Trance, de Danny Boyle: Hypnose hypnotique

Une vente aux enchères peut faire basculer la vie d’un homme. Celle de ce tableau de maître va changer celle de Simon. Frappé à la tête pendant le vol de l’œuvre auquel il a participé, il perd la mémoire et donc toute idée de l’endroit où il a caché le trésor. Plongé dans les délires hypnotiques de Simon et dans le trio amoureux et malsain de Simon, Franck et Elizabeth, le film relève subtil mariage entre Inception et Les feux de l’amour. Ce qui ressemble au rêve, ce qui s’avère être mensonge, ce qui n’est que vérité, la barrière est bien mince. Et Danny Boyle réussit à tenir le spectateur en haleine en la franchissant constamment. Le réalisateur de Slumdog Millionaire a non seulement soigné l’écriture de son long-métrage, mais il a aussi misé sur ses décors. Des murs orange en plexiglas à la piscine bétonnée et inachevée, tout est angoissant. Les plans jouent sur cette angoisse, les enchaînements des séquences s’en imprègnent souvent, comme si les décors étaient les principaux visages du film. Même si James McAvoy, charme anglais et prestance incroyable au pied levé, avec son interprétation de Simon, reste quand même le très joli atout de Trance. A nous en faire perdre la mémoire.

 

Ariane Riou



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.