2010 ; L’économie régionale passe la seconde

Après une année 2009 difficile due à la crise, Midi-Pyrénées respire enfin malgré une prédominance de l’aéronautique, des secteurs en convalescence et un chômage encore très présent.

 
«Nous ne sommes plus au point mort mais sur la petite vitesse.» Tel est le constat du président du Medef 31 Philippe Robardey à l’occasion de la présentation de la revue Top Eco 2011, annuaire des entreprises de Midi-Pyrénées. Le patron des patrons se veut rassurant mais prudent en termes d’économie régionale pour les mois à venir. Il faut dire que Midi-Pyrénées a connu une année 2009 très difficile, crise oblige, même si Philippe Robardey insiste sur le fait que «la région s’en est moins mal sortie que les autres grâce à des secteurs dynamiques de cycle long comme l’aéronautique et le spatial.» Quand bien même, les entreprises de la région ont vu en 2009 leur chiffre d’affaires se contracter de façon parfois spectaculaire : -20 %, -30 % et jusqu’à -50 % dans certains secteurs avec également des effectifs qui reculent.
Parmi les activités les plus touchées, on note le BTP et les matériaux de construction  tout comme les vendeurs de machines outils, directement impactés par la baisse des investissements des entreprises, et la branche transports, très dépendante de l’activité industrielle. Pourtant, la reprise s’annonce positive pour cette dernière en 2010 : «Depuis le dernier salon du Bourget, les commandes reprennent. Nous sommes la région la moins touchée par la baisse des emplois et l’on peut donc être optimiste sans être trop démesuré», explique Jean Luminet, président de l’UIMM Midi-Pyrénées.

Airbus, l’arbre qui cache la forêt

Il faut dire que la région bénéficie des bons résultats de l’aéronautique et du spatial. Les carnets de commande sont bien remplis même si Daniel Thébault, président régional du Medef, apporte un gros bémol : «En 2009, nous sommes passés du 6ème au 3ème rang des régions françaises en termes d’exportation. Mais nous avons encore de gros efforts à faire dans ce domaine car Airbus est l’arbre qui cache la forêt.»
Outre les fleurons de l’économie midi-pyrénéenne, certains secteurs ont su tirer leur épingle du jeu à l’image des services, de la santé (qui représente à lui seul 80 % du chiffre d’affaires des entreprises à l’export) et de l’agro-alimentaire. Ce dernier est d’ailleurs le premier employeur de la région. Concernant les services, Marielle Gaudois, vice-présidente du Medef 31, se veut confiante : «Les services à la personne ont explosé ces dernières années avec des emplois qui ont quadruplé en 4 ans ! Plus de 40 000 personnes travaillent dans ce secteur en Haute-Garonne. Les embauches continuent en 2010 et on peut expliquer ce phénomène par le boom des auto-entrepreneurs, le vieillissement de la population et le traitement de la dépendance.» Le commerce quant à lui se maintient malgré une baisse de la consommation conjoncturelle dans les mois à venir et des difficultés à estimer l’impact des soldes.

 

L’ombre de Molex et Freescale

Au classement des entreprises les plus compétitives en 2009, on retrouve toujours les indétrônables Airbus et EADS mais le Medef souligne la très bonne percée de nombreuses PME qui affichent depuis leur création des résultats en forte progression : Lyra Network à Labège, Crustad’Oc, Magellium, les sites de vente en ligne Club-Privé à Auterive ou Maismoinscher. En revanche, certaines entreprises ont vu leur chiffre d’affaires affecté comme Mas, Matebat ou Serin Construction Métalliques (BTP), les fromageries Occitanes (agroalimentaire), MTI, ou Recaéro (aéronautique). L’année 2009 a également été marquée par des fermetures d’usines et des licenciements à grande échelle chez Molex ou Freescale. Du côté du Medef, on n’espère aucune grande implantation dans le sud-ouest pour palier à ces départs dans les mois à venir. Malgré ces difficultés, Philippe Robardey conclut sur une note d’optimisme : «L’emploi tarde certes à reprendre mais les autorisations de chômage partiel diminuent et l’intérim progresse. Autre indicateur positif : les entreprises ont du mal à trouver des ingénieurs qualifiés. Nous assistons donc cette année à une croissance raisonnable et très progressive.»

Sophie Orus


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