Rok’in Ramier’s squat

Plus connu sous le nom du groupe «Assassin», «Rokin’Squat» alias Mathias Cassel revient sur les routes de France pour une série de treize dates. Accompagné d’excellents musiciens sur scène tels que Cheick Tidiane Seck et Marque Gilmore où il revisitera les anciens morceaux du groupe «Assassin», ainsi que ses albums solos avec des arrangements de style jazzy, soul surprenants. Rencontre avec cet artiste qui fera une halte au Ramier de Toulouse le 11 octobre prochain.

Mathias Cassel, vous avez derrière vous vingt-sept ans de carrière. Quel bilan faites-vous sur ces années de scène ?

On a grandi ! (Rires) Ayant commencé très jeune, j’ai eu un parcours assez enrichissant. Et le fait d’avoir évolué dans la musique, d’avoir pris des directions surprenantes, m’a appris beaucoup de choses. Mais je dirais aussi que la manière dont j’ai développé «Assassin», m’a permis de rentrer dans de nombreux domaines que je n’ai pas approfondis à l’école parce qu’elle ne m’a pas motivé à le faire.

Quels genres de domaines ?

L’astronomie, l’histoire, géopolitique et l’écologie.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre musique ?

Concrètement, je ne porte pas de jugement sur ce que je fais. Je suis tellement dans le moment présent que ce n’est pas à moi d’en juger. Ce que je sais en revanche, c’est que je m’épanouis chaque jour un peu plus. Comme je vous le disais, j’ai grandi en tant que personne. Grâce à la musique, j’ai pu trouver un équilibre dans ma vie.

Vous avez plusieurs cordes à votre arc. Vous êtes rappeur, réalisateur et producteur. Que pensez-vous du hip hop d’aujourd’hui ?

Je considère toujours le hip-hop d’un point de vue planétaire. Pour moi, c’est une musique universelle alors je ne m’arrête pas au hip-hop français. C’est un mouvement musical qui remplit et continue à remplir son rôle. Il reste un espoir pour les quartiers les plus défavorisés du monde. C’est une culture qui a pénétré de nombreuses classes sociales, de religions et d’environnements différents. Il a permis à des êtres très talentueux de s’exprimer dans des domaines où à la base, on ne les attendait pas. Pour ma part, quand je prends du recul, je constate que l’évolution du hip-hop en quarante ans d’existence, est très positive.

Vous venez de sortir votre nouvel album «Illegal mixtapes3». Qu’a-t-il de différent des deux premiers ?

Comme son nom l’indique, ce sont des «mixtapes»- une compilation de chansons -, ce n’est donc pas un album pour moi. Mon dernier vrai album est «la trilogie» qui s’appelle «confession d’un enfant du siècle». Ce sont des vrais disques pensés comme tels avec un vrai travail de production, d’arrangements, et de thématiques. «Illegal mixtapes» est plus un terrain de jeu où j’écris des morceaux très rapidement. Je me permets d’expérimenter et de développer des choses que je ne ferais pas dans mes albums. C’est un peu une mise en bouche entre les albums.

Vous serez en tournée en France pour treize dates. A quoi pouvons-nous nous attendre ?

Sur scène, il y aura huit musiciens. Il n’y a pas de platines, tout sera interprété en live. Des morceaux d’«Assassin» et de mes albums solos seront par contre complétement réarrangés. Des arrangements du style jazzy, soul mais ça peut aussi partir en «afro», en musique brésilienne. J’ai la chance d’avoir des musiciens très talentueux qui m’ont suivi sur ce projet comme Cheick Tidiane Seck et Marque Gilmore pour les deux principaux. Ces personnes ont accompagné des artistes comme Stevie Wonder, Hank Jones, Joe Zawinul, Amadou & Mariam, Livin Colour, Dee Dee Bridgewater ou encore Carlos Santana. Ce sont vraiment deux poids lourds.

Pourquoi revisiter ces anciennes chansons ?

J’ai l’occasion de collaborer avec des gens talentueux. Pour moi, c’est toujours très rafraîchissant de revisiter ses propres «morceaux». Je suis content et impatient de partager ces moments avec le public.

Quels sont vos autres projets ?

Tout d’abord, amener cette tournée à bout. Cela donne beaucoup de travail car nous produisons tout. C’est ma structure qui fait que cette tournée existe. Après je prévois un prochain album solo pour novembre 2013. Je travaille assidument dessus. Je prends mon temps pour essayer de faire quelque chose de bien…

Propos recueillis par Elsa Nardari



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