La Cage dorée, de Ruben Alves: Tendresse lusophone

Voilà trente ans que Maria et José Ribeiro, respectivement concierge et maçon, vivent dans leur petite loge haussmannienne. Jusqu’à ce choix cornélien. Exemple d’intégration réussie, le couple hérite un jour d’une maison au Portugal et, par la même occasion, de la possibilité de réaliser leur rêve de rentrer au pays. Sur le papier – même dans la bande-annonce –, tout paraît cliché. Du choix de vie des personnages principaux aux décors sous des airs de fado, le film laisse croire un moment que, pour dîner, on n’aura droit qu’à un gros plat de morue. Dans l’évidence. Pourtant, Ruban Alves joue aussi – et surtout – sur la corde tendresse, teintée d’humour. Sans tirer la ficelle trop vite, ni trop loin. Les personnages sont inspirés et profondément sensibles, le casting y joue pour beaucoup. Accompagné d’un Roland Giraud pertinent, Chantal Lauby rayonne. Mais c’est surtout le couple qui incarne les Ribeiro, Rita Blanco et Joaquin de Almeida, qui excelle dans son interprétation dosée de la tradition immigrée portugaise. Le film est un appel populaire à la communauté lusophone de France, rassemblée en masse pour les avant-premières du film dans l’Hexagone, mais surtout à la bonté humaine. Nul doute, elle est vraiment dorée. Cette cage.

 Ariane Riou



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