Zebda : « On est restés nous-mêmes »

Zebda
Crédit : Ulrich Lebeuf

« Comme des Cherokees », le sixième album studio de Zebda sort le 25 août. Les deux premiers extraits dévoilés « Les petits pas » et « Les Chibanis » s’inscrivent dans la continuité du « style Zebda » : festif et engagé, drôle et triste. « On est restés nous-mêmes, c’est notre patte », estime Mustapha Amokrane. L’album s’attaque à des thèmes forts. Les Chibanis par exemple, « c’est un peu notre histoire, on a voulu rendre hommage à ces travailleurs courageux qui se retrouvent aujourd’hui dans l’abandon. »

Le titre « Fatou » aborde la problématique des marchands de sommeil. « L’insécurité est souvent un thème de campagne électorale, mais l’insécurité peut être multiple et plurielle », tient à rappeler Mustapha. Après 25 ans d’existence, le militantisme de Zebda reste intact. Les textes prennent toujours une importance de choix : « Il y a une notion de prise de parole dans ce qu’on fait, une sorte de poésie sociale.» Le nom de l’album est d’ailleurs en soi un message. Les Cherokees sont un peuple d’Amérique du nord opprimé et chassé de leur terre par « les Occidentaux. » « Quand on était adolescents, on pensait être les cow-boys. En grandissant, on s’est rendu compte qu’on était plutôt les Indiens. »

« La fête est plus belle quand elle a un sens »

Les premiers extraits de l’album ont déjà été chantés sur scène pendant l’été. Le groupe a retrouvé son public avec toute l’énergie qui le caractérise. « Nos concerts ne sont pas des meetings, mais avant tout un divertissement, une fête », souligne le chanteur avant d’ajouter : « Mais la fête est plus belle quand elle a un sens »… Le groupe reste fidèle à lui-même, à ses idées, à ses origines, et même à son accent… Troisième extrait dévoilé de l’album, « L’accent », combat « l’uniformisation des cultures ». Eux ne l’ont pas perdu, loin de là. « Si on a autant de conviction à chanter avec notre accent, c’est aussi grâce à Claude Nougaro, un modèle pour nous », révèle Mustapha.

Si Zebda ne change pas, Zebda évolue avec les années. « On a d’abord appris à faire de la musique, puis à écrire les chansons à notre façon, à trouver une justesse », raconte-t-il. Le groupe a également beaucoup appris des rapports humains, « c’est une aventure collective fantastique et parfois compliquée, mais ça reste l’aventure principale de notre vie.» Le groupe a en effet fait « un break de huit ans », avant leur album « Second tour », paru en 2012. A peine la tournée de cet opus terminée, ils ont enchaîné avec l’écriture du prochain. « C’est l’album le plus vite écrit de notre histoire ! On a été poussés par l’énergie de la tournée et le break nous a permis de retrouver notre enthousiasme », confie Mustapha Amokrane, prêt à remonter sur scène dès septembre. Le groupe se produira à Toulouse le 2 octobre pour un concert caritatif à la Halle aux Grains, au profit des associations Sanfilippo et Un maillot pour la vie.

 



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