Michel Fugain « J’ai l’impression d’avoir 25 ans dans ma tête »

Plus besoin de le présenter, Michel Fugain a déjà 47 ans de carrière derrière lui. Aujourd’hui, le chanteur revient au-devant de la scène avec son nouvel album « Bon an mal an ». Un projet « personnel » puisque pour la première fois, il a écrit les 24 chansons qui rythment cet opus. Il sera le 7 mai prochain à la salle Le Bascala de Bruguières. Rencontre.

 

Vous êtes sur le devant de la scène depuis 47 ans. Quel regard portez-vous sur l’ensemble de votre carrière ?

C’est une aventure incroyable ! J’ai des souvenirs de moments délicieux mais également des moments plus difficiles.

 

Pour votre album « Bon an mal an » il y a une nouveauté : c’est la première fois que vous écrivez vos textes…

Oui tout à fait. J’ai travaillé tout seul parce que vivant en Corse, je n’ai pas les auteurs sous la main et j’ai adoré ça. Je me suis rendu compte que c’était agréable de mettre des mots sur des notes, sur une mélodie, mais j’ai fait surveiller mes textes de très près. De temps en temps je faisais voir ma copie à Claude Lemesle avec qui j’ai continué à collaborer sur certaines chansons. C’est un hyper-technicien qui connaît parfaitement ce qu’est la chanson et qui vient me voir de temps en temps.

 

Pourquoi avoir attendu autant de temps pour vous lancer dans l’écriture ?

Comme je vous le disais, je n’avais pas d’auteur sous la main, c’est pour cette raison que je m’y suis mis. Après il y avait sûrement un peu de fainéantise. Comme tout allait bien, je n’avais aucune raison de changer cette façon de faire. Ceci dit, mes écrits ne révolutionnent pas le monde de la chanson ! En revanche, je me suis aperçu que cet opus était plus personnel.

 

Vous aviez besoin de raconter quelque chose de personnel ?

Oui absolument. Certains thèmes sont traités de manière un peu amusé notamment quand je parle d’amour.

 

Vous avez mis un an à écrire cet opus. Comment cette année  a-t-elle été rythmée ?

De la façon la plus « conne » du monde. Pendant que les gens vivent, vous, vous êtes dans une bulle, dans un travail que vous avez commencé et dont vous ne pouvez plus vous défiler. Je l’ai vécu comme étant un challenge personnel à relever. J’ai passé un bon moment, et le souvenir que j’en ai, est assez bon et délicieux. Non pas le fait de passer une année avec soi- même, mais d’en sortir très serein.

 

Vous avez appelé votre album « Bon an mal an ». Pour quelles raisons ?

Je trouvais l’expression assez jolie. Puis « Bon an mal an » signifie une notion de durée. Elle convenait bien à mon opus puisque son concept est de traiter les quatre saisons en quatre EP.

 

Au-delà des quatre saisons cet album reflète les saisons d’une vie…

C’est surtout ça ! Ce qui m’intéresse dans les saisons, c’est qu’effectivement et j’en suis à présent persuadé, nous n’avons pas la même humeur selon les saisons. Alors cela se reflète dans l’album…

 

« Je suis définitivement un homme de scène »

 

Dans cet album, vous interprétez « Rendez-vous » aux côtés de votre fille Marie…

Oui. J’ai « rendez-vous » avec une femme, ma fille… J’aime l’idée que l’homme se fasse beau parce qu’il a rendez-vous avec sa fille. Il est tout heureux de la voir. Il m’est arrivé plusieurs fois de déjeuner avec Marie. Ce fut un moment délicieux. Alors je voulais mettre ce moment en chanson aux côtés de ma fille, forcément.

 

Vous êtes un homme de scène ou de studio ?

Je suis définitivement un homme de scène et cela fait longtemps que ça dure ! C’est une aventure de scène, je suis huit mois par an en spectacle…

 

Quels sont vos projets ?

Nous allons sortir au mois de septembre un nouvel album avec cinq chansons que nous venons de faire et nous allons le compléter avec sept chansons de « Bon an mal an » que nous allons réadapter. Nous sommes actuellement sept sur scène et ce, jusqu’en septembre. Nous poursuivrons cette tournée avec un nouveau projet. Nous serons seize musiciens sur scène. Mais je tiens à dire que ce n’est pas un orchestre, c’est une bande de musiciens ! A sept musiciens, c’est de l’arrangement à l’amiable. A seize, c’est forcément un arrangement. Après 47 ans de carrière, je vis comme un privilégié une aventure complétement folle qui va durer au moins les cinq prochaines années…

 

Vous n’êtes pas prêt de vous arrêter alors que vous disiez, il y a un an de cela, vouloir tirer votre révérence…

Oui, c’était à l’ordre du jour quand j’étais encore avec mon ancien manager. C’était un management qui dormait pas mal et ne donnait pas envie d’aller plus loin… Mais depuis quelques mois, j’ai changé de manager, je suis tombé sur Alexandre Lacombe qui est formidable. Il y a quelque chose de nouveau qui se passe à présent. J’ai l’impression d’avoir 25 ans dans ma tête et je pars sur des chapeaux de roues car c’est un projet « bandant ». Nous allons vivre des moments exaltants !

Propos recueillis par Elsa Nardari

 



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