Quand le street-art s’affiche en très grand

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©NicolasGzeley

DE LA BOMBE. Du 29 septembre au 9 octobre, l’exposition Mister Freeze met à l’honneur une trentaine de graffeurs dans deux lieux de la Ville rose. 13 jours pour admirer des œuvres monumentales.

Par Delphine Tayac

De l’extérieur, le grand hangar de l’Espace Cobalt a des allures de studio de cinéma. Cet ancien bâtiment industriel réhabilité en 2014 dans le quartier de Montaudran est en fait une immense galerie dédiée au street art. Dès ce soir, les Toulousains vont pouvoir découvrir des dizaines d’œuvres de plusieurs mètres d’envergure. 32 artistes internationaux ont investi le lieu depuis 15 jours à l’invitation de l’association Faute o graff. Avec, à leur disposition, des centaines de mètres carrés de murs vierges pour laisser s’exprimer leur créativité.

Pour cette nouvelle édition, l’exposition Mister Freeze prend le pari de faire découvrir la grande palette de techniques et d’expression de ce mouvement artistique. « Il y aura aussi bien de la calligraphie, que des œuvres misant davantage sur des personnages récurrents comme celles de Jace ou encore des sculptures avec le travail de WOW123 », détaille Reso, lui-même graffeur et directeur artistique à l’association Faute o graff. L’espace Cobalt mettra en avant des créateurs déjà invités lors des éditions précédentes.

« Avec ce lieu secret, nous voulons rester dans la démarche qui fait l’essence-même du graffiti »

La nouveauté cette année, c’est la création d’un off. Des graffeurs encore jamais venus ont investi les anciens hangars de Latécoère. Un terrain de jeu de 8000 m². Une façon pour les organisateurs de proposer un espace d’expression le plus vaste possible mais aussi de surprendre les Toulousains. « Le street artiste est toujours en quête d’endroits inattendus, explique Reso. Nous voulons rester dans cette démarche qui fait l’essence même du graffiti. Notre souhait est aussi de pousser les visiteurs à chercher avec leur appareil photo des œuvres là où on ne s’attend pas à en trouver et où elles ont aussi vocation à disparaître. »

Qu’ils soient mondialement reconnus ou émergents, les 32 artistes exposés sont tous des coups de cœur de Reso. On croisera notamment les œuvres en pixels de KAN, les détournements d’objets de notre quotidien d’ARDPG, les drôles d’oiseaux et l’univers tropical de Missy ou encore les Toulousains Mademoiselle Kat et Korail. Tous ont pour point commun de proposer une œuvre unique et monumentale pour l’occasion. L’exposition est une vitrine pour eux, des œuvres d’art seront d’ailleurs en vente.

Avec Mister Freeze, les bénévoles de Faute o graff, l’association atelier 50cinq et la société Espace Cobalt voient aussi plus loin. Ils veulent refaire de Toulouse l’épicentre de l’art urbain. « Dans les années 1990, la ville était réputée pour ses graffitis. Entre temps, ce patrimoine a été perdu », regrette Reso. « L’atelier 50cinq a notamment été créé pour redonner de la visibilité à cet art. Il y a aussi des événements comme Rose Béton qui ont permis d’exposer des fresques dans des lieux emblématiques de Toulouse. Et la mairie soutient aussi la discipline en mettant à disposition de grands espaces d’expression. Heureusement, les choses bougent », se réjouit Reso.


 

Les gouzous envahissent la ville

Les petits personnages orange et sans visages, baptisés les gouzous, font le tour du monde. Jace, leur créateur, un artiste réunionnais, mondialement reconnu, est mis à l’honneur tout le mois d’octobre. En parallèle de l’exposition Mister Freeze, le Musée de l’affiche lui donne carte blanche pour détourner des affiches de ses collections. Elles seront exposées à l’Espace Cobalt du 1er au 8 octobre. Jace détournera aussi le mobilier urbain en clôture du festival et peindra en direct sur les panneaux de libre expression disséminés dans Toulouse du 19 octobre au 2 novembre.

Gratuit, du 29 septembre au 9 octobre

Off de l’exposition ouvert samedi 1er, dimanche 2 octobre et samedi 8 de 11h à 18h.

 



UN COMMENTAIRE SUR Quand le street-art s’affiche en très grand

  1. connaisseur dit :

    L’évent a le mérite d’exister, et c’est une bonne chose mais ne nous voilons pas la face.Car quand je lis “street art et Graffiti “dans la même phrase, j’ai du mal a comprendre pourquoi des artistes issus du milieu Graffiti utilise ce mélange de mot et de genre, alors que les deux n’ont vraiment rien a voir.
    Street art mot repris par les médias ressemblant a un fourre tout médiocre.Sinon, inviter des artistes étrangers c’est chouette, mais quel dommage ne pas voir l’ancienne scène de Graffiti Toulousaine bien plus importante que ceux que ce genre d’event laisse entrevoir.Pas un seul Toulousain sur les façades du Rose béton a part les directeurs artistiques eux mêmes Réso et Mondé, ou est Toulouse?(Conflit d’intérêt??)
    Quand a la Mairie peut on parler de vrai soutient, quand les appels d’offres sont déjà validé plusieurs mois a l’avance avec des préférences pour certains artistes(Rose béton-Mur stadium) plus que des préférences artistiques cela est juste une démarche politique dirigée par une pseudo jeune avocate tout droit sortie de l’école sans aucunes expériences dans ce domaine, pour ce faire un petit nom…

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