Popeck « Il faut être taré pour faire encore ce que je fais à mon âge ! »

Popeck sera de passage dans la ville rose du 4 au 6 octobre prochains à la Comédie de Toulouse pour son spectacle « C’est la dernière fois ! » Après plus de quatre décennies de carrière, l’artiste est resté fidèle à son personnage tant dans l’allure avec son costume trois-pièces et son chapeau melon que dans ses sketches. Rencontre en toute simplicité.

 

Popeck, cela fait déjà 45 ans que vous vivez de la scène…

Oui déjà. Cela veut dire que je ne suis plus tout jeune (Rires) ! J’ai fidélisé un public par la scène car je suis toujours resté le même. J’ai toujours mon chapeau, ma redingote et mon nœud papillon qui eux non plus n’ont pas changé.

 

D’après vous, qu’est-ce qui fait votre longévité dans le métier ?

Aznavour disait : « quand j’arrive le matin je pense chanson. Quand je m’endors le soir je pense chanson. » Cela fonctionne pour moi aussi. Je n’ai qu’une passion, c’est la scène. J’ai raté une carrière au cinéma pour ça. Et puis j’ai aussi une bonne santé.

 

Mais vous avez tout de même un secret pour être aussi bien reçu par les différentes générations qui composent votre public…

Je ne sais pas. Il faut qu’on me dise pourquoi je suis complet chaque fois que j’écris des spectacles. Il faut croire que les gens sont contents dans le cas contraire, ils ne reviendraient pas ! En revanche, je sais une chose : je surprends tout le temps. Je fais rire toutes les 3-4 secondes. Vous vous rendez compte sur 1h30 ! Je raconte une tranche de vie, ce n’est pas des copier-coller de ce que je peux voir à la télé ou ailleurs. Au travers de mes spectacles, il y a mes colères, mes différents sentiments et je pense que ça touche le cœur de chacun. Tout cela, je ne le fais pas en parlant de « mon cul sur la commode » ou encore en employant les mots tels que « couille, cul et bite ».

 

Pourtant votre personnage Popeck est un vrai paradoxe avec la personne que vous êtes vraiment…

C’est vrai. Pour vous citer un exemple : dans mes sketches, ma femme en prend pour son grade. C’est incroyable comme je suis misogyne, alors qu’à côté, j’ai toute l’affection des femmes. Ca aussi, c’est un paradoxe ! C’est peut-être ça que les gens aiment. En réalité, je vis un vrai bonheur avec ma femme depuis 44 ans. D’ailleurs si elle ne fait pas son âge, c’est parce que j’en prends soin comme une fleur. Je l’arrose tous les matins ! (Rires)

 

Il n’y a que ce sketch qui vous différencie de Popeck ?

Non, il y en a d’autres. Notamment sur le fait que je ne sois pas intéressé par l’argent malgré ce que l’on pourrait croire. Je ne suis pas un « businessman ». Dès que je commence à me lancer dans les « affaires », je me fais toujours avoir ! A présent, tous les humoristes sont des producteurs. Pas moi. Je suis toujours salarié de mon producteur.

 

Vous ne vous ménagez pas pendant votre spectacle…

C’est vrai, je mène mon dernier spectacle à 100 à l’heure. Mais le show n’est pas un exercice évident, il faut du souffle, il faut péter le feu ! Je rendais hommage à Mickaël Jackson avec le moonwalk mais à présent je ne peux plus le faire, je me suis fait opérer du ménisque et mon médecin m’a conseillé d’arrêter. C’est dommage car ce mouvement je savais le faire comme pas deux ! (rires) Par contre je donne un cours de golf au public et tenez-vous bien, j’envoie une balle dans la salle… en général je ne touche personne.

 

Que faites-vous pour avoir les conditions physiques nécessaires ?

Je fais du sport tous les jours, en salle ou chez moi. Même quand je regarde la télévision, je ne suis pas confortablement assis sur mon canapé mais sur un vélo. Je fais également des exercices vocaux. Je travaille mes textes comme un malade. Evidemment quand j’arrive sur la scène, c’est comme Nadal au tennis, quand on a les bases au départ et que l’on travaille plus que les autres, forcément on est fort !

 

« J’ai eu la chance d’avoir plusieurs vies. »

 

Avez-vous un regret concernant votre carrière ?

Je suis un fils d’ouvrier, alors ce qui m’est arrivé est inespéré. J’ai toujours fait de la scène, c’est un réel bonheur de vivre de sa passion encore à mon âge (77 ans, ndlr). Néanmoins, j’aurais préféré réussir une carrière de comédien, comme je vous le disais. J’ai eu la chance d’avoir plusieurs vies. Et par rapport à mes spectacles, j’ai toujours écrit mes textes et fait ma mise en scène. Malheureusement mes idées ne me viennent plus à présent. Je regrette lorsque j’étais plus jeune de ne pas avoir créé davantage.

 

Vous avez plusieurs cordes à votre arc. De votre carrière quel est votre meilleur souvenir ?

C’est d’avoir pu tourner dans Rabbi Jacob aux côtés de Louis de Funès. Cela a été un vrai plaisir d’avoir pu approcher cet homme pendant deux mois.

 

Votre spectacle « C’est la dernière fois ! » porte-t-il bien son nom ? C’est vraiment la der des ders ?

(Réflexion) Souvent j’y pense. Si mon producteur ne me dit pas « stop, j’arrête », peut-être que je n’arrêterai pas de mon plein gré. Après, tant que la santé sera là, je continuerai sûrement…

 

Propos recueillis par Elsa Nardari



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