Académie de l’air et de l’espace: Airbus, fleuron de la révolution industrielle

Philippe Couillard, Patrick Piedrafita et Alain Garcia témoignent de 30 ans d’innovations aéronautiques

Pour célébrer son trentième anniversaire, l’Académie de l’air et de l’espace a souhaité revenir sur les innovations et le développement de la filière mais également en évoquer les perspectives, l’industrie aérospatiale, c’est bien connu, ayant des cycles plutôt longs. Quel meilleur exemple que la constante progression d’Airbus, témoin et acteur d’une révolution industrielle.

 

« L’aéronautique n’a été ni une industrie, ni une science. Ce fut un miracle. » C’est sur cette citation d’Igor Sikorsky, pionnier de l’aviation, que Bertrand Monthubert, président de l’Université Paul Sabatier ouvre le colloque « 30 années d’aéronautique et d’espace, et demain ? », organisé par l’Académie de l’air et de l’espace. Pour son président, Philippe Couillard, « c’est l’histoire de toute une génération, d’une époque où les activités militaires assuraient le chiffre d’affaires du secteur civil. Aujourd’hui, les rapports sont inversés, une révolution a eu lieu. » Cette dernière est d’autant plus visible chez Airbus, comme en témoigne Alain Garcia, ancien directeur technique d’Airbus et vice-président de l’Académie, entré chez l’avionneur lors de l’assemblage du Concorde : « J’ai vu le développement des avions Airbus tout en vivant les moments critiques du premier vol de « l’oiseau blanc » ! » Puis la grande famille des Airbus s’est agrandie, en additionnant la somme des compétences des différents secteurs : « Aujourd’hui, les architectes-intégrateurs se trouvent sur la piste aux côtés des chercheurs, des équipementiers, des métallurgistes… pour applaudir l’envol de l’A380 et prendre conscience qu’ils y ont participé ! » Une véritable révolution dans laquelle l’industrie a pris le pas sur l’artisanat, et Airbus sur Boeing. Pour Alain Garcia, « l’innovation est la raison des prises de marché sur les Américains. » Mais la création d’Airbus SAS en 2001 reste le point culminant de l’évolution de l’entreprise car elle aura permis de fusionner les différentes activités européennes ; une révolution industrielle par la rationalisation de la production.

 

 

Et demain ?

 

L’évolution d’Airbus semble loin de s’essouffler, aux dires de ses cadres dirigeants. Pour Patrick Piedrafita, président d’Airbus Operations SAS, « tout repose sur une stratégie des 3i+e : innovation, internationalisation, intégration et engagement. » D’abord, il sera nécessaire d’améliorer continuellement la production (Airbus investit 2 milliards d’euros par an dans la R&D), comme c’est le cas aujourd’hui avec la gamme Neo dans lesquels des éléments sont réactualisés, mis à jour, pour toujours rester innovant et à la pointe de la technologie. « A ce titre l’IRT joue un grand rôle puisqu’elle met en commun les recherches menées par Aérospace Valley et notre industrie », explique Patrick Piedrafita. L’internationalisation jouera également un rôle prépondérant dans le développement de l’avionneur. « Pour exemple, avec l’implantation d’une chaîne d’assemblage en Chine, nous avons pu passer de 17% à 50% de parts de marché dans ce pays », illustre le président d’Airbus Operations SAS. Il s’agit donc bien d’une stratégie offensive que le groupe souhaite mener. S’il livre aujourd’hui 600 avions à l’année (vingt-trois A320 par semaine), il se pourrait bien que l’avionneur augmente sa cadence, à l’horizon 2040.

 

Séverine Sarrat

 



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