La chasse, de Thomas Vinterberg: La rage au ventre

Un mensonge. Un engrenage. Une lutte. Accusé à tort d’avoir abusé sexuellement d’une petite fille dans un jardin d’enfants, Lucas, quarantenaire fraîchement divorcé, se voit contraint de combattre, seul contre tous, les véhémences de ses anciens amis, devenus tyrans. Comment croire en l’adulte puisque, c’est bien connu, la vérité sort toujours de la bouche des enfants ? Raconter une tranche de vie, si injuste soit-elle, c’est le fort de Thomas Vinterberg. C’est même l’essence de son travail. Cette fois-ci, grâce à la prestance innommable de Mads Mikkelsen récompensé au dernier festival de Cannes, il réussit tout. A filmer la rumeur et à provoquer l’identification au personnage. A critiquer l’effet papillon et à dénoncer la fragilité des liens amicaux. A la manière de son chef d’œuvre Festen (Prix du jury à Cannes en 1998), il nous livre simplement la complexité du monde. Car, derrière le paysage coquet de la campagne danoise que présente le film, le spectateur a la rage au ventre. Scotché à son siège, il veut crier, dénoncer l’injustice qui lui brûle les yeux, mais la fougue reste intérieure et le dévore. Si bien que les minutes qui suivent le générique, s’égrainent en silence. Ce doit être ça la définition d’une gifle.

 

Ariane Riou

 

 
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