visibilité important. D’abord, en ce qui concerne les adhérents, nous en recensions 282 en 2012, ce qui reste considérable. 30% d’entre eux sont Aquitains et ce chiffre est en constante progression. Ensuite, en termes de recherche, ce rapprochement nous donne accès à des laboratoires d’excellence. D’ailleurs aux fonds accordés par les Investissements d’avenir pour les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées ont fait suite des taux de réussite exceptionnels, traduits par le classement « Campus d’excellence » de nos universités. Ces derniers sont au nombre de sept en France dont un se trouve à Bordeaux et l’autre à Toulouse. En ce qui concerne la gouvernance, nous avons opté pour un équilibre parfait avec autant de représentants d’Aquitaine que de Midi-Pyrénées au Conseil d’Administration et au Bureau. Il existe donc une véritable osmose aujourd’hui.

Lors du Printemps d’Agrimip Sud-Ouest Innovation, qui a eu lieu à Gradignan pour célébrer la première année de synergie, vous avez évoqué le principe de précaution…

Lors de la conférence, Jean de Kervasdoué (économiste de la santé, ingénieur agronome, ndlr) a exposé sa théorie à savoir que le principe de précaution a ses limites et qu’il peut même freiner l’accès au progrès. Par exemple, pour lui, le principe de précaution pris, il y a deux ans, lors de l’épidémie de grippe qui incitait à la vaccination systématique, a fait baisser l’espérance de vie des femmes pour la première fois. C’était une boutade mais ce n’est pas si faux ! La campagne en question s’étant mal passée, beaucoup de gens ne se sont pas vaccinés l’année suivante et… Mais de là à dire qu’il existe une relation de cause à effet, c’est peut-être un peu excessif.

 

L’innovation pour lutter contre les fraudes

 

On ne peut pas parler de l’agroalimentaire sans évoquer l’affaire de la viande de cheval. Pensez-vous que ces événements ont nui à la réputation de la filière ?

Cette affaire est en réalité une histoire de fraude et non pas un problème sanitaire, il faut donc faire attention. C’est à la justice de faire son travail. Quant aux produits de la filière, il existe effectivement des conséquences observables sur les marchés. Les plats cuisinés à base de viande hachée sont en chute libre au niveau des ventes.

 

Comment Agrimip peut-il lutter contre ce type d’agissements ?

Nous avons eu à gérer une affaire de contrefaçon de vin en Chine et, sur demande de nos adhérents, nous avons mis au point un système anti-fraude de codes à bulles sur les bouteilles. Ceci est un exemple de ce qui peut être fait, en termes d’innovation, mais encore faut-il que nos adhérents nous demandent de nous saisir du problème.

 

Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l’agroalimentaire, participait à votre dernier Conseil d’Administration, et se félicitait des actions innovantes d’Agrimip. Quelles sont-elles ?

Je ne parlerai pas de celles en cours car elles restent confidentielles mais nous avons présenté des projets tels Neofertil (production de biofertilisants visant une agriculture durable et environnementale, ndlr).

 

L’international, une priorité

 

Le Printemps d’Agrimip a été l’occasion de remettre le Prix des lycéens. Quel en était l’objectif ?

Nous avons souhaité répondre au problème du détournement des étudiants vis-à-vis des carrières scientifiques. Ainsi, nous nous sommes rendus dans les lycées où l’on a proposé aux enseignants de présenter des projets d’innovation agroalimentaire en cours aux élèves pour leur démontrer que les recherches scientifiques trouvent leurs applications concrètes dans des produits commercialisables. Ils ont élu alors le meilleur projet selon leurs critères et le 21 mars dernier, ils ont remis le prix à l’entreprise Neurophenols (voir Repère). L’objectif de ce prix est triple : expliquer que, par des carrières scientifiques, il est possible d’approcher des professions attrayantes, et par la même occasion nous redorons le blason de la filière agroalimentaire. De même, cet événement permet aux jeunes d’entrer en contact avec le milieu professionnel.

 

Les actions d’Agrimip sont donc multiples mais quelles sont vos perspectives ?

Nous accentuerons la protection de la propriété intellectuelle pour préserver les innovations de nos PME et ETI et, nous souhaiterions étendre le volet de la formation continue. Nous nous attacherons également aux retombées économiques des projets, de même qu’à l’internationalisation des innovations pour accompagner les entreprises à l’étranger.

 

L’international justement reste donc l’une de vos priorités…

Il est clair qu’aux vues des taux de croissance de certains pays, il ne faut pas rater le tournant de l’internationalisation. Nous devons nous adapter à leurs besoins tout en garantissant de la valeur ajoutée. Nous avons ciblé quatre Etats sur lesquels nous allons nous concentrer, pour les six ans qui viennent, à savoir l’Allemagne, le Canada (pour s’introduire aux USA), l’Angleterre et le Japon.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat

 

Repère :

Prix Agrimip des lycéens : Neurophenols. Ce projet vise à mettre au point des actifs nutritionnels alimentaires riches en polyphénols synergiques, formulés et différenciés de la concurrence (notamment par l’emploi d’éco-procédés) ayant un rôle bénéfique contre le vieillissement naturel chez l’homme et le chien.



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