Un court-métrage au lycée Déodat de Séverac

Thilleli*, Thilleli chérie” est un court-métrage qui s’inspire d’une histoire vraie. Celle de Yasmine, étudiante sans papier au lycée professionnel Déodat de Séverac de Toulouse qui est menacée d’expulsion. Le sujet et la mobilisation autour de cette étudiante a non seulement sensibilisé Sophie Metrich, réalisatrice en résidence artistique au lycée au moment des faits, mais l’a inspirée…

 

« Je trouvais que la meilleure façon pour que les étudiants se rendent compte d’une démarche artistique était de créer un projet avec eux, en l’occurrence un court-métrage ». explique Sophie Metrich. En résidence artistique pendant deux ans au Lycée professionnel Déodat de Séverac, dans le cadre du « dispositif projet avenir », cette jeune réalisatrice souhaitait retranscrire « une réalité de la vie lycéenne actuelle » : « C’est lors de ma première année que le cas de Yasmine a vu malheureusement le jour. Cette histoire m’a beaucoup touchée. Je voulais intégrer ce sujet, relater ce fait réel d’autant plus qu’il touchait une lycéenne de notre établissement».

En 2010, Yasmina, jeune élève au lycée toulousain Déodat-de-Séverac, d’origine algérienne, sans papier, est sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière. Enseignants, élèves, parents d’élèves et associations n’acceptent pas que Yasmina, élève de 1ère année de BTS Génie optique soit menacée de quitter la France. « L’équipe d’enseignants a été très présente pour la soutenir. Leur but était qu’elle puisse terminer ses études. L’histoire de cette étudiante algérienne et la société venaient rencontrer la vie quotidienne de l’établissement.» confie la jeune réalisatrice.

 

« 90 élèves ont participé au projet »

 

Ce film de courte durée, a pour but qu’un artiste aille à la rencontre des élèves. « J’ai tenu à impliquer ces derniers dans toutes les démarches nécessaires pour mener à bien ce court métrage. Un casting ouvert à tout le lycée a été organisé. Les étudiants motivés se sont  sentis investis dans ce projet et ont pu mieux comprendre le déroulement et le processus de création » confie Sophie Metrich. Chaque élève s’est engagé à différents niveaux pour couvrir les trois jours de tournage : « J’ai voulu en impliquer le maximum et à chaque étape de la création. J’ai écrit le scénario en collaboration avec certains des élèves. J’ai demandé à une classe de Bac pro MEI (maintenance des équipements industriels) qui travaillent dans les ateliers de construire un travelling (rails utilisés pour effectuer des mouvements latéral d‘une caméra, c’est ainsi que les scènes sont filmées, ndlr). Ces mêmes élèves ont été machinaux pour le tournage. Il y a une équipe de Bac pro qui a occupé les postes technique pour le son et la lumière. » explique la réalisatrice, satisfaite de cet échange avec les étudiants : « Si c’était à refaire, je le referais, c’est très enrichissant d’être en immersion dans un lycée, pouvoir partager le point de vue de jeunes adolescents. » Pour mener ce projet à bout : « La prochaine étape sera d’envoyer le court métrage à des festivals ».

 

25 000€

C’est le coût de revient de ce court métrage qui a reçu des subventions de la DRAC Midi-Pyrénées, de la Région Midi-Pyrénées, du Lycée Déodat de Séverac et de l’association Projections.

Elsa Nardari

* Thilleli = liberté en Kabil

 



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