Paul Dewandre: Hommes et femmes, vivent-ils vraiment sur deux planètes différentes ?

Mars&Venus Paul Dewandre

Paul Dewandre a animé pendant dix ans des conférences sur le thème du «couple». Le voilà sur scène dans le rôle d’un professeur qui décode la logique que l’on dit «masculine» et celle dite «féminine». L’artiste sera au Casino Théâtre Barrière les 30 et 31 mars dans la comédie «Les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus». Rencontre.

Paul Dewandre, pourquoi vous intéressez-vous autant aux relations hommes/femmes ?

C’est un sujet qui me touche beaucoup, en raison de mon histoire personnelle. J’ai été élevé principalement par ma mère et mes trois grandes sœurs, dans un environnement très féminin. Cela m’a toujours interpellé. Quand mes parents se sont séparés, c’était au début des années 60, et cela ne se faisait pas beaucoup à cette époque-là. C’est une situation qui a marqué ma jeunesse et ma vie en général.

D’où vous est venue l’idée du spectacle ?

Il y a plus de quinze ans, j’ai assisté à une conférence de l’auteur du livre éponyme de John Gray. J’ai aimé ce que j’ai entendu et de fil en aiguille, j’ai créé des thèmes de communication que j’ai animés en séminaires avec des hommes et des femmes pendant une dizaine d’années. J’ai eu l’idée d’en faire un spectacle pour toucher le public de manière drôle et ludique en mettant une petite pointe de pédagogie, assez spécifique à ce spectacle.

Comment avez-vous eu l’idée d’adapter le livre de John Gray au théâtre ?

Je suis plutôt parti de mon expérience personnelle, de ma vie avec ma femme, mes enfants et pas tellement du livre. Je trouvais que c’était une bonne manière de diffuser le message. Souvent on représente la vie de couple comme une contrainte. Or le couple n’a pas que des aspects négatifs : la vie à deux est aussi faite de liberté, d’amour… Ce sont des messages positifs que j’ai envie de faire passer.

«Je me sens à ma place dans ce rôle.»

L’idée phare de ce spectacle est la différence entre les hommes et les femmes…

Oui. On est en présence de deux logiques qui ne se comprennent pas toujours. Les femmes par exemple, sont frustrées ne sachant pas pourquoi leurs maris ne leur disent pas bonjour quand ils rentrent à la maison, parce qu’ils préfèrent consulter leurs mails ou caresser leur chien… Ce sont toutes ses petites frustrations du quotidien, des gestes qui restent incompréhensibles que j’ai voulu faire ressortir, décoder.

Vous y incarnez un professeur. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce rôle ?

C’est précisément cette petite partie pédagogie que j’ai connue lorsque j’animais ces séminaires et ces conférences. Le principe reste le même sauf qu’ici, il y a un peu plus d’humour. J’explique au début du spectacle que mes parents se sont séparés à ma naissance alors que jusqu’à l’âge de 13 ans, je pensais qu’ils étaient toujours ensemble. Ma mère me disait que papa travaillait trop loin et qu’il ne pouvait pas rentrer tous les soirs à la maison. En fait, je me sens à ma place dans ce rôle. Je me dis que si je peux aider certains couples à vivre un peu plus heureux, cela aidera sûrement leurs enfants à être dans un environnement plus serein que celui que j’ai pu vivre durant mon enfance.

Continuez-vous à animer des séminaires ?

Non plus maintenant. Le spectacle a pris beaucoup d’ampleur et je m’y concentre pleinement.

D’après vous, les hommes et les femmes vivent vraiment sur deux planètes différentes ?

Je pense qu’il y a vraiment deux logiques différentes. Il y a la logique que l’on dit «masculine» et la logique que l’on décrit comme «féminine». L’idée n’est pas de dire qu’hommes et femmes se comportent de la même manière. C’est plutôt de décrire des situations dans lesquelles beaucoup de gens se retrouvent et d’amener ce décodeur pour mieux comprendre. En réalité, à la fin du spectacle il faut devenir «bilingue». La beauté dans la relation, c’est pourvoir jongler avec ces côtés masculin et féminin qui sont en nous.

Estimez-vous apporter des solutions ?

En réalité, j’amène plus d’idées que de réponses. Je n’ai pas de recette miracle pour mieux vivre ensemble, mais quelques petites réflexions permettent quand même aux gens d’aborder des sujets auxquels ils n’auraient pas pensé. J’amène ces petits mots, ces «codes», des choses qui peuvent les aider au quotidien.

Plus de 1000 représentations !

Si vous n’aviez qu’un seul conseil à donner aux couples, quel serait-il ?

Hmm… (Rires) De venir voir le spectacle ! C’est important d’apprendre qu’une femme se sent avant tout aimée quand elle reçoit des petites attentions et de la compréhension alors qu’un homme se sent aimé quand il reçoit de l’appréciation et de la confiance. Si on peut comprendre ces deux logiques-là, je pense qu’on peut s’éviter beaucoup de conflits et de frustration et gagner beaucoup d’amour.

Vous avez dépassé les mille représentations. Qu’est-ce qui fait selon vous le succès de cette pièce ?

Je pense que c’est justement ce petit côté pédagogique qui permet aux gens de passer non seulement une belle soirée, mais également de prendre conscience qu’il suffirait parfois de changer un peu de notre quotidien pour mieux se comprendre. Dans de nombreux spectacles, on rit pendant des heures, on s’amuse bien mais le lendemain, il n’en reste rien. On a juste passé un excellent moment. Cette pièce, elle, marque les esprits. Quelquefois, il m’arrive de rencontrer des gens qui ont vu la pièce et qui me disent qu’elle leur a servi dans leur couple. Ce n’est pas seulement une comédie, c’est beaucoup plus profond.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la 2000ième représentation ?

D’être encore là si les spectateurs sont toujours au rendez-vous !

Quels sont vos futurs projets ?

Pour le moment, je suis vraiment dans le partage de ce spectacle. Je vis l’instant présent.

Propos recueillis

par Elsa Nardari

 



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