Quand la jeunesse tutoie le talent

©Antoine Rozes

Le 20 février dernier, la librairie L’autre Rive (quartier Saint-Cyprien) recevait Cécile Coulon pour évoquer son dernier roman Le cœur du Pélican, disponible depuis le 15 janvier aux éditions Vivianne Hamy et véritable succès de ce début d’année. Rencontre avec une auteure qui a le temps et le talent pour elle.

 

Dire que le dernier ouvrage de Cécile est un succès est un doux euphémisme : plébiscité, entre autres, par Les Inrocks, le Grand Journal ainsi que de nombreux autres, l’opus rencontre un succès certain. L’histoire est celle d’un adolescent auquel on diagnostic qu’il ne pourra plus jamais pratiquer le sport qu’il aime, la marche à pieds, et qui décide malgré tout vingt ans plus tard d’effectuer son come-back. Aborder le thème du sport dans la littérature n’est pas chose commune. Pourtant c’est un thème que Cécile voulait aborder depuis longtemps, elle qui rédige en parallèle de ses romans, une thèse sur la littérature et le sport. On y découvre une œuvre basée avant tout sur l’humain, la performance, le don de soi et l’importance d’aller au bout de ses rêves.

 

« Le monde ne comprendra jamais que les grands hommes ne sont pas ceux qui gagnent, mais ceux qui n’abandonnent pas quand ils ont perdu »

 

Lorsqu’on discute et qu’on écoute Cécile Coulon parler de son livre et de sa vision du monde, se dégagent deux éléments. À la fois la sincérité qu’elle témoigne, dans ses propos et dans son œuvre. Comme elle le dit elle même, elle ne prend pas le lecteur par la main : « J’aime croire que le lecteur a encore un certain contrôle dans sa lecture, je laisse souvent la porte ouverte ». La seconde idée qui se dégage, et non des moindre, c’est la maturité qui émane de cette jeune auteure. À 25 ans, elle vient de publier son quatrième roman chez Viviane Hamy (!) qu’elle concède avoir écrit en quelques mois seulement : « Lorsque je débute la rédaction, l’histoire est déjà quasi intégralement dans mon esprit. Pour moi écrire un livre n’est ni une contrainte ni un sacerdoce. Je n’aime pas prendre trop de temps pour l’écrire et je ne prends jamais de note lorsqu’une idée me vient. J’aime à penser que si l’idée est réellement bonne, ma mémoire saura la retenir et me la restituer »

 

Outre ses romans et sa thèse, Cécile trouve également le temps d’écrire un autre ouvrage qu’elle nous présenta ce soir là, aux éditions du Seuil : Les grandes villes n’existent pas. Un livre qui n’est « ni un roman, ni un essai, ni un conte, ni un documentaire, pas même un témoignage, mais un regard. » Un regard pour en finir avec les préjugés sur les petites communes et les réflexions condescendantes toujours plus nombreuses des habitants des grandes agglomérations. Elle-même venant d’une commune près de Clermont-Ferrand, elle connaît bien ce phénomène et le décrit avec justesse : le fait d’avoir entendu des centaines de fois que la région était belle à voir mais qu’il devait être imbuvable d’y habiter ou d’y être adolescent. Un rapport hiérarchico-géographique qu’elle dénonce non sans un certain humour : « Moi j’ai découvert H&M quand j’avais 18 ans, quand je dis ça à des Parisiens ils sont estomaqués. Et inversement j’ai vu des Parisiens débarquer en province qui n’avaient jamais vu une vache de toute leur vie ». Une analyse délicieuse qui ne peut laisser indifférent et qui amène un regard inédit sur ce phénomène souvent méprisé. Avec toute cette actualité, la seule chose que l’on peut souhaiter à Cécile c’est de continuer d’écrire de cette façon durant de nombreuses années.

 

Infos pratiques :

- Le cœur du Pélican – Cécile Coulon. Éditions Viviane Hamy. 240 pages, 18€.

- Les grandes villes n’existent pas – Cécile Coulon. Éditions du Seuil. 100 pages, 7,90€.

- Librairie L’autre Rive, 24 avenue Etienne Billières, 31300 Toulouse

 



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