Ce qu’il ne faut pas rater à Rio Loco

PATCHWORK. Il y a les aficionados de Rio Loco qui ne rateront pas une minute de concert. Pour les autres, le JT a sélectionné, parmi les sonorités venues de l’océan Indien, un échantillon caractéristique du savoir-faire du festival. 

Rio Loco
©Percy_YipTong

Danyèl Waro, le père spirituel

Cette année, contrairement aux précédentes, le festival n’accueille peut-être pas de grande star mondiale, mais cette édition consacrée à l’océan Indien n’aurait clairement pas pu se priver de la présence de l’emblématique Danyèl Waro. Poète, fabricant d’instruments et militant engagé pour la cause créole, il a œuvré dans les années 1970 au retour en grâce du maloya, emblème musical de la Réunion, issu des chants d’esclaves et jusqu’alors interdit. Il sera accompagné, en bord de Garonne, de Carlo de Sacco, leader du groupe Grèn Sémé, autre figure du maloya novateur et engagé.

Jeudi 15 juin, 21h15, scène Pont-Neuf

Skip & Die vs Lindigo, les trublions

Si Danyel Waro est le père, alors le groupe Lindigo abrite certainement les enfants agités. Ceux qui ont su respecter la tradition tout en la bousculant, emmenant le maloya vers des contrées inexplorées, pleines de groove et hautement festives. Et comme Rio Loco n’aime rien de plus que les projets musicaux, le spectacle présenté ici est une création exceptionnelle issue de la rencontre avec le duo Skip&Die, spécialisé dans l’électro cosmopolite et tropicale. La fusion de ces deux univers fera à coup sûr des étincelles.

Jeudi 15 juin, 23h, scène Pont-Neuf

Christine Salem, la rebelle

En perspective, le moment le plus intense de cette édition, tant la voix puissante et la rage de Christine Salem a de quoi envoûter les spectateurs. La coupe afro et le poing levé, elle prône un maloya libre, basé sur des percussions lourdes et lorgnant allègrement vers le blues. Son chant viscéral débouche souvent vers la transe. Il y est question des racines du maloya, mais aussi des difficultés sociales actuelles de la Réunion. Un concert idéal pour saisir la portée politique d’une musique et d’une culture en général.

Vendredi 16 juin, 20h, scène village

 

Koool Kreol Konektion, les monstres du séga

Rio Loco, ce n’est pas seulement une suite de concerts, mais la découverte de véritables cultures. Koool Kreol Konektion vous présente donc le séga, musique phare de l’île Maurice, reconnue comme Patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO depuis 2014. Nos guides du soir ? Une dream team du genre, réunie pour la première fois en 2016 à l’occasion d’une compilation rendant hommage à l’âge d’or du séga, empreint de soul et de funk des années 1970. Composée de huit musiciens, c’est la première fois que cette sélection d’ambassadeurs se produit hors Maurice.

Samedi 17 juin, 21h15, scène Pont-Neuf

The Dizzy Brains, les rockers

Ah Madagascar ! Sa musique folklorique et ses rythmes exotiques… Eh bien non ! Voilà du bon rock garage, crasseux et talentueux à la fois. Histoire de casser les clichés. Et de montrer, comme le festival en a l’habitude, que la musique est sans frontière et que la diversité musicale existe partout dans le monde. Pour autant, ces jeunes malgaches chantent avec rage leur propre réalité, celle de l’un des pays les plus pauvres et les plus corrompus de la planète.

Samedi 17 juin, 23h30, scène village


Infos pratiques

Du 15 au 18 juin, Prairie des Filtres. Tarifs : 3 à 25 €. www.rio-loco.org

Rio Loco, un festival écoloco

Engagé dans une démarche globale écoresponsable, Rio Loco accueille une nouvelle fois les ateliers de la Glanerie, la ressourcerie de Toulouse. Cette année, le stand se met aux couleurs du thème de l’océan Indien et propose de venir créer quelques objets traditionnels à partir de récupération. Un atelier collectif de décoration sera également mis en place les trois premières soirées en vue de préparer une course de pneus dimanche.



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