Quai d’Orsay, de Bertrand Tavernier: Carrure de ministre

Arthur enfile son costume et ses chaussures pleines de boue à la manière d’Anne Hathaway dans « Le diable s’habille en Prada ». Tout stressé, le jeune diplômé de l’ENA arrive au Quai d’Orsay, et rencontre son nouveau patron, Alexandre Taillard de Vorms, grand, charismatique et accessoirement ministre des Affaires étrangères (accessoirement inspiré de Dominique de Villepin).

Nom à rallonge mais personnage incroyable, campé par Thierry Lhermitte. Névrosé du stabilo, claqueur de porte invétéré, l’acteur de la troupe du Splendid est impeccable. Un ministre dans toute sa complexité et son instabilité. Et même s’il est entouré d’acteurs brillants (Niels Arestrup, Raphaël Personnaz), c’est lui qui porte cette comédie à bout de bras. Car même si le film dépeint les méandres d’un ministère et la cruauté du monde politique, c’est sans contexte d’une comédie qu’il s’agit. Les clins d’oeil à la bande-dessinée éponyme récompensée au dernier festival d’Angoulême sont assez réussis. De gros plans saccadés, un écran divisé, la BD au ciné ça fonctionne. À noter que Bruno Lemaire, ancien ministre de l’Agriculture y fait une rapide apparition, incarnant son propre rôle. Ministériellement vôtre !

 

Ariane Riou



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