La Cité rose, de Julien Abraham: Tout n’est pas rose dans cette cité

Minuscules sous les immenses bâtiments de leur cité, quelques jeunes vaquent à leurs occupations. Et c’est la voix de Mitraillette, jeune garçon de 12 ans, qui nous conte leurs histoires, toutes cousues de fil blanc : lorsque l’un deale, l’autre s’extirpe du carcan de la cité par les études. Mitraillette, lui, rêve de son premier baiser. Faire un film sur les cités n’est pas chose aisée. Julien Abraham s’est certainement penché sur la question au moment de la réalisation. Il semblerait qu’il n’ait pas encore trouvé la réponse. A mille lieues des épopées banlieusardes – et réussies – comme La Haine ou plus récemment Les Kaïra, La Cité rose n’est qu’un vague ramassis de clichés, plus redondants les uns que les autres. Tournée au cœur de la Cité rose à quelques kilomètres de Paris avec de jeunes acteurs non professionnels et anciens habitants du quartier, le film se voulait crédible. C’est raté. Tout est joué sur le fil du rasoir, la plupart des conversations ramène sans cesse le spectateur à la réalité du tournage. Si bien qu’il paraît impossible de se plonger dans les péripéties. La seule douceur, c’est le petit Mitraillette. Bercé par ses rêves d’enfant, sa comptine pétille souvent, illustre parfois. Et sonne juste. C’est donc vrai, la taille ne compte pas. Même au cinéma.

 

Ariane Riou



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