Mathieu Madénian:Du barreau aux planches…

Révélé dans l’émission « Vivement dimanche prochain », Mathieu Madénian a troqué sa robe d’avocat pour les planches. Ce Perpignanais sera de passage dans le sud de la France et fera une halte au Théâtre de la Comédie de Toulouse les 15 et 16 décembre. Rencontre avec cet humoriste qui n’a pas sa langue dans la poche.

 

Mathieu Madénian, pouvez-vous nous parler de votre parcours atypique ?

J’ai fait de très longues études pour être avocat. J’aimais mon métier mais j’avais envie d’autre chose. Beaucoup de personnes changent de parcours professionnel en milieu de carrière. La vie est longue, je me suis éclaté dans ma première “vie” professionnelle et maintenant je m’amuse toujours autant. Mais peut-être que je ne m’arrêterai pas là… Je reconnais que c’est un privilège de pouvoir faire ce qu’on veut, ne pas saisir ces moments serait un véritable gâchis. J’ai eu la chance d’avoir des parents exceptionnels, très présents, qui n’hésitent pas à me soutenir.

 

Justement, quelle a été la réaction de vos parents quand vous leur avez annoncé que vous vouliez arrêter la profession d’avocat ?

Ma mère a demandé à revoir son testament ! (Rires) Au début, cela n’a pas été facile. Il a fallu trouver les arguments pour les rassurer dans mon choix, et surtout leur démontrer combien je m’épanouissais dans mon nouveau métier. Maintenant tout va bien, ils me soutiennent et m’encouragent en permanence.

 

On vous connaît davantage depuis 2010 par le biais de l’émission de Michel Drucker dans « Vivement dimanche prochain ». Comment s’est passée votre rencontre ?

Michel Drucker a tous les numéros du monde ! (Rires) Il m’a appelé et m’a dit : « Rendez-vous dans mon bureau, il faut que je te parle ». J’y suis allé. C’est à ce moment-là qu’il m’a proposé de travailler avec lui dans le cadre de son émission.

 

Après deux ans d’activité, quels rapports entretenez-vous ?

La première année s’est bien passée, on avait programmé un rendez-vous mensuel. L’année suivante il y a eu une modification. Je me suis entretenu avec Michel Drucker. Je lui ai proposé d’intervenir dans l’émission toutes les semaines et faire exactement ce que je voulais sans censure. Il a accepté, il est complètement taré ! (Rires)

 

Vous êtes partout. A la télé, la radio et sur la scène… A quel endroit vous sentez-vous le mieux ?

La scène sans hésitation. L’interactivité avec le public, avoir un micro et raconter des « conneries », c’est là où je m’éclate. La télé, la radio c’est seulement pour remplir les salles.

 

Comment définiriez-vous votre spectacle ?

En deux mots : très marrant !

 

Mais encore…

C’est un joyeux bordel ! J’implique beaucoup les spectateurs dans le spectacle…

Il y a de tout, puis ça change tous les soirs. J’adapte les sketchs dans les villes dans lesquelles je joue ainsi que sur l’actualité. Même moi je ne sais pas de quoi il retourne !

 

Pourtant c’est vous qui l’avez écrit…

(Rires) On l’a écrit à deux. J’ai collaboré avec Kader Aroun qui a écrit entre autres les deux premiers spectacles de Jamel Debbouze. C’est quelqu’un qui compte beaucoup pour moi, humainement parlant, mais aussi professionnellement. Il m’a aidé à m’en sortir pour arriver à ce que je suis devenu aujourd’hui. Je lui dois tout.

 

Dites-nous comment réussissez le temps de votre show à rassembler votre ex grand-mère, Benoît XVI, la RATP, Oussama Ben Laden, Hugo Boss etc… ?

Il faut venir voir le spectacle pour en savoir d’avoir davantage. Je me suis fait pas mal d’ennemis mais cela reste gentil.

 

Cela reste gentil même quand vous parlez du FN ?

Oh non. S’ils le prennent mal, ils le prennent mal. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ils ont choisi leur camp après tout !

Justement suite à certains propos que vous avez tenus envers le Front National, vous deviez être jugé le 3 décembre dernier…

Je dois patienter jusqu’au 22 janvier. Je pense que je vais m’en sortir. Ça fait partie du jeu. Quand on se fait attaquer, cela veut dire que l’on a bien fait son boulot, non ?!

A travers votre one man show vous nous parlez de votre vision du monde, quelle est-elle ?

En ce moment ma vision du monde change souvent. J’ai la chance d’exercer un métier que j’aime, je gagne bien ma vie, je suis heureux… Mais tous les matins quand j’allume la télé et que je vois ce qu’il se passe dans le monde, cela me « glace ». Ce n’est pas très beau. C’est quand même hallucinant, je ne sais pas s’il y aura la fin du monde le 21 décembre comme les Mayas l’ont mentionné, mais on le mériterait ! On pourrait en parler pendant des heures, c’est assez terrible. Par exemple on n’a pas arrêté de parler de Copé-Fillon, mais arrêtez de nous prendre la tête avec eux ! Ça n’intéresse que trois cents personnes ! Il y a encore des SDF dehors avec de telles températures ! Tout le monde dit : « Oh la la, il faut faire quelque chose », mais personne ne fait rien ! Sans parler des gens qui perdent leur boulot ! Enfin bref, il est préférable que je m’arrête là.

 

Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?

Non. Je dois boire un verre de vin, sûrement ! Je ne suis pas du tout stressé avant de monter sur scène. Je ne fais pas de prière, je ne touche pas les murs, je n’appelle pas ma mère ! Je vois la scène comme une récompense alors je ne vais pas me mettre à « flipper » !

Votre maître-mot, c’est « zéro prise de tête »…

Complètement ! Je ne fais pas ce métier pour me prendre la tête !

 

Pensez-vous que votre humour plaît à tout le monde ?

Je ne sais absolument pas quoi répondre à cette question. On essaye de mettre les gens dans des cases en nous disant : « Tu es comme ci, tu es comme ça ». Il ne faut pas que les spectateurs s’arrêtent à ce qu’ils peuvent entendre. J’essaye seulement d’être marrant et je pense l’être. Dans tous les cas je sais que ce spectacle l’est ! J’ai un public âgé de 7 à 77 ans ainsi que des téléspectateurs de tous âges, de tous bords ! Avec Drucker, tu « ratisses » large ! Ces sketchs, on les a rodés devant des gens « bourrés ». Alors si on arrive à faire rire ce genre de personnes, c’est tout bon !

 

« Je garde deux souvenirs de Toulouse. Les jolies filles et le bar « Chez Tonton »pour les soirées enivrées »  

 

Avez-vous un mot pour vos spectateurs toulousains ?

En fait, j’ai vécu deux ans à Toulouse pour mes études. J’ai fait un DEA à la faculté de droit et un DESS à sciences po. J’en garde de bons souvenirs. Dans un premier temps, les jolies filles ! Et bien évidemment la place Saint-Pierre, plus particulièrement le bar « Chez Tonton » pour les soirées enivrées ! Alors je dis aux Toulousains : Venez me voir, ça me fera plaisir de parler de cette ville rose avec vous !

 

Propos recueillis par Elsa Nardari



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