« Un jour, la science expliquera ces phénomènes »

 

Clairvoyance, prémonition, télépathie, apparitions, spiritisme, réincarnation, transcommunication, magnétisme…  Dans son nouveau livre, « Les phénomènes paranormaux » (éd. Milan, collection « Les archives de l’Histoire », voir encadré), le scientifique toulousain Yves Lignon présente un bilan de l’exploration scientifique de domaines qualifiés de « surnaturels». Rencontre.

 

Yves Lignon, comment votre aventure avec les phénomènes paranormaux débute-t-elle ?

Par curiosité intellectuelle et peut-être par disposition génétique (rires). Depuis au moins mon adolescence, je suis passionné de cinéma et de littérature fantastique mais pour moi, c’était de l’imaginaire pur. Et puis un jour, j’ai découvert que des gens prenaient cela au sérieux, que ces phénomènes étaient étudiés scientifiquement. Alors je me suis dit : « pourquoi n’en ferais-je pas partie ? »

Dans ce livre, vous recensez des phénomènes très connus, d’autres moins. Comment votre choix s’est-il fait ?

Tout simplement à partir des définitions données dans le monde entier par les chercheurs scientifiques qui travaillent sur ces problèmes. Nous avons une liste de phénomènes qualifiés de « paranormaux ». Je m’en suis servi pour établir le sommaire de ce livre.

Comment doit-on interpréter l’absence d’explications du scientifique que vous êtes ?

Depuis un siècle et demi que sont réalisées des recherches sérieuses sur ces phénomènes-là, on a voulu faire des expériences qui montrent la réalité des choses mais on n’a pas de théorie qui fournisse une explication. On constate sans rien expliquer.

 

Photos truquées ?

 

Vous apportez aussi de la pédagogie dans ce livre…

Oui, c’est l’esprit du livre. C’est une collection pédagogique.

Vous faites par exemple la distinction entre un fantôme et un ectoplasme…

On ne voit les fantômes que dans certains lieux comme les châteaux. Les ectoplasmes, eux, ont été vus dans des conditions de laboratoires très strictes. Par conséquent, on est certain que les ectoplasmes existent alors que les fantômes relèvent peut-être de la légende.

A ce propos, le lecteur trouvera aussi d’étranges photos, comme celle de la couverture. Est-elle véridique ?

Je ne le sais pas parce qu’elle est ancienne ! Disons qu’à la fin du 19e siècle, on faisait beaucoup de photos de fantômes mais déjà à l’époque la plupart de celles qui ont été expertisées, se sont révélées fausses, truquées. Alors je ne sais pas si elles sont authentiques, mais ce que je sais en revanche, c’est qu’elles sont jolies ! (rires)

Vous semblez regretter le manque d’études scientifiques comme sur le Saint Suaire par exemple…

Disons que pour l’étudier, il faudrait d’abord que le propriétaire, l’Eglise catholique, laisse faire mais elle n’a pas envie de faire des vagues. Mais ce qu’il faudrait surtout, c’est s’attaquer à ce problème avec un état d’esprit très sain et non pas se dire que si l’on met en évidence quelques mystères à propos de cet objet, ce sera favorable à l’Eglise catholique comme le font certains chercheurs qui se prétendent des scientifiques objectifs alors que ce sont des militants anticléricaux.

 

A la recherche de témoignages sur les NDE…

 

Par rapport aux études scientifiques, où en est le laboratoire de parapsychologie de Toulouse (le G.E.E.P.P, Groupe d’Etudes Expérimentales des Phénomènes Parapsychologiques) ?

Il est toujours animé par un groupe de bénévoles qui estiment que ces phénomènes valent la peine d’être étudiés et qui y consacrent toute l’énergie disponible. A l’heure actuelle, ils cherchent à recueillir des témoignages de NDE (Near Death Experience, Expérience de mort imminente, ndlr) dans la région.

Justement, vous consacrez un chapitre au NDE dans lequel vous dites qu’elles sont rares…

Oui, beaucoup plus rares que ce que l’on raconte.

Mais doit-on pour autant les occulter ?

Absolument pas au contraire ! C’est un problème majeur. A l’heure actuelle, les NDE sont la question qui intéresse le plus les scientifiques travaillant sur les phénomènes paranormaux. Derrière les NDE, il y a le problème de l’autonomie de la conscience humaine et les perspectives sont immenses.

Pensez-vous que les progrès de la science permettront d’obtenir des réponses à ces phénomènes ?

Oui peut-être après une révolution scientifique. Je suis persuadé en tout cas qu’un jour, on arrivera à une théorie pour expliquer tous ces phénomènes, mais pas maintenant. C’est ma manière d’être un scientifique optimiste. Depuis qu’elle existe, la science n’a jamais connu d’échec. Même si quelquefois il a fallu du temps, elle a toujours tout expliqué. N’oubliez pas que jusqu’à Copernic, tous les êtres humains voyaient le soleil tourner autour de la Terre. Pour les phénomènes paranormaux, c’est pareil : aujourd’hui tout le monde est capable de constater qu’il y a quelque chose, soit en l’ayant vécu personnellement, soit en se penchant sur les dossiers expérimentaux établis depuis 150 ans.

 

Propos recueillis par Claire Manaud

 

 

De Nostradamus à Augustin Lesage

Quelques cas ou personnages évoqués dans ce livre-coffret sont célèbres : Nostradamus et ses prophéties, Lourdes et ses miracles, le Suaire de Turin… D’autres le sont moins, en tout cas pour le profane : l’incendie de Stockholm du 19 juin 1769 annoncé à 500 kilomètres de là par le savant et penseur Emmanuel Swedenborg, l’Anglaise Rosemary Brown qui révèle que les fantômes d’illustres musiciens lui rendent visite pour lui dicter de nouvelles œuvres ou encore le peintre médium Augustin Lesage qui commence à peindre en 1912 après avoir entendu des voix au fond de la mine. « A Toulouse, le musée des Abattoirs est l’un des rares à posséder une de ses toiles. » précise Yves Lignon, qui se verrait bien faire une conférence en ces lieux. L’appel est lancé…

 



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