The Call, de Brad Anderson; Quand le bigo devient barjo

« 911, je vous écoute ? » Jordan travaille dans le centre d’appel d’urgence de Los Angeles. Cette question, elle la répète machinalement tous les jours. Jusqu’à un appel. A l’autre bout du fil, une adolescente vient de se faire enlever par un tueur névrosé. Il y a certains appels téléphoniques plus haletants que d’autres. The Call en fait assurément partie. Pour le coup, le film mérite sa place dans la catégorie « thriller », souvent attribuée par défaut à des long-métrages où trois scènes de suspense mal dirigées suffisent à les y ranger. Ici, comme dans une attraction de fête foraine, le spectateur s’enfonce dans son siège, frémit et vit l’appel. Halle Berry, qui incarne l’employée du centre d’appel, est criante de vérité. Même dans les moments les plus clichés ou les plus attendus – Brad Anderson ne révolutionne pas les codes du thriller -, elle parvient à nous faire croire qu’elle ne s’y attendait pas elle-même. Pourtant, dans cette explosion de suspense, la fin laisse le spectateur sur sa faim. Complètement inattendue et à contre-courant du reste du film, elle vient presque gâcher tout ce qui a pu être construit avant. Un parti-pris gonflé pour Brad Anderson, mais qui – tout du moins lors de la représentation à laquelle j’ai assisté –, a quand même provoqué l’hilarité générale dans la salle. The Call voulait-il basculer dans la catégorie « comédie » ?

 Ariane Riou



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.