La vénus à la fourrure, de Roman Polanski: Le huis clos lui réussit

L’inattendu a parfois du bon. Lorsque Vanda, comédienne écervelée et pugnace, entre, trempée jusqu’au os, dans le théâtre parisien où Thomas, metteur en scène bobo, vient de finir une journée d’auditions pour sa pièce, rien ne laisse présager de la soirée qui se trame. Comme dans son dernier film « Carnage », Roman Polanski a choisi le huis clos. Quelques personnages – ici seulement ­deux – se confrontent, évoluent, apprennent à se connaître et passent d’une émotion à une autre, pendant une heure et demie, dans un même endroit. On a dit deux personnages. Pourtant, Emmanuelle Seigner en interprète des dizaines. Celle de la comédienne vulgaire, celle qui est finalement plus intelligente qu’on le croyait, celle qui joue un personnage, celle qui veut comprendre le personnage… Elle est tout. Pas de grands artifices, juste de l’émotion et de l’intelligence. Car la pièce maîtresse du film – au-delà de celle interprétée sur la scène du théâtre -, c’est bien le jeu d’acteurs. C’est lui qui permet le passage d’un dialogue à un autre. C’est lui aussi qui crée la confusion dans ces mêmes dialogues. Oui, tout ça est complexe. Le spectateur réfléchit beaucoup, s’interroge souvent. Mais il rit aussi.  C’est ça le théâtre non ?

 

 

Ariane Riou



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