Skip The Use: « Nous sommes dans une société qui a peur de dire le fond de sa pensée. »

Skip The Use a remporté la Victoire de la Musique du meilleur album rock de l’année avec « Can Be Late », sorti en février 2012. Comme à leurs habitudes en concert, les interprètes de « Ghost », avec leur énergie débordante viendront bousculer les festivaliers du port du Bikini le samedi 25 mai. Rencontre avec Mat Bastard, le chanteur du groupe.

 

Mat Bastard, que devons-nous comprendre par le titre de votre album « Can be late » (ndlr peut-être en retard) ?

L’idée était de dire que nous pouvions être en retard sur la sortie de l’album car nous voulions prendre notre temps pour bien finaliser cet opus. Cela nous semblait important, d’autant plus à l’heure actuelle où tout va si vite. Il était nécessaire qu’on s’attarde sur certains points de la création, le timing étant souvent difficile à gérer.

 

Le fait d’avoir pris le temps nécessaire a porté ses fruits puisque cela vous a valu la récompense des Victoires de la Musique pour le meilleur album rock de l’année… Votre réaction ?

C’est une sacrée satisfaction. Nous avons été très touchés par cette récompense. Pendant des années nous avons travaillé seuls, en nous fixant des objectifs par nous-mêmes, sans équipe autour de nous. Depuis, nous avons fait notre petit bonhomme de chemin. Au fil du temps, notre équipe s’est étoffée, nous avons gagné en termes de soutien de partenaires… Cette victoire, nous a permis de nous dire que nous n’avions pas fait forcément de mauvais choix. Elle nous a confortés dans notre envie de continuer et d’avancer. Mais ça n’enlève en aucun cas le chemin qu’il nous reste à faire et nous restons plus que jamais toujours motivés.

 

Pour conclure votre discours suite au prix des Victoires de la Musique, vous avez dit « Big up à Pierre Bénichou »…

(Rires) Oui c’est vrai. Laurent Ruquier présentait la cérémonie, c’était juste pour le titiller un petit peu. Quand j’ai prononcé ces mots, j’ai eu une pensée pour Omar et Fred car dès qu’ils parlent de Laurent Ruquier, ils finissent toujours leur sketch par « Big up à Bénichou » !

 

Le fait de chanter en anglais vous ouvre les portes pour tourner à l’international…

Effectivement, nous avons déjà des dates à l’étranger. Avoir une dimension internationale, c’est quelque chose qui nous plaît. Nous ne souhaitons pas nous cantonner seulement à notre pays. Nous voulons profiter de cette expérience pour aller à la rencontre de nouvelles cultures. Chanter en anglais permet de le réaliser plus facilement. Nous avons la volonté de nous faire comprendre partout, cela permet d’élargir notre public de façon à découvrir d’autres univers, d’autres cultures.

 

Est-ce qu’éventuellement vous pensez à faire des chansons en français ?

Nous n’avons absolument rien contre le fait de chanter en français. D’ailleurs, quand je produis des albums pour d’autres artistes, j’écris souvent en français. Mais en ce qui concerne Skip the Use, ce n’est pas notre volonté à l’heure actuelle. Nous y viendrons peut-être un jour, pourquoi pas. Seulement lorsque nous le ressentirons et non pour correspondre à un cadre ou faire plaisir à des gens.

 

C’est un album assez éclectique, vous proposez différents styles de musique…

Tout à fait. Quand j’écris un texte, c’est parce que quelque chose m’interpelle, me touche. Chaque chanson reflète différentes humeurs, plusieurs ambiances. Cela me paraissait une évidence qu’il y ait différents styles de musique. Mais nous ne sommes pas toujours dans le même état d’esprit, c’est donc un album qu’il faut prendre dans sa globalité. Chaque chanson peut paraître singulière, mais finalement, elles ont un lien.

 

Effectivement vous traitez de divers sujets, vous pouvez autant parler de Dieu, que d’écologie…

Oui parce que ce qui nous inspire, c’est la vie. Nous sommes curieux de tout et avons la volonté comme je vous l’ai dit, de nous ouvrir un peu plus à ce qu’il se passe, aux gens… Si nous voulons vraiment faire un disque qui parle de la vie, nous sommes obligés de parler de tout !

 

Vous n’avez tout de même pas la langue dans votre poche… Lorsque dans « Fallin’ » par exemple, vous racontez le parcours d’un homme qui a tout perdu pour avoir confondu politique, pouvoir et violence… 

Oui ! Parfois il faut savoir rester serein, mais également dire les choses posément sans langue de bois ! Nous sommes dans une société qui a souvent peur de dire le fond de sa pensée malheureusement. Il faut réussir à dépasser ce stade, être clair dans ses propos. C’est ce qui nous sauvera tous, je pense.

 

Quelle est votre recette pour faire une bonne chanson ?

Nous essayons d’être sincères dans ce que nous faisons puis d’aller au bout des choses. Je ne sais pas si c’est la recette pour faire de bonne chanson mais en tout cas c’est notre façon à nous de voir la musique.

 

Sur scène vous dégagez une énergie débordante, où la puisez-vous ?

Pour nous c’est un vrai bonheur et une vraie chance de pouvoir exercer ce métier. Nous sommes très heureux quand nous sommes sur scène alors nous le montrons !

 

A quoi pouvons-nous nous attendre en venant vous voir ?

Nous faisons des concerts assez interactifs. Nous essayons de donner une vraie place aux spectateurs pour qu’au final le concert soit quelque chose que le groupe et le public construisent ensemble. Dans ce cas-là, nous pouvons nous attendre à tout puisque tout le monde est invité !

 

Lors de votre passage à Toulouse le 25 mai à l’occasion du festival « Le Weekend des Curiosités », comment va se dérouler votre set ?

(Réflexion) Je ne sais pas encore ! (Rires) C’est le genre de choses que l’on voit pratiquement au dernier moment. En tout cas, nous sommes très heureux de revenir à Toulouse. C’est une ville que nous aimons beaucoup. Nous savons par avance que nous allons passer un bon moment !

Propos recueillis par Elsa Nardari



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