Vincent Niclo: Un ténor éclectique

Après avoir fait ses débuts dans des comédies musicales, Vincent Niclo retourne à son premier amour : l’opéra. Il revient sur le devant de la scène avec un projet pour le moins ambitieux. Il reprend des classiques d’opéra, accompagné par les Chœurs de l’Armée Rouge. Rencontre avec ce ténor de talent qui se produira au Zénith de Toulouse le 27 mars.

 

Vincent Niclo, pouvez-vous nous parler de votre parcours musical car vous n’avez pas toujours été chanteur d’opéra…

J’ai commencé par le chant classique. J’ai travaillé avec un professeur sur Paris, ce qui m’a permis de décrocher mon premier poste à l’opéra. Un soir, lors d’une représentation, Richard Cross, coach vocale, m’a proposé d’auditionner pour un rôle dans une comédie musicale. Notamment pour intégrer la troupe « Roméo et Juliette ». De là, j’ai enchaîné les rôles dans des comédies jusqu’à « Autant en emporte le vent »… Voilà comment j’ai débarqué dans le milieu des comédies musicales.

 

Quels souvenirs gardez-vous du temps des comédies musicales ?

J’ai pris énormément de plaisir. Cette ambiance chaleureuse de la troupe et la chance de pouvoir se produire dans toute la France, c’était une nouvelle manière pour moi d’aborder la musique.

 

Puis il y a eu votre premier album solo…

Exactement. Il n’a pas très bien fonctionné mais il m’a permis de rencontrer les médias et le public. Secrètement, j’ai commencé à penser à un album d’opéra. Je me suis dit que pour le prochain je ne voulais pas me rater. Je suis donc revenu à mon premier amour, l’opéra, tout en mélangeant pop et électro.

 

A présent vous sortez un nouvel album « Opéra rouge » où vous êtes accompagné…

Oui. Tout au fond de moi, j’ai toujours eu envie de partager ma musique avec des choristes. Je n’avais pas imaginé un seul instant que les Chœurs de l’Armée Rouge allaient accepter de collaborer avec moi. Quand nous sommes arrivés à la réalisation de l’album nous nous sommes posés la question : « Quel chœur ? » Et en plaisantant nous nous sommes dit : « pourquoi pas l’Armée Rouge ? » De ce pas, nous leur avons envoyé une maquette composée de trois titres pour leur proposer le projet. Ils ont adoré. Une semaine après, nous étions en rendez-vous et trois semaines plus tard, j’étais à Moscou.

 

Qu’est-ce que les Chœurs de l’Armée Rouge représentent pour vous ?

C’est une référence. Ils dégagent une telle puissance, une telle émotion. A mon arrivée à Moscou, ils nous ont fait un show privé. Nous étions tous en larmes. Que l’on aime ou pas, on ne peut pas rester insensible. Ce sont des voix qui vous prennent les tripes. C’est inexplicable, c’est d’une telle force, que ça vous transperce et le résultat de l’album s’en ressent.

 

Comment avez-vous choisi les titres de l’album ?

Nous avons sélectionné des titres incontournables de l’opéra. Puis des titres pop qui amènent une dimension symphonique et classique.

 

Parmi ces classiques de l’opéra, vous interprétez la « Marseillaise »…

On m’a demandé d’ouvrir un show à Bercy pour les 200 ans des pompiers de Paris. J’ai chanté avec la Garde Républicaine. Je ne pourrai jamais oublier ce moment parce que j’ai redécouvert la Marseillaise. Je me suis dit que ça serait super de redonner un coup de fouet, une autre dimension à cet hymne. Je ne regrette pas qu’elle fasse partie de l’album, elle interpelle…

 

Vous interprétez « Libiamo ne lieti Calici » avec Julia Migenes…

Oui tout à fait. A mes yeux, c’était la personne idéale. C’est une cantatrice un peu décalée qui n’a pas un cursus académique comme moi, et qui de surcroît, n’a jamais voulu rentrer dans des cases. Son parcours atypique, sa personnalité me plaisent beaucoup. Nous avons demandé les coordonnées de son agent, nous lui avons envoyé le projet et elle y a répondu favorablement. Quelques semaines après, nous étions en studio.

Au milieu de ces classiques, il y a une de vos compositions, « Perché » adapté en italien…

Je m’amuse à composer des airs un peu « crossover » entre classique et pop. En les réécoutant avec mon équipe, nous nous sommes dit que cela serait bien si une des chansons figurait sur l’album. Nous avons mis « Perché » qui parle de la planète. C’est un titre assez lyrique. Pour moi, c’est un cri au secours.

C’est-à-dire ?

Je dénonce une planète poubelle.

Quand vous avez soumis ce titre aux Chœurs de l’Armée Rouge, comment ont-ils réagi ?

Ils ont apprécié les arrangements qu’ils ont trouvés très moderne. Ils ont complétement adhéré aux projets. Cela n’a posé aucun problème.

Comment va se dérouler la tournée ?

Nous sommes 120 personnes sur scène. C’est un cirque. Nous nous déplaçons à trois autobus, et autant de semi-remorques.

Avec la présence des Chœurs de l’Armée Rouge, va-t-il y avoir une mise en scène particulière ? Allons-nous voyager entre deux univers, deux cultures ?

J’intègre leur spectacle qui est déjà en place. Je chante quatre titres « d’Opéra Rouge ». Nous avons une mise en scène différente pour ces titres-là. Cela va se jouer sur la manière dont je rentre sur scène, et de placer les Chœurs. Pour ce qui est du voyage entre les deux cultures, il n’y a pas de doute ! Il va y avoir leur répertoire russe mais ils vont aussi faire un hommage à Edith Piaf. Il y a des ballets, mais également des moments où l’on rit. Ils ont de l’humour, ils savent se mettre dans des situations un peu cocasses.

Les bruits courent concernant la sortie de votre prochain album prévue pour la fin de l’année…

C’est exact. Je vais rester dans la même lignée. Toujours pop-opéra. Avec un Chœur, un nouveau travail de voix. C’est un projet qui va étonner.

 

En quoi sera-t-il différent de « l’Opéra Rouge » ?

Le prochain sera un hommage, mais je n’en dirai pas davantage. J’attends d’avoir un vrai album pour pouvoir communiquer dessus. C’est un pari assez audacieux mais très « casse gueule ».

Vous serez au Zénith de Toulouse le 27 mars. Avez-vous un mot pour votre public toulousain ?

J’ai eu l’occasion de tester le public toulousain, et si j’en crois mes souvenirs c’est un public très chaud, très chaleureux. J’espère par conséquent que je ne vais pas les décevoir ! En tout cas, s’ils font la démarche de venir, il faut qu’ils sachent que c’est un grand spectacle familial. On en prend plein les yeux, les oreilles. Il faut voir une fois dans sa vie les Chœurs de l’Armée Rouge !

Propos recueillis par Elsa Nardari



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