Accord de branche et emploi des seniors : La métallurgie midi-pyrénéenne à la loupe

Quelle est la place des seniors au sein des entreprises ? Le débat est d’actualité. La récente présentation du projet de loi portant création du contrat de génération, issu d’un accord national interprofessionnel unanime, est un signe plus qu’encourageant de la forte volonté des partenaires sociaux à lutter contre le chômage. En Midi-Pyrénées, les acteurs du secteur de la métallurgie se sont mobilisés. Réunis lors d’un colloque baptisé : « Seniors et Savoirs, la place des seniors au travail » l’IUMM de Midi-Pyrénées, la DIRRECTE et cinq syndicats de salariés ont travaillé la question.

Dans le cadre des travaux engagés dans les accord de la branche métallurgie, le 12 décembre dernier, l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (IUMM) de Midi-Pyrénées, la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRRECTE) et cinq syndicats de salariés ( CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT métallurgie, et FO Métaux) se sont réunis en colloque sur la thématique de l’emploi et les conditions de travail des seniors dans les entreprises régionales du secteur. « Une démarche dont l’objectif est de développer le dialogue social territorial » explique Michel Ducrot, directeur adjoint de la  DIRRECTE Midi-Pyrénées. Un dispositif dans lequel «la DIRRECTE est engagée depuis sept ans et qui a pour but de résoudre les difficultés de recrutement, améliorer les conditions de travail et valoriser l’image du secteur de la métallurgie » poursuit Michel Ducrot, pour qui « le thème des séniors est une problématique nationale ». Pour Jean Luminet, Président de lʼUIMM Midi-Pyrénées, le thème du colloque est « un sujet central, majeur pour l’économie et le pacte social ». Le président de l’organisation patronale des professionnels de la métallurgie, explique que « pour que le savoir progresse il faut qu’il se transmette. Ce qu’il faut à notre économie et plus encore à notre pays c’est de la solidarité entre les générations et les territoires ».

 

Une démarche de branche paritaire active

Quelle est la place des seniors au sein des entreprises de la métallurgie de Midi-Pyrénées ? Pour apporter des pistes de réponses, Serge Volkoff dresse un tableau de la situation actuelle. Pour ce statisticien ergonome du Centre de Recherche et d’Étude sur l’Age et les Populations au Travail (CREAPT), le vieillissement de la population active (ndlr : ou non) est une tendance démographique d’ensemble de la population française, liée au groupe générationnel du baby-boom mais aussi à l’âge d’entrée dans la vie active de plus en plus tardive. Serge Volkoff aborde la question du faible taux d’emploi des 55-64 ans. En France, 40% des 55-64 ans sont en emploi alors qu’en Europe le taux atteint 46% et pour la première de la classe, la Suède, il culmine à 72%. Si la mise en perspective avec les données Pole Emploi sur le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à la fin du mois d’octobre 2012 (catégories A, B et C) n’est pas forcement pertinente puisque la catégorie d’âge dont il est question, débute à 50 ans et non 55, elle apporte toutefois l’enseignement d’une tendance. Les hommes et femmes de 50 ans et plus est la catégorie qui connaît la variation positive la plus significative sur un an : +16,2% de demandeurs d’emploi supplémentaires entre octobre 2011 et octobre 2012. Autre fait constaté par Serge Volkoff : l’accès à la formation continue diminue avec l’âge en France. La question de l’adaptabilité des seniors se pose alors. Si l’avancée en âge entraîne divers déclins parfois révélés par le travail, elle signifie également une avancée en expérience, la construction de compétences relatives à la tâche, à soi-même, au collectif. Au fil de son expérience, le salarié déploient des stratégies dans le travail (ndlr : comment on fait ce travail), qui évoluent tout au long de sa carrière. Avec l’avancée en âge, plusieurs sujets posent davantage problème côté santé des salariés, comme les horaires décalés qui fragilisent le sommeil, la difficulté à récupérer de la fatigue, de facto la diminution de l’efficacité de la mémoire, et la perturbation de la vie familiale et sociale. La pratique prouve qu’il est possible d’agir, car comme l’explique le statisticien « le volume d’horaires décalés peut être réduit en faisant des rotations courtes et montantes ». Le statisticien expose un modèle illustratif d’une politique de l’emploi en faveur des seniors : le plan d’action finlandais. Suite à la mise en place de certaines mesures dans un plan baptisé « l’expérience est une richesse nationale » le taux d’emploi des 55 ans et plus a augmenté de 6 points.

En France, le projet de loi instituant le contrat de génération, issu d’un accord national interprofessionnel unanime, semble être l’axe choisi pour lutter contre le chômage des jeunes et des seniors. Dans la métallurgie comme dans les autres secteurs, les attentes sont fortes.

 

Marie-Agnes Espa

 

 

Le projet contrat de génération

Présenté par Michel Sapin le 12 décembre dernier au conseil des ministres, le projet de loi instituant le contrat de génération affiche un triple objectif : l’accès durable des jeunes à l’emploi, le maintien à l’emploi des seniors et la transmission des savoirs et de l’expérience entre générations. Les moins de 26 ans et les plus de 57 ans sont concernés. Le dispositif combine l’embauche d’un jeune en CDI et le maintien en emploi d’un senior permet à l’entreprise de percevoir une aide à hauteur de 4 000€ (2 000€ par salarié) par an. 95,5% des entreprises sont éligibles à l’aide de l’État, soumise à condition en fonction de la taille des établissements.



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