Théâtre : «Le Dalaï… et moi» :Une comédie qui va faire du bruit !

Avant de s’envoler pour le Festival d’Avignon*, «Le Dalaï… et moi» fait escale au Théâtre des Minimes du 13 au 15 juin. Cette comédie écrite par Sophie Forte d’après une histoire que l’artiste a elle-même vécue, met en scène une comédienne, Claire Gérard, et Brock, un des rares bruiteurs vocaux français. Ambiance…

Brock, «Le Dalaï… et moi», est une histoire vraie vécue par Sophie Forte…

Oui. Claire, le personnage féminin, se retrouve dans la situation de beaucoup de Parisiennes, complètement stressée. C’est une fille branchée, hyper active mais sa vie est une catastrophe. Suivant les paroles du Dalaï Lama qui a dit : «Se détacher des biens matériels contribue à la quête du bonheur», elle part donc en voyage initiatique quinze jours au Ladakh, accompagnée d’un groupe assez hétéroclite. Et alors qu’elle se retrouve paumée à 3500 mètres d’altitude, il va lui arriver des tas d’aventures.

Sophie Forte ne voulait pas d’un énième One-man show pour raconter cette épopée?

Non, elle cherchait à adjoindre à la comédienne, soit un musicien, un mime, ou un chanteur. Mais notre rencontre, autant pour elle que pour son mari, Eric Bouvron, qui signe la mise en scène du spectacle, a été une révélation.

Justement, vous êtes comédien mais aussi bruiteur, ce qui contribue à rendre cette comédie originale…

Exactement. Grâce au bruitage, je donne vie à une situation. Cela permet au public d’ouvrir son imaginaire.

Quels sont ces bruitages ?

Ce sont d’abord des bruits urbains comme une sirène de midi à Paris, une ambulance… Un bébé qui braille… Une flûte de Pan au moment de proposer à Claire un voyage au Pérou…  Un harmonica… Je fais aussi l’autobus qui amène le groupe en haut d’un col pour admirer la vue, et plein d’animaux : le yak, la chouette, le Yéti…  En tout, il y en a une vingtaine sans compter les bruitages à objets.

C’est-à-dire ?

Ce sont des objets disséminés sur scène, que j’utilise pour faire des bruits inimitables à la voix, comme l’orage, le pas des chevaux…

Hormis ceux que le public pourra entendre dans ce spectacle, vous avez une centaine de bruitages à votre actif. D’où vous vient cette particularité ?

Le bruitage est en moi depuis que je suis tout gosse puisqu’à l’époque, je bruitais déjà mes jeux d’enfant. Je l’ai par la suite ajouté au jeu de comédien parce qu’en général, le bruitage génère le rire et permet de faire exister des tas de situations qui ne sont pas écrites. D’ailleurs, les metteurs en scène que je fréquente, me demandent de l’utiliser de plus en plus. C’est une particularité rare. Je crois d’ailleurs que nous ne sommes que cinq ou six bruiteurs vocaux en France.

Dans «Le Dalaï… et moi», vous faites également plusieurs voix…

Oui, la principale étant la voix intérieure du Dalaï Lama que Claire entend tout au long de son parcours. Mais je fais aussi celle de la grand-mère du guide ladakhi, celle de Jean-Claude, le guide du groupe dont elle va d’ailleurs tomber un peu amoureuse… En fait, vont se succéder des personnages muets et parlants mais en tant que bruiteur, j’utilise aussi le gromelot, un langage imaginaire. Je reproduis plus ou moins la façon de parler des Ladakhi.

Derrière le rire, cette histoire véhicule aussi un message…

Oui. Comme le dit la dernière phrase du spectacle : « Il faut parfois toute une vie pour accéder à la sagesse. Mais le désir de changement est déjà un grand pas vers ce changement». Au fil du texte, sont assénées comme ça de petites vérités, mêlées au rire.  «Le Dalaï… et moi» est une comédie avec une vraie profondeur. C’est une véritable observation de la vie. Et c’est là tout le grand talent de Sophie.

Propos recueillis par Claire Manaud

A 21h30.

*Festival d’Avignon, La luna du 6 au 31 juillet à 11h40.



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