Turf, de Fabien Ontoniente : A cheval sur le navet

Quatre copains et un cheval, simple équation. Réunis par leur passion du turf – les paris sur les courses de chevaux –, Le Grec, Fifi, Fortuné et Freddy décident de racheter un cheval de course, troquant leur casquette de parieur contre celle de propriétaire. Pari risqué, parcours semé d’embûches, franche camaraderie, tous les ingrédients de la comédie populaire s’entassent dans un même panier. S’entasser, c’est le mot. En combinant brochette d’acteurs français « bankable » et scénario sans surprise, le réalisateur de Camping frise l’overdose du lourdingue, sans personne pour rattraper sa chute (à cheval ?). Ni le bagou d’Edouard Baer, ni le capital sympathie d’Alain Chabat. Certes, le client n’est pas trompé sur la marchandise. Mais l’accumulation de blagues, tombant presque systématiquement à l’eau, se transforme sans détour en gêne indéfectible. Pas de l’ennui, de la gêne pour les acteurs engoncés dans leur rôle. Si bien que lorsque le spectateur se met à sourire, voire à rire, il en vient presque à s’étonner. Parfois même sans que le réalisateur n’ait pu le prévoir. Lorsque Gérard Depardieu, incarnant un riche magouilleur rentré du Qatar, s’exclame enjoué : « La France me manquait », la mise en abîme est risible, pas prévue. Un bon point pour l’exil fiscal.

 

Ariane Riou



UN COMMENTAIRE SUR Turf, de Fabien Ontoniente : A cheval sur le navet

  1. Leïla Sully dit :

    Merci beaucoup pour cette critique qui m’aura évité d’aller voir un navet ! J’hésitais à aller voir ce film mais je crois que je vais plutôt utiliser mon argent pour turfer:)

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