Pascal Légitimus au Casino Théâtre Barrière «Un spectacle qui touche»

Pascal Légitimus revient sur scène pour notre plus grand plaisir… mais sans ses comparses des Inconnus. Un premier one man show «Alone man show», dans lequel il se dévoile, parle de ses origines, de son «métissage». L’artiste sera au casino théâtre Barrière le 22 mars, à l’occasion du Printemps du rire.

Pascal Légitimus, qu’est-ce qui vous a donné envie de monter sur scène «seul» ?

C’est une expérience nouvelle pour moi. J’aime me surprendre et pouvoir aborder des thèmes que je n’aurais pas pu évoquer avec d’autres, notamment des thèmes personnels, comme le métissage. C’est un sujet universel qui n’a jamais été abordé, qui n’a jamais été visité sur scène. Il faut être métis pour pouvoir en parler mais l’élément déclencheur qui m’a donné envie de faire ce spectacle, c’est la photo de mariage de mes parents.

Qu’a-t-elle de spécial ?

Elle est en noir et blanc. Mon père est noir, il est Français d’origine antillaise et ma mère, est blanche d’origine, elle, arménienne. Pour l’anecdote, la seule personne qui a vécu cette situation, fut Henri Salvador. Il était marié à une Arménienne mais n’ont pas eu d’enfant. A l’époque avec mon frère, nous étions pratiquement les seuls issus de ce métissage.

En êtes-vous fier ?

Oui car c’est un métissage rare, avec tout ce que cela comporte : une double éducation, une double culture… Je suis le résultat de deux génocides : l’Arménie et l’esclavage mais j’ai surtout pris le meilleur de mes deux parents. Grâce à mon père, je cours plus vite. Ma mère, elle, m’a transmis la douceur d’un «nègre doux.»

On imagine donc que ce spectacle vous tient à cœur ?

Tous les spectacles me tiennent à cœur, et celui-ci, plus particulièrement car pour la première fois, je parle de moi. Avant, je faisais rire les gens avec des faits de société, ou des personnages. A présent, je les fais rire avec des propos plus personnels.

Du rire à l’émotion

C’est un besoin que vous avez, de parler de vous ?

Non ce n’est pas un besoin. Je suis dans la transmission. Je montre des facettes que les gens ne connaissent pas. Il suffit de parler de sujets qui peuvent à un moment de notre vie concerner chacun d’entre nous. Des thèmes universels, très riches, comme la famille, la religion, le racisme… C’est l’effet miroir qui se produit.

Sans la présence de Didier Bourdon et de Bernard Campan, ressentez-vous un vide sur scène ?

Pas du tout. Nous avons vécu pendant presque 27 ans ensemble, nous avons fait des breaks, et nous sommes retrouvés. Nous sommes amis dans la vie. Nous nous voyons régulièrement aussi parce que nous travaillons sur de futurs projets. C’est peut-être un vide pour le public mais pas pour moi en tout cas.

Comment s’est passée l’écriture sans vos complices ?

J’ai écrit tout seul ce spectacle, puis à un moment donné j’ai fait appel à mon metteur en scène Gil Galliot pour m’aider à formater tout ça et également à deux amis auteurs, Rémy Caccia et Arnaud Gidoin pour renforcer des «vannes», là où je n’avais pas de recul. J’aime le travaille d’équipe.

Quelle est votre partie préférée dans ce spectacle ?

J’aime tout, du début à la fin. Mais ce que je préfère, c’est l’effet que je transmets au public. Avec ce spectacle, on passe vraiment du rire à l’émotion.

Vous êtes satisfait de votre travail pour un premier show seul ?

Je ne dirais pas ça. J’ai fait mon devoir comme le premier de la classe. Je suis quelqu’un de perfectionniste. J’ai donc rendu un devoir propre. C’est drôle, il y a de l’émotion, un peu de psychanalyse, de l’histoire. C’est un nouveau genre de spectacle «qui ne ressemble à rien d’autre» et que le public ne connaît pas.

 Le retour des Inconnus ?

 Vous avez annoncé il y a quelques mois la reformation des Inconnus. Est-ce toujours d’actualité ?

Pour l’instant, nous en sommes au stade de l’écriture d’un film. Mais il faut attendre que le bébé ait neuf mois pour le voir naître.

Après 42 ans de carrière, quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Pourvu que ça dure ! Je n’ai pas vécu le meilleur, ni le pire. Je suis ravi, j’ai fait beaucoup de choses. J’ai partagé des aventures humaines, j’ai écrit, j’ai fait de la mise en scène, des films. Je ne suis pas à plaindre. La crise est un mot que je ne connais pas.

Qu’est-ce qui vous donne envie de continuer l’aventure ?

L’amour de mon métier, la passion. Le fait de transmettre, de partager, de faire plaisir aux autres, de  les faire rire, c’est magique ! C’est une drogue !

Mis à part votre travail avec les Inconnus, quels sont vos futurs projets ?

Avec ce spectacle, je suis bien occupé pour deux voire trois ans. Alors bien sûr, j’ai des projets dans les tiroirs, mais pour l’instant je les laisse dormir. Sinon, j’ai une série qui passe en ce moment sur M6 «Ma femme, ma fille, 2 bébés» avec Philippine Leroy Beaulieu. Nous sommes en train de tourner le 4ème épisode. Je suis quelqu’un de «mono-tâche», concentré sur mon travail. Je vis l’instant présent.

Propos recueillis

par Elsa Nardari



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