L’amour est un crime parfait, de Jean-Marie et Arnaud Larrieu: Parfaitement criminel

Marc est prof de littérature à l’université de Lausanne. A ses élèves, il enseigne les lettres le jour.  La nuit, il leur apprend l’amour. Jusqu’au jour où l’une de ses passions charnelles disparaît mystérieusement.  L’air de Mathieu Amalric est irrespirable. Il a beau vivre dans l’immensité des montagnes suisses, son environnement est angoissant. Son jeu aussi. La diction de ses phrases est si appuyée qu’elle en devient gênante. Elle finit même par entacher la crédibilité des dialogues. Face à lui, Karine Viard et Maïwenn s’évertuent à détruire les seuls échanges qui pourraient être intéressants. Seul Denis Podalydes vient relever le niveau. Mais pas suffisamment pour donner de l’épaisseur à l’intrigue. Cette dernière, d’ailleurs, est sans saveur. On comprend vite que Marc est complexe, voire malade. Mais sa personnalité n’est jamais vraiment creusée. En tout cas, pas de manière assez rationnelle pour que l’on puisse vraiment éprouver quelque chose pour le personnage. Ni empathie, ni dégoût, ni dédain.  Et finalement, les quelques révélations de la fin du film deviennent soulagement. Comme si on venait à bout d’un labyrinthe dans lequel on s’amuse à se perdre au début. Puis, on s’agace de ne pas trouver la sortie.

 

Ariane Riou



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