Toma : Une musique qui lui ressemble

Découvert avec «Les bâtisseurs de France», Toma se livre à travers son album, «Chez moi», dont la sortie est prévue en février prochain. Il assure la première partie de la tournée de Johnny Hallyday notamment lors de son passage à Toulouse au Zénith le 11 décembre. Rencontre.

 

«Toma», pourquoi «Toma» et pas Thomas ?

«Toma» avec moins de lettres, coûte moins cher pour les impressions de t-shirt ! (rires)

 

On vous a connu avec un premier album «Identité » sorti en décembre 2006, sous un style de musique «urbain». A présent vous avez opté pour de la variété folk…

J’ai évolué dans le sens artistique qui me semblait le plus intéressant : Faire de la musique qui me ressemble. Aujourd’hui, on peut penser que c’est de la variété, mais pour moi, c’est de la chanson française, un peu folk, un peu blues, un peu reggae, un peu comme moi.

 

Comment expliquez-vous ce changement radical ?

Mon premier album a sept ans. Il s’en passe des choses dans la tête d’un homme pendant tout ce temps. Ca été une vraie remise en question. Le départ de cette métamorphose fut de vouloir se « débarrasser » de ce style vestimentaire, musical, qui était devenu un « costume », une apparence, qui m’empêchait de m’exprimer au-delà de certaines frontières artistiques. Je me suis demandé pendant combien de temps j’allais être confiné à des codes et à des modes. Il fallait que je m’émancipe.

 

Vous revenez avec une formule guitare-voix. Vous avez à présent trouvé votre identité ?

Ce n’est pas seulement guitare-voix. C’est un album qui est produit avec des instrumentistes qui ont joué sur tous les morceaux. Une chanson se «tient» à partir du moment où on peut la composer seulement avec la guitare et la voix. Si on est obligé de mettre des arrangements musicaux pour que la chanson ait un intérêt, c’est qu’au départ celle-ci n’est pas assez solide. C’est pour cette raison que j’ai travaillé les titres de cet album dans un premier temps avec pour seul instrument ma guitare. C’est seulement par la suite que je suis allé vers des arrangeurs, des réalisateurs pour travailler sur une mise en musique de ces chansons.

 

Ça fait longtemps que vous «grattez» ?

Pas tant que ça. Je « gratouille » depuis toujours, mais cela fait quatre ans que je m’y suis mis sérieusement. Ca été une révélation. La guitare a complètement changé ma façon de voir la musique, de composer. Ca a modifié la perception de moi-même dans le paysage musical.

 

Votre album s’intitule « Chez moi »…

Oui, tout part de mes origines que je ne connais pas. Je suis orphelin de naissance. J’ai été accouché sous X. Je me sens terrien, humain et « banlieusard » avant tout. C’était important pour moi de parler de « tolérance ». Le refrain de la chanson « Chez moi » dit : « Il n’y a qu’à l’intérieur du cœur que j’ai trouvé mon chez moi ». Même si je ne sais pas d’où je viens, j’ai trouvé mon chez « moi ».

 

On vous connaît davantage avec votre single « Les Bâtisseurs de France », à l’écoute on sent que vous voulez passer un message…

Oui. Je veux passer un message de tendresse à l’égard de tous les gens qui sont venus il y a 50-60 ans construire ce pays et à qui aujourd’hui on remet en question leur identité. Au moment où j’ai écrit cette chanson dans laquelle je parle de toutes les cultures que j’ai rencontrées, ce débat me perturbait. Je voulais m’adresser aux premiers immigrés de France qui ont maintenant des enfants, qui ont eu même une double culture. Pour moi c’est une grande richesse. Cette chanson retrace ma philosophie de vie. Je veux qu’on pense davantage à ce qui nous rassemble plutôt qu’à ce qui nous sépare.

 

La plupart de vos textes sont engagés…

Oui, mais ils n’engagent que moi !

 

Vous y dénoncez la société actuelle…

Une chanson parle de ce sujet mais l’album n’est pas basé sur ce thème. Il est bien plus entier et complet.

 

Oui, vous parlez aussi d’amour avec la chanson « je n’aime que toi »…

Oui par le biais de cette chanson, je voulais dire que comme tout le monde, il y a des jours où on se lève et on n’aime rien. On n’a envie de rien, on n’est pas de bonne humeur mais il y a souvent quelqu’un dans notre vie, que ce soit nos enfants, notre compagnon qu’on aime envers et contre tout… Pour ma part c’est ma fille. Les jours où je n’ai pas le moral, je l’aime toujours sans conditions…

 

Il était inévitable pour vous de parler d’amitié à travers une chanson dédiée à l’un de vos amis ?

Oui, cette chanson parle de mon grand ami Ousmane. Il est un peu le «voyou » au grand cœur de ma jeunesse. Cet homme-là m’a appris des choses humainement parlant, sur la compréhension de l’être. Parfois nous sommes amenés à prendre des chemins qui ne sont pas les plus simples, on peut se tromper de direction. Mais c’est possible pour un être humain de changer. Pour quelqu’un dont le départ n’a pas été facile, on peut trouver le meilleur en lui et malgré les incarcérations, les problèmes de justice, le manque d’amour à la maison… Tout le monde a en lui une petite flamme. On a tous une petite voix en nous. Si on sait l’écouter, on est capable du meilleur…

 

Vous avez une collaboration avec Féfé…

Mon copain Féfé. J’aime cet homme, c’est quelqu’un de très chaleureux. J’aime faire de la musique avec lui, on se complète assez bien. Même si musicalement parlant on est différent, notre but est de trouver un univers artistique qui nous ressemble, qui nous représente. C’est-à-dire qui ne flatte pas une communauté plus qu’une autre mais quelque chose qui est unique et personnel.

Vous faites la première partie de Johnny Hallyday…

C’est magnifique. On joue devant des milliers de personnes qui sont d’une bienveillance surprenante. On est accueilli par les fans de Johnny qui sont géniaux. A chaque date j’ai vingt-cinq minutes pour convaincre les gens, je veux juste leur donner tout ce que j’ai et prendre du plaisir.

 

C’est Johnny Hallyday en personne qui vous a sollicité ?

Nous avons une connaissance commune. Son manager est mon producteur depuis huit ans. Ça s’est fait assez simplement. Mon producteur lui a fait écouter ce que je faisais. Lui-même et sa femme ont apprécié, vous connaissez la suite…

 

Toulouse est une superbe ville fervente de musique. Je sens que j’ai ma place là-bas.

 

Après ces concerts en première partie de Johnny, quel est votre programme ?

L’album sort en février. Et à partir de fin mars, on part en tournée.

 

Un crochet par Toulouse est prévu ?

Oui j’en rêve, j’ai des comptes à régler avec Toulouse ! (Rires) C’est une superbe ville fervente de musique, je sens que j’ai ma place là-bas.

 

Propos Recueillis par Elsa Nardari



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