Möbius, d’Eric Rochant: Orgasmique

Un homme. Une femme. En arrière-plan, une affaire d’espionnage version Guerre froide du XXIe siècle, bercée par un affrontement stratégique entre Russes et Américains qui manipulent leurs deux pions comme des marionnettes. En premier plan, une histoire d’amour, une des plus sincères que le cinéma français a pu raconter ces dernières années. A en croire la scène longue et intense d’un orgasme féminin, jouée dans le plus simple apparat par Cécile de France, elle-même accroupie sur le torse tatoué de Jean Dujardin, magistral. Un moment d’intimité profond, filmé avec pudeur et sans vulgarité par Eric Rochant. Cette seule scène, ces seules images, valent le détour. Celles-ci – et toutes celles qui s’y rattachent – tranchent avec l’intrigue du conflit d’espionnage, simple prétexte à raconter l’amour. Un conflit, qui comme souvent dans les films d’espionnage, ne joue pas la carte de la simplicité. On comprend un peu, on se perd parfois, on attend surtout les interstices amoureux qui viennent ponctuer la trame du film. Même au moment du dénouement où tout devrait couler de source, on ne s’intéresse qu’à ce Roméo et cette Juliette d’un nouveau genre. La faute à qui ? Eric Rochant lui-même, qui fige le temps sur la passion. Et nous, sur nos fauteuils.

 

Ariane Riou



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