Sidilarsen, metal conscient

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© Lionel Pesque

Parfois oublié dans la liste des groupes toulousains qui comptent, Sidilarsen s’apprête à faire chavirer le Metronum pour présenter son sixième album. L’occasion de revenir sur le parcours de cette formation emblématique.

À l’époque où l’on a vu apparaître le nom de Sidilarsen sur les affiches de concerts à Toulouse, les téléphones portables ne servaient encore qu’à téléphoner. Se louer un DVD au vidéoclub était même une activité prisée du dimanche soir. C’est dire à quel point, pour toute une génération de Toulousains, le groupe fait partie du paysage musical. Cela fait presque 20 ans que cette formation ariégeo-toulousaine écume les scènes de France et d’Europe avec un son puissant et unique, au croisement du rock, du métal et de l’électro. Une longévité rare qui trouve son origine dès la création du groupe selon son chanteur David Cancel, alias Didou : « C’est avant tout une histoire d’amitié qui remonte à l’enfance. Notre singularité vient du fait que c’est l’envie d’une aventure collective qui a primé avant même le goût pour la musique. C’est d’ailleurs le théâtre qui nous a ouvert au domaine artistique. On était une bande de potes qui avait envie de rêver. » L’identité du groupe prend ses racines en Ariège, « un territoire coupé du monde mais où il y avait beaucoup de free parties. »

«Il y a une sorte de parallèle entre la vie du groupe et l’état du monde»

Sidilarsen peaufine alors un mélange de rock et de metal et invite dès le début les machines électro dans la conception des chansons, quitte à dérouter les puristes. Le résultat est brut, puissant et terriblement dansant mais l’ascension n’est pas fulgurante. Première maquette en main, le groupe démarche lui-même les disquaires et se fait repérer petit à petit avant de s’installer à Toulouse. Le premier album, “Biotop” ne voit le jour qu’en 2003 mais confère à Sidilarsen une dimension nationale. Sur la scène rock metal française, la formation se distingue par son originalité ainsi que par ses textes. L’étiquette de groupe engagé est vite collée. « On l’assume mais on ne veut pas être résumés à cela. Nous avons parfois des coups de sang pour lesquels on se sent obligés de réagir mais sans jamais donner de leçons », assure Didou. Surtout, Sidilarsen met en conformité ses paroles et ses actes via des opérations comme “Retourner la France”  pour inciter les jeunes à voter aux élections locales. En 2011, en plein débat sur le téléchargement illégal, le groupe s’est également lancé dans une campagne de distribution alternative en allant à la rencontre du public pour expliquer leur travail et le coût d’un album.

Et le dernier opus, sorti en avril dernier, n’échappe pas à la règle. Conçu dans une forme d’urgence, “Dancefloor Bastards” évoque le terrorisme, les réfugiés et les murs dressés en Europe pour les refouler. « Il y a une sorte de parallèle entre la vie du groupe et l’état du monde. On approche tous de la quarantaine et on a cette impression d’arriver à un virage décisif. Quelle direction allons-nous prendre ? » s’interroge le chanteur. Malgré les thèmes peu réjouissants, la musique conçue spécifiquement pour le live, n’a, elle, jamais été aussi efficace. «On veut crier plus fort que tous ces déclinistes réactionnaires qu’on entend partout et rebondir en partageant des moments forts avec le public. » Une chose est sûre, au-delà des doutes et des périodes de lassitude qui ont jalonné son parcours, Sidilarsen a su une nouvelle fois se réinventer.

 


Un concert “à la maison”

Le concert du Metronum sera l’occasion de découvrir le nouveau show de Sidiliarsen avec un univers graphique plus renforcé. « Jouer à la maison est toujours un moment particulier mais on l’aborde comme les autres concerts. Sinon, c’est le meilleur moyen de se planter », assure David Cancel. En outre, le groupe prépare déjà pour l’année prochaine un grand événement pour fêter ses 20 ans au Bikini avec de belles surprises en perspective.

www.sidilarsen.fr



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