Yodelice : « C’est un album qui me ressemble »

Yodelice sera au Bikini le 9 janvier prochain pour son dernier album « Square Eyes » aux allures rock. Fort de la demande suite à cette première date, Maxim Nucci revient le 27 mars. Rencontre en toute simplicité.

 

Dans quelle condition « Square eyes » votre nouvel album, est-il né ?

Il est né de mon quotidien, des choses qui font ma vie, c’est de là que je puise mon inspiration principale.

 

Vous l’avez créé en Birmanie, en France, aux Etats-Unis…

Comme j’aime voyager, j’ai eu la chance de croiser des gens de nationalités différentes. En Birmanie par exemple, pays que j’ai visité sac à dos, deux mois durant. J’y ai ainsi rencontré une troupe de théâtre qui fait la satire du gouvernement en place. D’ailleurs certains d’entre eux ont écopé de quelques années de détention. Mais dès leur sortie, ils refaisaient un spectacle et retournaient en prison. Cette histoire m’a inspiré, d’où la chanson « Time » que j’ai écrite et qui ouvre ce disque. Je les ai trouvés extrêmement forts, ils m’ont beaucoup touché.

 

Justement cette chanson a un ton très révolutionnaire…

Oui c’est cela. Les « Les Moustache Brothers » (troupe birmane, ndlr) sont des révolutionnaires.

 

Que signifie le titre que vous avez donné à l’album « Square eyes » ?

C’est une expression anglo-saxonne. Les mères américaines disent à leurs enfants qui regardent trop la télé qu’ils vont finir par avoir les yeux carrés. Je l’ai trouvée extrêmement inspirante et imagée. Bien plus intéressante que nos expressions françaises du genre « la branlette, ça rend sourd. » Tout de suite, je me suis imaginé des personnages avec des yeux carrés, j’ai trouvé cela très graphique et générationnel à l’heure où nous sommes tous collés aux tablettes, aux téléphones, à nos écrans plasma. C’est un titre qui colle bien à cet opus et qui est ancré dans le temps, même si cette expression date sûrement de la création de la télévision.

 

Comment voyez-vous l’évolution musicale entre votre précédent album et celui-ci ?

J’ai l’impression que « Square eyes » est beaucoup plus énergique, plus électrique que les précédents. Après je ne sais pas. J’essaye de faire des disques en accord avec qui je suis au moment où je les fais. Forcément je change, j’évolue en fonction des rencontres qui m’inspirent. C’est un album qui me ressemble, j’en suis très content. Subjectivement parlant, je crois que c’est de loin mon meilleur disque.

 

Sur vos précédents albums vous étiez sur une teneur plus folk que rock…

Au départ de Yodelice, j’avais la volonté de vouloir faire un disque, en tout cas le premier, qui ressemble à ce que je suis dans la vie. Je n’avais pas vraiment envie de faire un disque folk, mais seulement un CD organique. Pour mon premier album je voulais faire la part belle aux chansons et non à la production. Alors que sur celui-ci, j’ai voulu non seulement avoir des chansons extrêmement intimistes mais les produire vraiment.

 

N’y a-t-il pas de paradoxe quand vous dites que voulez que ces chansons vous ressemblent alors que vous les chantez sous votre « avatar musical » Yodelice ?

Si. C’est le projet artistique de cet avatar, mais ce qui l’inspire, c’est ma musique. Je pense, que dans toutes les créations artistiques du moins pertinentes, il y a forcément une grande part de personnalité. Puis les artistes, surtout en musique ou au cinéma, composent tous des personnages. Comme tout un chacun, qui se comporte différemment sur son lieu de travail et dans sa vie privée. Ce n’est pas un problème d’intégrité ou de sincérité, c’est seulement la loi en société qui veut ça aujourd’hui. Les artistes exposent une facette d’eux et pas une autre. Finalement ils composent un personnage qui porte leur nom d’état civil ou pas d’ailleurs. Pour ma part, je voulais faire une proposition artistique qui soit plus que de la musique et qui me permette de m’amuser musicalement, graphiquement et visuellement parlant. C’est un projet à tiroirs créatif.

 

Le premier single de cet album est « Fade away » dans lequel vous dites « Là où je me tiens n’est pas ma terre… » Regrettez-vous d’être Français ?

Non je suis très fier d’être Français. C’est un beau pays qui traverse une phase extrêmement difficile et inquiétante. Mais j’aime la France à un point que vous ne pouvez l’imaginer. Comme je vous le disais : j’aime voyager, mais je pars seulement pour mieux revenir. J’aime ce pays des droits de l’Homme même s’il y a toujours des injustices.

 

Qu’est-ce que cela sous-entend alors ?

« Là où je me tiens n’est pas ma terre… », est une expression. Cette chanson représente une histoire d’amour. C’est l’histoire de quelqu’un qui pensait être bien chez lui et qui se rend compte qu’en fait, il n’est plus à sa place. C’est simplement une métaphore.

 

Cet album est beaucoup moins noir que les précédents…

C’est vrai. Jusqu’à présent, je n’avais pas parlé de la sexualité de Yodelice. Je l’aborde davantage dans « Square Eyes ». C’est en effet un album plus positif car à présent, je me sens mieux dans mes baskets qu’à une certaine époque. C’est sûr que les précédents albums ont été faits dans une période de doute et de remise en question.

 

Malgré tout, le public va-t-il vous voir arpenter la scène avec votre larme sous l’œil ?

Bien sûr que oui ! (rires) C’est devenu un symbole. Cela peut être une larme de joie également. Ou l’aboutissement d’un sentiment extrême tel qu’il soit. J’aime bien à l’heure où l’on cache nos sentiments, que ce clown porte cette larme comme une espèce de cicatrice… C’est mon petit côté Pierrot.

 

Vous serez au Bikini le 9 janvier prochain. Avez-vous un mot pour les Toulousains qui viendront vous voir?

Oui. Je les aime fort. C’est toujours un plaisir de venir à Toulouse.

 

Propos recueillis par Elsa Nardari



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