Marie-Claude Sartor/ Luthière « Je libère la personnalité des instruments »

Depuis dix-sept ans, sur la place de l’église à Blagnac, l’atelier de Marie-Claude Sartor laisse échapper des mélodies suaves issues de violoncelles et autres violons. Ce petit brin de femme au caractère bien trempé n’est pas musicien mais « médecin pour instruments à corde », autrement dit luthière. C’est à 14 ans, quand elle entame des cours de guitare, qu’elle découvre avec émerveillement l’atelier de confection de son professeur. C’est la révélation, le travail manuel minutieux, la recherche de la sonorité parfaite la laisse rêveuse. Aujourd’hui, à 59 ans, cette Parisienne d’origine, reste passionnée par son métier : « je travaille 70 heures par semaine mais je ne me plains pas, j’aime ce que je fais, je garde la même émotion, année après année. » Perfectionniste et amoureuse du travail bien fait, Marie-Claude établit une relation particulière avec les instruments qui passent entre ses mains mais également avec leur propriétaire. « J’aime m’entretenir avec les clients car j’ai besoin de percevoir leur désir, savoir quelle sonorité ils souhaitent voir sortir de leur violon. Tout mon travail résulte d’une combinaison entre le goût du musicien, la personnalité de l’instrument et ma compétence », explique-t-elle. Mais si elle privilégie le contact clientèle, elle apprécie tout autant de rester seule, pendant des heures, en tête à tête avec un violoncelle qui lui racontera ses déboires : elle observe l’instrument, l’appréhende pour mieux lui venir en aide, pour apporter les réparations nécessaires et voir les étoiles dans les yeux de celui qui le récupèrera. C’est là sa plus grande récompense.

 

Séverine Sarrat



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