Olivia Ruiz « Le Calme et la Tempête » résume bien la vie

Après le succès de « Miss Météores », Olivia Ruiz revient avec son nouvel album « Le calme et la Tempête ». Elle sera le 31 janvier au Bikini. Rencontre.

 

Olivia Ruiz, trois ans après « Miss Météores » vous revenez avec « Le calme et la tempête ». Que s’est-il passé pendant ces trois longues années ?

Sur les trois années, il faut enlever, les dix-huit mois qu’aura durée la tournée de promotion de mon premier album : «Miss Météores». Une tournée qui a été un joli succès, car nous n’avons eu de cesse que de rajouter des dates de concerts. Puis, dans la même période, j’ai tourné un film «Un jour mon père viendra» de Martin Valente. Sans oublier, aussi, la tournée que j’ai effectuée à l’étranger, avec des dates sur l’Amérique du Sud, Nouméa, Los Angeles… Si vous ajoutez, les six à huit mois en voyage «perso», je pense que le compte est bon. Non ? (Rires)…

 

Pourtant il semblerait qu’un besoin d’évasion vous habite en permanence ?

En fait, ce besoin, je le qualifierais plutôt de curiosité. J’ai écrit un livre pour enfants, j’ai bien travaillé. Mais après cette tournée de promotion, il était temps pour moi d’aller me promener, de changer d’« air » et de me faire plaisir en vivant de nouvelles rencontres faites de partages simples, mais des plus vivifiants.

 

Au-delà du fait que c’est aussi le titre de l’une de vos chansons, pourquoi avoir intitulé votre album «Le calme et la tempête» ?

Il résume bien toutes les chansons qui figurent sur l’album, car il situe à peu près au même stade la vie des personnages. Ils sont à un moment de leur vie où ils entament une renaissance. Et par nécessité ou conséquence, dans une période de profonde réflexion personnelle, notamment pour savoir comment se servir de l’« énergie » de leur désespoir pour repartir de l’avant et profiter de la vie différemment. « Le Calme et la Tempête » résume bien la vie finalement. Mais également la manière dont nous pouvons nous démener pour la mener et dont nous avons envie de la mener.

 

Entre amour et spiritualité

 

Vous revenez aussi avec cette chanson « My lomo and me ». Mais qui est ma « Lomo and me » ?

Le Lomo est un appareil photo. Il permet de faire des choses assez surréalistes par la superposition des images. Cet instrument-là m’intéresse parce qu’il change la perception du réel, comme on le voit avec cette photographe «voyeuse» qui apparaît dans le clip. Sa vision du réel des choses est complètement faussée par son imaginaire, son fantasme de l’amour…

 

A propos d’amour, il est en fait le thème récurrent de cet album…

Il parle surtout de spiritualité. Lorsque quelqu’un quitte ce monde, il faut apprendre à se débrouiller avec cet amour qui nous reste sur les bras. Il faut se dire que nous pouvons continuer à aimer quelqu’un que l’on ne reverra plus, en s’imaginant ce que l’on veut, en pensant qu’il nous observe de là où il est, en se remémorant quelques anecdotes pour se faire du bien. Alors, oui, l’album parle d’amour, mais sous la forme du pardon, de l’excuse de n’avoir pas tout dit, tout fait… Quand la pudeur est trop grande pour livrer des secrets, même si l’on sait d’avance que cela sera nécessaire. Il parle également de la manière dont il faut apprendre au cours de sa vie à gérer ses sentiments, comme ses émotions. Aimer ne veut pas dire « aimer bien », mais aimer correctement.

 

A travers vos chansons, un autre message pourrait apparaître : « plus j’aime, plus je pique » ?

Je parle d’un personnage, d’une personnalité. Dans aucune de mes chansons, je ne généralise la moindre idée. C’est quelque chose d’impossible, chacun avec son vécu perçoit et voit les choses différemment. Chaque histoire se respecte. En l’occurrence, la «fille» emblématique qui anime cette chanson est le personnage typique, qui aime sans savoir aimer. Alors plus elle a le besoin de protéger l’autre, plus elle lui fait du mal. Oui, elle pique, mais c’est sa manière de dire « j’existe aussi ». Car personne n’a pris le temps de lui apprendre un autre mode de relation.

 

Challenge personnel…

 

Vous avez écrit toutes les chansons et musiques de l’album. C’était une volonté de votre part d’avoir « la main » sur tout ?

Non pas du tout. C’est seulement un concours de circonstances. Quand la maison de disque m’a contactée pour me dire qu’il fallait que l’album se fasse rapidement, j’étais à l’étranger sans aucune envie de rentrer. Donc je me suis mise à travailler toute seule.

 

C’est un sacré challenge…

Complètement. Il a même été horriblement stressant. Par contre, dès que les premières critiques sont tombées et qu’elles ont été bonnes sur l’ensemble du disque, je me suis dit qu’au final, j’avais bien fait.

 

Dans ce nouvel opus, une chanson est en espagnol, une autre, en anglais. C’est une tradition chez vous…

Oui tout à fait. Ça change complètement les sonorités de la voix, la manière d’écrire et d’interpréter. Je ne chante pas de la même manière, le timbre change. C’est en général très agréable comme genre d’exercice.

 

Vous chantez avec votre père et votre frère sur la chanson « La Llorona ». La musique est une histoire de famille…

Oui même si malheureusement on a rarement l’occasion de se voir. J’avais avant tout besoin d’une voix d’homme grave en espagnol et mon père est le meilleur chanteur espagnol que je connaisse. Puis j’avais envie de moderniser ce morceau traditionnel. J’ai donc pensé à mon petit frère pour amener cette petite touche de modernité.

 

Toulouse, « la ville de Nougaro »

 

Vous êtes à quelques jours du début de cette nouvelle tournée. Dans quel état abordez-vous ce moment ?

Dans l’état de la fourmi ouvrière. J’ai aussi créé le décor, la mise en scène, donc cela fait beaucoup de questions d’ordre technique, de faisabilité à régler.

 

Justement à quoi pouvons-nous, nous attendre, en venant vous voir ?

L’ambiance sera très cinématographique. Quoi vous dire sans trop en dire ?! (Rires) J’aime beaucoup jouer l’effet de surprise. J’aime le moment où je suis derrière le rideau où je peux apercevoir le visage des gens se demandant ce qui va bien se passer en découvrant tout ce qui se cache derrière.

 

Avez-vous un petit rituel avant de monter sur scène ?

Bien sûr. Avec mes musiciens, nous nous prenons dans les bras et nous serrons forts les uns contre les autres…

 

Avez-vous un mot pour vos fans toulousains ?

J’aime particulièrement Toulouse car c’est la ville de Nougaro ! Revenir au Bikini est toujours un bonheur car je fréquentais cette salle de concerts quand j’étais adolescente. J’aime cette ville, je m’y sens bien. Alors j’ai hâte de retrouver les Toulousains !

Propos recueillis par Elsa Nardari

 

 

 

 

 



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